Auteur/autrice : admin

FRONTIÈRES DU NORD ET DE L’EST: ALLEMAGNE , LUXEMBOURG, HOLLANDE

FRONTIÈRES DU NORD ET DE L’EST: ALLEMAGNE , LUXEMBOURG, HOLLANDE

FRANKENDAL (Frankenthal) (D) :

En 1600, Frankenthal est transformée en forteresse. En 1621, elle est assiégée par les Espagnols pendant la guerre de Trente Ans, puis successivement occupée par les troupes des parties adverses. Le commerce et l’industrie sont détruits et la ville n’est reconstruite qu’en 1682. La ville est prise en 1688 par Vauban. Vauban tient le siège devant Monseigneur en 1688 ; c’est le 3ème siège victorieux de l’année pour Vauban (avec ceux de Philisbourg et Mannheim) et Monseigneur fut si content de ses services, qu’il lui donna quatre pièces de canon à son choix, pour mettre à son château de Bazoches, récompense vraiment militaire, privilège unique et qui, plus que tout autre, convenait au père de tant de places fortes. La même année, il fut fait lieutenant-général. En 1689, la ville est brûlée par les troupes françaises dans la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (sac du Palatinat). En 1797, la ville passe sous occupation française pendant les guerres de la Révolution française. Elle est intégrée à l’État de Bavière en 1816.

FRIBOURG IM BRISGAU (D) :

Si la ville de Fribourg (Freiburg im Breisgau) a connu un important développement dès le XIIIe et se transforme en une ville frontière entre le Saint empire et la France. Dans la première moitié du XVIe, les possessions des Habsbourg se sentent de plus en plus menacées face à l’expansion du royaume de France. A Fribourg cela se traduit dans un premier temps par la réparation et le renforcement de l’enceinte médiévale après les dégâts subis durant la guerre de trente ans. L’importance de la place étant établie, un état des lieux très détaillé est réalisé en 1667 par Elias Gumpp, prélude à d’indispensables travaux de modernisation de l’enceinte urbaine. Ces travaux progressent cependant très lentement et, en 1674, le mur d’enceinte médiéval est simplement renforcé par un ensemble d’ouvrages avancés, de gros bastions, protégeant les accès à la ville. Le Schlossberg, château dominant la ville à l’est, est considéré comme primordial et fait l’objet d’importants travaux : construction de casemates susceptibles d’accueillir 800 hommes, de citernes et de poudrières. Une communication protégée est d’ailleurs établie entre la ville et le château. L’ensemble des fortifications de Fribourg est complété par quelques redoutes. Mais le front nord reste simplement ceint par l’enceinte médiévale et des quartiers entiers restent sans protection. La situation politique entre le royaume de France et le Saint Empire se dégradant régulièrement depuis 1675. L’attaque débute le 11 novembre 1677 et après cinq jours de bombardement prenant pour cible le front nord, la cité se rend à l’ennemi. Les troupes établies dans le château, secteur dans lequel ont été investis beaucoup de moyens et d’espoir, se voient neutralisés : les troupes françaises avaient réussi à hisser des pièces d’artillerie sur une hauteur dominant le château. La ville restera française durant vingt ans, c’est le directeur des fortifications d’Alsace, Jacques Tarade, qui est chargé des réparations les plus urgentes et d’élaborer les premiers plans destinés à moderniser les fortifications de Fribourg. Dès le mois de décembre 1677, le marquis de Choisy, un ingénieur militaire, le remplace. Il juge les plans de Tarade inadaptés et élabore son propre projet qui intègre, pour la première fois, une enceinte bastionnée continue. Tenant compte des enseignements du siège récent, il ne néglige pas les hauteurs qui dominent la ville et le château et propose également une extension du système de fortification dans ces emplacements. Vauban, commissaire général des fortifications depuis 1678 reçoit le projet du marquis de Choisy lui est soumis. Le 2 juin 1679, Louvois, Vauban et Choisy se rencontrent à Fribourg. Louis XIV ayant ordonné à Vauban d’élaborer un nouveau projet pour Fribourg. Rapidement le projet de Vauban est soumis au roi qui l’approuve dès le début du mois de septembre 1679. S’il considère le projet proposé par Choisy comme comportant des éléments obsolètes, il en conserve cependant une grande partie de l’enceinte bastionnée qui vient d’être construite. En pratique, il en résulte la construction de 8 bastions et de 7 demi-lunes. A nouveau, le Schlossberg est l’objet de toutes les attentions puisque les fortifications comprennent maintenant : le « Vieux château » (Unterem Schloss), le fort de l’Aigle (Salzbüchsle), le fort Saint Pierre et le fort de l’étoile (Oberes Schloss). Si l’essentiel des travaux est réalisé en 1687, il s’avère que dix ans après, certaines sections du chemin couvert et du glacis n’étaient pas terminées. Les contre-mines prévues n’ont pas été réalisées de même que les tenailles. Après la signature du traité de Ryswick en 1697, la place est rendue au Saint -Empire. Les Autrichiens poursuivent à un rythme modéré les travaux entrepris jusqu’alors : en 1705, quelques contre-mines sont creusées et quelques modifications de détail apportées aux fortifications existantes. Les ressources financières faisant défaut, un seul ouvrage avancé est construit sur le front sud en regard du Schwaben Tor. A l’occasion de la guerre de succession d’Espagne, la ville sera investie une nouvelle fois par les troupes françaises. Le siège débute le 22 septembre 1713 et le 14 octobre 1713, la chute d’une lunette après d’intenses combats marque le tournant des opérations de siège puisque la ville tombera aux mains du roi de France le 18 novembre 1713. Le maréchal de Villars, vainqueur, se propose de détruire les fortifications. Le roi de France s’y oppose et Fribourg est rendue à l’Autriche en 1715. L’enceinte, fortement endommagée, doit être réparée et le Graf von Harsch alors en charge des fortifications propose de construire une série de 6 lunettes sur le front sud-ouest qui paraissait le plus menacé. En fait, c’est sur la proposition et sous la direction de M. de la Vénerie qu’une série de « contregardes brisées ,est construite entre 1724 et 726, les fortifications du Salzbüchsle sont renforcées entre 1725 et 1727 et des lunettes construites sur le front ouest en 1727-1730. Lors de la guerre de succession d’Autriche, ce sont cette fois les troupes de Louis XV qui viendront disputer Fribourg à l’Autriche. Les troupes françaises sous le commandement du maréchal de Coigny débutent le siège le 23 septembre 1744 en déviant une rivière, la Dreisam et en creusant une première parallèle sur le front sud, la 3e parallèle est ouverte le 16 octobre et le 2 novembre après deux assauts français, la ville n’a d’autre solution que de se rendre ! C’est aussi la fin des fortifications à Fribourg : les travaux de démantèlement des fortifications débutent déjà durant le cessez-le-feu et se poursuivent activement durant l’hiver. La ville maintenant ouverte, sera rendue aux Autrichiens le 25 avril 1745.

HOMBURG (D) :

Situé dans une vallée barrée en partie par une colline rocheuse, le site d’Homburg est occupé au moins depuis l’époque romaine. Un premier château est construit au XIe siècle et la ville se développe à son pied. Ce château est acquis en 1492 par les comtes de Nassau-Saarbrücken. Ils commanditent les premières adaptations modernes en 1558, quatre bastions d’angle et une demi-lune au sud. Le corps de logis devient un palais Renaissance. Ces chantiers s’achèvent en 1585 mais une seconde demi-lune est ajoutée en 1617, à l’ouest, au-dessus de la ville. Possession lorraine, Homburg change plusieurs fois de souverains entre 1641 et 1679 avant d’être officiellement cédée à la France par le traité de Nimègue.  Vauban visite la ville pour la première fois en février 1680. Il élabore un programme d’amélioration de la place forte avec Thomas de Choisy, l’ingénieur en charge des fortifications de la Sarre. Le château voit ses remparts dédoublés par un chemin-couvert. Les ouvrages bastionnés anciens sont restaurés. Un ouvrage à corne précédé d’une demi-lune, le tout taillé dans le rocher, est placé du côté est du château afin d’en améliorer la protection. Le ravelin du XVIe siècle protégeant l’entrée est du château est conservé et doté d’une caponnière pour battre le fossé. Les deux portes sont pourvues de corps de garde. Le palais sert désormais à loger les fonctionnaires du royaume de France. Pour leur protection en cas de bombardement, Vauban décide d’utiliser les grottes du rocher comme abri. Pour la ville, il édifie une enceinte comportant cinq fronts bastionnés, dont le rocher du château constitue la partie sud-est. Cette enceinte comporte deux bastions d’angle et une demi-lune flanquée de places d’armes rentrantes (à l’ouest), d’un bastion plein et d’une demi-lune (au nord) et d’un bastion retranché avec une tête de pont (à l’est). Ces chantiers sont achevés avant 1688 et le déclenchement de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg. Le traité de Ryswick de 1697 conduit les Français à démolir les ouvrages avant leur départ. Ceux-ci reviennent en 1705 pendant la Guerre de Succession d’Espagne. Vauban étant occupé à la défense de Thionville à ce moment-là, c’est un ingénieur inconnu qui reconstruit les ouvrages démolis en 1698 et ajoute un bâtiment supplémentaire dans la partie ouest du château. Ce bâtiment serait un logis du gouverneur. La place, partiellement démantelée, est restituée définitivement à la Lorraine en 1714.  Le XVIIIe siècle ne modifie pas les fortifications d’Homburg de manière visible. Ravagée pendant les guerres de la Révolution française, Homburg perd son château et le palais qui l’occupe démoli partiellement par les Français suite à la prise de la ville en juillet 1793. L’enceinte de la ville disparaît aussi à cette époque. Après 1815, les Prussiens ne rétablissent pas les fortifications. De l’œuvre de Vauban à Homburg, il ne subsiste aujourd’hui que quelques éléments du château dégagés dans les années 1980 : les restes de l’ouvrage à corne, la caponnière du ravelin Nassau, trois bastions et la demi-lune de la porte sud, tous arasés en partie. Les restes de la supposée maison du gouverneur bâtie en 1705 sont toujours visibles. De la demi-lune de l’ouest, il ne reste rien. Un restaurant en marque l’emplacement. Redécouvertes en 1930, les grottes abris sont depuis restaurées et ouvertes au public. De l’enceinte urbaine, il ne reste rien d’apparent.

KEHL (D) :

Située originellement sur une île près de la rive droite du Rhin, à environ 1600 mètres de Strasbourg, l’agglomération de Kehl apparait au XIe siècle. En 1333, un premier pont reliant Kehl à Strasbourg est construit mais il faut attendre 1388 pour qu’une liaison permanente se crée entre les deux sites. En 1392, des maisons sont installées sur le pont. L’agglomération de Kehl n’est alors pas fortifiée mais son histoire militaire débute néanmoins à cette époque car elle sert de tête de pont aux armées du Saint-Empire au cours des guerres successives avec la France. C’est en partie à cause de Kehl que Louis XIII, puis Louis XIV vont tout faire pour conquérir Strasbourg, afin de retourner cette tête de pont contre les Princes allemands et le Saint-Empire. Conquise en 1678 par Vauban, Strasbourg est annexée officiellement en 1681 au Royaume de France. Vauban élabore aussitôt d’importants projets d’améliorations de ses fortifications. C’est dans ce contexte que le fort de Kehl est édifié pour constituer un poste avancé de la défense de la ville côté allemand. Le fort ainsi construit est un carré bastionné, à quatre demi-lunes et une porte au sud. Il est entouré d’un glacis et de fossés inondés. Deux ouvrages à corne et une lunette, séparés du fort par un bras du Rhin, le flanquent à l’est, au nord-est et au nord. Il contrôle, avec la citadelle, le gué et les ponts du Rhin vers l’Allemagne. À l’intérieur, les bâtiments sont organisés autour d’une cour carrée : logis du commandant de place, casernes, chapelle et magasins. En 1697, il est cédé au duché de Bade par le traité de Ryswick. Assiégé en 1703 par la France pendant la Guerre de Succession d’Espagne, le fort de Kehl fait l’objet d’un projet inabouti d’amélioration de Vauban la même année. Le plan relief de 1725-28 le représente toujours, car il est inclus dans le périmètre de la portée des canons de la citadelle de Strasbourg et représente la structure défensive adverse la plus proche. Le XVIIIe siècle ne modifie pas les fortifications désormais badoises malgré les nombreux sièges subis. En 1815, le fort de Kehl est démantelé par application du traité de Paris. Ses vestiges disparaissent définitivement entre 1840 et 1863 pendant les  dans l’Allemagne unie par la Prusse, sont remblayés, changeant totalement la topographie. Ce fait est attesté par le plan relief de 1836, au 1/600e, remis à jour après ces travaux. Plus aucune trace du fort n’y apparaît et les bras fluviaux ont disparu. Il ne subsiste plus rien du fort de Kehl. Pour en reconstituer l’aspect il faut se rapporter au plan relief de Strasbourg de 1725, saisi par les Prussiens en 1815 et rendu à la ville en 1903. Il est visible depuis juillet 2013 au musée historique de Strasbourg.

LANDAU (D) :

À l’issue de la guerre de Trente Ans, la paix de Westphalie (1648) mit la ville libre d’Empire de Landau sous protectorat français. Puis la paix de Rijswijk qui réglait l’issue de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1697) étendit la zone d’influence française pour y inclure dix autres villes d’Empire du Palatinat. Landau, ville la plus orientale, demeurait la place-forte la plus exposée de ce secteur français. C’est la raison pour laquelle Louis XIV ordonna en 1688 à  Vauban de faire de Landau une citadelle moderne selon les principe de son 2nd système. On rasa les anciennes fortifications et 14 000 ouvriers allemands, secondés par les seize bataillons du général de Montclar commencèrent au printemps 1688 les travaux qui devaient se prolonger encore trois années. Pour approvisionner le chantier en matériaux de construction, les Français percèrent d’abord entre les carrières d’Albersweiler et Landau un canal navigable long de 7 km, le canal d’Albersweiler. Dans le cadre de la reconstruction, la ville fut sillonnée de nouvelles rues rectilignes à angles droits, et de grandes places pour le rassemblement des troupes. Le plan au sol de la citadelle affecte la forme d’un octogone allongé, dont sept sommets sont occupés chacun par un bastion et le dernier par un réduit. L’enceinte intérieure était dotée d’une cunette. Un astucieux dispositif de vannes permettait en cas d’urgence d’inonder ces fossés. Au-delà des fossés, l’ouvrage extérieur se déployait avec son chemin couvert. On accédait à la citadelle par deux portes, au sud et au nord. La place était traversée par la Queich qui formait deux quartiers, celui de gauche étant submergé lorsqu’on noyait les fossés. Ainsi ce marécage rendait les deux tiers de la citadelle inaccessibles aux assiégeants. On ne pouvait accéder à l’ouvrage à couronne au-delà de la mare que par un étroit pont de bois.  Le général de Montclar, premier gouverneur de la place, qui mourut en inspectant les fortifications, fut inhumé dans la chapelle (1690). L’ingénieur en chef Tarade fortifia en 1700 la colline au nord-ouest d’un ouvrage à couronne, couvrant la place par ce côté. L’effectif de la garnison de Landau s’élevait pour 1702 à 4 095 fantassins et 240 cavaliers.  Au cours de la guerre de Succession d’Espagne, Landau fut assiégée et effectivement conquise quatre fois entre 1702 et 1713. Ainsi en 1702 la place passa aux Impériaux, puis en 1703 les Français la reprirent à l’issue de la bataille de Spire, mais dès 1704 l’armée impériale réduisait à nouveau le fort ; finalement en 1713 les Français parvinrent à la reprendre définitivement. Plusieurs remparts furent réparés en 1710, comme la raveline, à l’ouest du grand fossé. Après le Traité de Rastatt, la France avait évacué toutes les conquêtes de la rive droite du Rhin, mais conserva la possession de la ville de Landau avec sa forteresse. Les remparts furent étendus entre 1740 et 1742 en conséquence du creusement de souterrains et de portes d’évacuations secrètes. Au cours des Guerres de la Révolution française, en 1793, le siège entrepris par les Prussiens se solda par un échec.  Restée sous contrôle français à l’issue du premier Traité de Paris, l’armistice du 3 novembre 1815 fit de Landau une forteresse fédérale de la toute jeune Confédération germanique. Les forces d’occupation de Landau mobilisèrent d’abord 2 800 Bavarois. En cas de guerre, le Royaume de Bavière exigeait de la principauté de Bade qu’elle y affecte un tiers des 6 000 hommes commis à la force d’occupation. Après la constitution de la division d’infanterie de réserve au sein de l’armée fédérale la répartition des contingents fut revue. Le 3 mars 1831, le haut-commandement de la Confédération décida de porter la garnison de Landau à 4 000 Bavarois secondés par une division de contingents de réserve de 2 300 hommes. Le gouverneur militaire et le commandant de la place de Landau furent désormais nommés à discrétion par le Royaume de Bavière, dans la mesure où en 1816 les Autrichiens avaient confié la garde du fort à la Bavière. Au temps de la Confédération germanique, de nombreux ouvrages extérieurs furent édifiés, pour mettre les vieux remparts hors de portée des tirs d’une artillerie moderne. Ce remarquable fort militaire, sera rasé par l’armée prussienne dès 1871 et il n’en reste plus aujourd’hui que quelques morceaux de fortifications et quelques édifices isolés dans la vieille ville comme « la porte d’Allemagne » (1688) ancienne porte d’accès à la citadelle, alors entourée de hautes fortifications bastionnées

MANNHEIM  (D) :

En 1606, Frédéric IV, électeur palatin commence à construire centre de la ville adjacente avec son quadrillage de rues et les avenues. Il fit édifier près du village de pêcheurs de Mannheim en 1606-07 et la forteresse bastionnée de Friedrichsburg. Réalisée sous la direction du hollandais Bartel Janson  Frédéric IV se montra particulièrement généreux avec sa ville-forteresse de Mannheim. Il accorda aux habitants des privilèges spéciaux comme l’exemption de la corvée. Pour faciliter le repeuplement du comté, il décréta que les immigrants seraient exonérés d’impôts les 20 premières années. En 1608 il prit la tête de l’Union évangélique, à un moment où la tension avec les princes catholiques s’accroissait sensiblement. Mannheim a été surtout rasée pendant la Guerre de trente ans environ vers 1622 par les forces de Johan Tilly. Après en cours de reconstruction, En 1664, la citadelle ruinée a été remplacée par une simple construction de Château par Daniel de la Rousses, se composant de trois pavillons avec bâtiments de connexion. en 1673 l’époque Palatine le  « Baumeisterei-Adjunktus » Johann Peter Wachter construit une caserne dans la forteresse. Arès les destructions de 1689 pendant la Guerre Palatine de succession, reconstruction sous l’électeur Johann Wilhelm à partir de 1698 mais Mannheim perd son rôle de Capitale déplacée à Heidelberg depuis 1720 lorsque Charles III Philippe, électeur Palatin . En 1709, la forteresse Friedrichsburg a fusionné avec la ville de Mannheim. De 1720, fut le château de Mannheim, sous sa forme actuelle de Baroque et a été soulevée par l’électeur Charles III Philippe à la résidence.  Cependant, pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg (ou « guerre de Neuf Ans »), la ville est prise en 1688 par Vauban qui tient le siège devant Monseigneur et à nouveau détruite par les troupes françaises en 1689. Cependant, pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg (ou « guerre de Neuf Ans »), la ville est prise en 1688 par Vauban et gravement endommagé par l’ Armée Français en 1689 pendant la guerre de neuf ans. En 1795, la ville capitule dès l’approche des troupes françaises le 20 septembre sans combattre mais la ville rejoint les alliés en décembre de la même année. Après le traité de Campo-Formio, les troupes Françaises attaquent et prennent le fort le 25 janvier 1798

MONT-ROYAL (création de la ville neuve et de la citadelle) (D)

: Situé sur une colline escarpée dominant la rive droite d’un méandre de la Moselle, le site de Traben-Trarbach est défendu jusqu’au XVIIe siècle par un château médiéval modernisé (voir Trarbach). C’est en 1687 que Louis XIV et Vauban envisagent de le fortifier de manière plus importante afin de verrouiller la route de la Moselle entre Trèves et Coblence. Le site du château ancien n’étant pas apte à accueillir une forteresse de grande taille, Vauban choisit la colline située en face, à la racine du méandre de la Moselle (voir fiche de Besançon), dont le sommet est un vaste plateau, protégé sur trois côtés par la rivière, ce qui en fait le site idéal pour y installer un camp retranché. La décision de sa fondation est prise en mai 1687 et la ville est aussitôt baptisée Mont-Royal par un décret de Louis XIV. Thomas de Choisy, gouverneur de Sarrelouis, effectue la reconnaissance du territoire et propose les premiers plans et projets. Il sera par la suite chargé de l’inspection et de la surveillance des travaux. Le premier projet de Vauban prévoit la réalisation d’une ville de tracé pentagonal irrégulier. Au sud, les défenses forment une couronne à un bastion et deux demi-bastions orillonnés ; une demi-lune protège chaque courtine et un ouvrage à cornes s’avance en capitale du bastion central. Au nord, il n’y a la place que pour un front à deux demi-bastions orillonnés ; un ouvrage à cornes précédé d’une demi-lune et flanqué à l’est d’une bonnette précède ce rempart ; quatre retranchements avancés ont vu partiellement le jour : un étroit ouvrage à cornes à demi-lune et trois lignes redentées successives. Les flancs ouest et est ne sont composés que de murailles à pic sur les pentes rocheuses dominant la Moselle, avec une tour bastionnée en leur milieu. Deux portes, l’une au nord, l’autre au sud, permettent d’y entrer. Les flancs courbes des bastions sont équipés de casemates d’infanterie. Dans le talus du rempart oriental, dix-sept magasins aux vivres sont installés, tandis que trois magasins à poudre sont placés à la gorge de trois des quatre bastions d’angle. La trame des rues est orthogonale, organisée autour d’une place d’armes décentrée qui regroupe les édifices publics : église, palais du gouverneur, mairie et halle. Vauban ne prévoit que la cession d’une centaine de parcelles aux civils, soit pour une population d’environ cinq cents habitants. Le reste est réservé aux militaires dont le nombre est d’environ quatre mille cinq cents hommes, répartis principalement dans des casernes édifiées le long des courtines. Un arsenal complète l’équipement interne. Cet arsenal sert en quelque sorte de modèle, représenté dans le traité d’artillerie de Surirey de Saint Remy, daté de 1697. Un hôpital militaire est construit en contrebas du site au bord de la Moselle Cette première phase du chantier s’achève à la fin de l’année 1688, au moment du déclenchement de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg. Vers le sud, Vauban ajoute un camp retranché, le Grand Quartier général du Roy, formé par une enceinte de neuf fronts bastionnés dotés de onze bastions ou demi-bastions à flancs droits. Dans ce camp, il prévoit sept casernes, plusieurs magasins à vivres, des arsenaux, des écuries et un bassin d’eau potable, entre autres. Ce camp peut abriter douze mille hommes et trois mille chevaux. Des civils sont aussi installés dans ce camp retranché, portant la population urbaine totale à mille cinq cent personnes, venues de tous les coins de France. Cette population possède une juridiction distincte de la ville de Mont-Royal. Ce second chantier s’achève vers 1693. Une enceinte à tours bastionnées est installée le long de la Moselle, au pied du camp retranché. Le traité de Ryswick de 1697 contraint Louis XIV à restituer le territoire au comte du Palatinat et au margrave de Bade. Mont-Royal est alors démolie entièrement par les Français de janvier à juin 1698. Thomas de Choisy donne asile à une partie de la population à Sarrelouis. Il ne reste plus grand-chose de visible de Mont-Royal : quelques murailles écroulées, casemates et fondations de remparts et de bâtiments ensevelis dans une sapinière plantée dans les années 1950. Le site a été fouillé sauvagement entre 1929 et 1938. Depuis quelques années, les autorités locales ont entrepris d’ouvrir le site au public. Divers types de visites, guidées ou non, sont possibles, renseignements à l’office de tourisme. Malgré sa disparition prématurée, d’importants fonds cartographiques français et allemands permettent d’étudier Mont-Royal qui n’a pas été réoccupé depuis.

Titre

ORSOY (D)  :

Cette ancienne place forte fut vainement assiégée par le duc de Parme en 1586. Prise par les Espagnols en 1590, elle fut reprise par Maurice de Nassau en 1597 et en 1601. Elle fut ensuite occupée par Spinola en 1606, par Louis XIV en 1672. Au printemps de 1672, Louis XIV déclare la guerre à la Hollande, Vauban dirige les sièges d’Orsoy et de Doesbourg. Après la reddition d’Utrecht, il rédige les projets de fortification pour les vingt-deux places qui viennent d’être occupées. puis prise et démantelée en 1703 par les Impériaux. En 1760, les Français remportèrent aux environs une victoire signalée sur les Hanovriens, commandés par le prince de Brunswick. La ville est aujourd’hui intégrée à la commune de Rheinberg.

SARRELOUIS (création de la ville neuve) (D) ;

En 1679, le traité de Nimègue met fin à la Guerre de Hollande : Le traité proposait la restitution du duché de Lorraine au duc Charles V de Lorraine, moyennant l’annexion de Nancy par la France et la création de quatre routes traversant le duché et permettant aux troupes Françaises de rejoindre facilement l’Alsace. Le souverain Lorrain refusa une proposition si humiliante. L’année suivante, le roi Louis XIV, dont les troupes occupaient par intermittence la région depuis 1634, ordonna le démantèlement de la petite ville lorraine de Vaudrevange, chef-lieu du bailliage d’Allemagne et qu’avec le matériau fourni par les remparts de cette localité, ruinée par les Suédois, soit édifiée la nouvelle ville-forteresse de « Saarlouis ». Choisy repère le site de Saarlouis, en tant que seule zone plate le long de la Sarre, encaissée ailleurs. Choisy conçoit rapidement une ville orthogonale et hexagonale, sur la rive droite. Pour verrouiller le cours de la rivière et protéger la ville d’une colline proche, il prévoit un ouvrage à corne. Il fait le choix d’un système de port-écluse pour provoquer l’inondation des terrains et des fossés alentours. Vauban valide le projet de Choisy et se limite à quelques modifications : le front côté Sarre est étiré et doté d’une braye, un bassin défensif est ajouté dans l’ouvrage à corne et il met en place un système d’inondations défensives. La ville ainsi édifiée est dotée de six bastions à orillons, cinq demi-lunes et cinq tenailles. Un chemin couvert doté de traverses et une contrescarpe maçonnée protègent l’extérieur. L’ouvrage à corne est composé d’un bassin central inondable par une vanne et de deux demi-bastions avec une demi-lune, dotés du même équipement avancé. Le système d’inondations défensives est commandé par un pont-écluse sur la Sarre, entre la porte principale de la ville et l’ouvrage à corne. Le 5 août 1680, le père Célestin de Saint-Dié (1648-1709), capucin, gardien du couvent de Vaudrevange puis du futur couvent de Sarrelouis, pose la première pierre de la cité naissante, laquelle sera construite par des soldats du régiment de Beaumarais et du régiment de la Picardie. Encore aujourd’hui, deux quartiers de Sarrelouis sont ainsi nommés « Beaumarais » et « Picard ». La forteresse devra défendre les nouvelles possessions royales françaises en Lorraine (qui donne un accès sans contournement frontalier aux plus anciennes possessions françaises en Alsace). À l’intérieur, la trame urbaine en damier s’organise autour d’une place d’armes rectangulaire centrale dotée d’une fontaine et bordée par l’hôtel du gouverneur, l’église, la maison du commandant de place et la mairie. Huit casernes sont déployées le long des courtines, sauf sur les deux fronts de l’est, où elles sont disposées le long des rues. C’est dans cette zone que se trouve l’arsenal de la ville. Trois bastions possèdent un magasin à poudre. Un canal relie Saarlouis au village voisin. Les chantiers sont achevés vers 1683 et la ville est habitée par les anciens habitants des villages environnants, provoquant la disparition de ceux-ci. En 1698, Vauban ajoute une ligne de sept lunettes maçonnées, entourées de contrescarpes maçonnées aussi, et reliées par un chemin couvert à traverses et un glacis. Deux ouvrages sont ajoutés pour flanquer les bastions du front de la Sarre par le sud et le nord. Celui du nord est un retranchement et celui du sud est une redoute isolée dans la Sarre. À cette époque, Saarlouis, qui était la capitale de la province de Sarre, reste française. Elle est désormais isolée en territoire germanique par les cessions du traité de Ryswick de 1697. Les chantiers s’achèvent peu après le décès de Vauban en 1707 et peu avant celui du gouverneur Thomas de Choisy, en 1710, par la construction d’un hôpital militaire dans l’intra-muros de l’ouvrage à corne.En 1697, avec le traité de Ryswick, la majeure partie de la Lorraine regagne son indépendance (à condition de rester neutre et de ne pas s’allier au Saint-Empire). Cette concession de Louis XIV lui permet de s’allier à l’Espagne dans la perspective de sa succession sur le trône ; l’Espagne reprend ainsi la souveraineté de l’essentiel des Pays-Bas du Sud, mais Louis XIV obtient de l’Espagne de garder Saarlouis et la région environnante comme une enclave française dans la région, afin d’éviter qu’elle ne retombe sous le pouvoir des princes allemands. Le XVIIIe siècle ne modifie pas les fortifications de Sarrelouis qui reste enclave française jusqu’à la Révolution. De 1790 à 1815, la place de Saarlouis est rebaptisée Sarrelibre. En 1815, le Congrès de Vienne et le second traité de Paris permettent à la Prusse d’en prendre possession. Les Prussiens vont alors rénover la place vieillissante en remplaçant la braye du front de la Sarre par un nouveau front de rempart doté de casemates blindées de blockhaus. La porte de style classique français est remplacée par une autre porte dotée d’un corps de garde blindé. Les bastions perdent leurs orillons. Les lunettes reçoivent des casemates et des postes abrités d’artillerie. L’ensemble de ces modifications est réalisé entre 1824 et 1829. Après cette date, les chantiers portent sur les bâtiments militaires qui sont progressivement remplacés jusqu’en 1869. Les huit casernes sont ainsi reconstruites en casernes à l’épreuve de type prussien et un nouveau palais du gouverneur est édifié près des remparts. Après la Guerre franco-prussienne de 1870-1871 et le recul de la frontière par l’annexion de la Lorraine, l’Empire allemand déclasse progressivement Sarrelouis avant d’ordonner la démolition des fortifications en 1889. De l’œuvre de Vauban, il subsiste encore plusieurs éléments défensifs. Le front de la Sarre est encore perceptible, les berges de la Sarre n’ayant pas été modifiées au niveau de la ville. Le bastion VI et des restes du bastion I, ainsi que la base de la braye et la redoute de la Sarre existent toujours. Une caserne et quelques maisons françaises ont également été conservées, tout comme la trame urbaine. L’église originelle a été restaurée après la Seconde Guerre mondiale. De la période prussienne, il subsiste deux casernes reconverties, un laboratoire et les casemates des deux bastions restants.

TRARBACH (D) :

  Ville médiévale dominée par une colline rocheuse et bordée par la rive droite de la Moselle, Trarbach est protégée par un château fort, dit Grevenburg ( i.e. château des comtes ) édifié après 1357 par le comte Jean III de Sponheim. Ce château est composé d’un donjon rectangulaire doté de quatre tourelles d’angle, d’un corps de logis et d’une enceinte à tours circulaires. Sa meilleure protection est sa position en hauteur sur une crête, laquelle le met hors de portée des premiers canons. A partir de 1437, le site est administré par des fonctionnaires nobles délégués par les deux souverains, le comte du Palatinat et le margrave de Baden. La petite ville de Trarbach est alors entourée par une enceinte quadrangulaire dotée de dix tours. Durant les XVIe et XVIIe siècles, le château de Trarbach est assiégé six fois. C’est déjà très tôt que Vauban s’intéresse au site qui est réuni à la France après l’annexion du comté de Sponheim en 1681. Au cours des travaux de la place forte de Mont Royal sur la colline en face, qui commencent en 1687, Vauban décide de renforcer les défenses du site et y ajoute trois redoutes sur la crête dominant le château et un fort au pied du château, appelé la tour d’Enfer. Ces ouvrages sont reliés du bas en haut par un escalier taillé dans le roc. Vauban installe aussi des casemates, des batteries et une grande caserne dans le château et pour protéger la ville, il ajoute une redoute qui domine la ville du côté de la colline au-delà du ruisseau Kautenbach, en face de la tour d’Enfer et il renforce les retranchements sur la colline de l’église. Cependant, ces interventions sont ponctuelles et sont réalisées dans le but de disposer d’une tête de pont sur la rive droite de la Moselle. Cette tête de pont doit permettre de protéger le flanc sud de la ville neuve fortifiée de Mont-Royal, que Vauban édifie entre 1687 et 1697 sur la colline voisine (voir fiche Mont-Royal). Après la signature du traité de Ryswick en 1697, Trarbach et son château sont restitués, tandis que Mont-Royal disparaît, démolie par les Français. Le château est encore assiégé trois fois pendant la Guerre de Succession d’Espagne et se dégrade fortement. Il faut attendre 1730 pour que le Prince Electeur de Trèves ordonne des réparations sur le site afin de conserver le verrou sur la Moselle. En 1734, le château est assiégé une dernière fois par les Français, commandés par le Maréchal de Belle-Île, durant la Guerre de Succession de Pologne. Après cette prise, le Grevenburg est démoli par les Français et ne sera jamais reconstruit. La façade imposante de la maison du commandant de la place trône sur une crête dominant la ville de Trarbach ; les autres constructions sont en ruines et en partie couverts des débris. Le site est ouvert à la visite. De l’enceinte urbaine ne restent que deux tours et une partie du mur.

VIEUX BRISACH (BREISACH am RHEIN) (D) :

La colline du Münsterberg de Breisach est occupée depuis fort longtemps. Les romains y édifient un castrum en 260 afin de défendre leur frontière sur le Rhin contre les Alamans. Aux XIe et XIIe siècles, la colline fortifiée puis le village qui s’y érigea étaient le fief de l’Evêché de Bâle, jusqu’en 1273. Pierre de Hagenbach y est tué en 1474, déclenchant la guerre de Bourgogne. Au XVIIe siècle, la ville devint le noyau d’un système de fortifications qui compta parmi les plus redoutables d’Europe. Sa situation très exposée lui valut d’être tantôt une tête de pont française, tantôt un avant-poste de l’Empire. Elle est assiégée et prise en 1638 par le duc de Weimar et le vicomte de Turenne. Vauban supervisera divers travaux ce qui sera l’occasion pour lui de souffrir des mauvaises relations avec l’intendant d’Alsace Colbert de Saint Marc qui impose diverses interventions d’entreprises que Vauban désapprouve, notamment M. Saint-André. Vauban averti Louvois. Lors de contrôles des dépenses sur les ouvrages, la Cour relèvera plusieurs irrégularités et il faudra à Vauban l’appui de Louvois et Colbert pour qu’il ne soit pas mis en cause. Rendu à l’Empire par les traités de Ryswick, Louis XIV de France fait construire Neuf-Brisach, face à Brisach, pour prévenir toute invasion d’outre-Rhin. Vieux-Brisach fut de nouveau assiégée et prise en 1703 par Vauban. En 1703, il dirige, sous le duc de Bourgogne, son 48ème siège. La ville fut réduite à capituler au bout de treize jours et demi de tranchée ouverte, et qui ne coûta pas 300 hommes. C’est par ce siège qu’il a fini, et il y fit voir tout ce que pouvait son art, comme s’il eût voulu le résigner alors tout entier entre les mains du prince qu’il avait pour spectateur et pour chef. En 1704, les Impériaux tentèrent de reprendre la ville, par la ruse, sans succès. En septembre 1793, Vieux-Brisach subit un important bombardement par les troupes révolutionnaires françaises durant cinq jours. 

 LUXEMBOURG (L) :

LUXEMBOURG ENCEINTE URBAINE : La ville s’est développée au Xe siècle à partir d’un château construit en 963 sur le rocher du Bock par le comte ardennais Sigefroy de Luxembourg (Siegfried) . Le château s’élevait sur les vestiges d’un castellum romain appelé Lucilinburhuc « petit bourg » (du vieux haut-allemand luzzil « petit » et burg « bourg, ville »). Dès 1050, l’agrandissement de la bourgade s’avère indispensable et une deuxième enceinte, parallèle à la première, est érigée à hauteur de l’actuelle rue du Fossé. En 1244, la comtesse Ermesinde accorde à la ville sa charte d’affranchissement. De nouveaux travaux de fortification de la ville haute débutent en 1320, sous le règne de Jean l’Aveugle, pour être achevés en 1398. La fortification de la ville basse (« Grund ») est réalisée entre 1387 et 1395. En 1354, le Luxembourg devient Duché. Dans le cadre de la politique des Réunions du roi Louis XIV, Luxembourg est revendiquée par la Couronne de France. Les armées françaises mettent le siège devant la ville en décembre 1683. À partir du 28 avril, Vauban dirige les assauts sous les ordres du maréchal de Créquy et la ville tombe le 4 juin 1684.  En raison de la bravoure avec laquelle la garnison espagnole avait défendu la place, un départ honorable lui fut accordé lors de la capitulation. Louis XIV fit son entrée à Luxembourg trois ans plus tard où il séjourna pendant cinq jours. Le Luxembourg resta province française jusqu’en 1697, date de la signature de la paix de Ryswick qui rendit le Luxembourg à l’Espagne. Après la prise de la ville-forteresse, Vauban fut responsable des travaux de reconstruction des fortifications et en fit le futur “Gibraltar du Nord” figurant au rang d’une des plus importantes forteresses d’Europe à l’époque. Les Tours Vauban sont des tours massives bien préservées qui portent le nom des constructions médiévales qu’elles vinrent remplacer : la Porte d’Eich et la Porte des Bons Malades. Vauban reconnut, lors du siège des Français, que le Pfaffenthal (qui n’était guère fortifié) et les hauteurs adjacentes constituaient les points faibles de la forteresse. C’est la raison pour laquelle il fit intégrer ces parties dans l’enceinte fortifiée de la ville en 1685. Il renforça les hauteurs par deux forts et verrouilla la vallée au moyen d’un mur de protection qui reliait le Fort Berlaimont du côté ville aux nouveaux forts des hauteurs du Grünewald de l’autre côté. Entre les deux Tours Vauban, un mur de protection enjambe l’Alzette sous forme de passerelle dite “De Béinchen” . Nous nous engageons sur son chemin de ronde, autrefois muni de parapets et de meurtrières (partiellement reconstruits voici quelques années), et nous atteignons la rive opposée de l’Alzette dont l’accès pouvait être fermé par des claires-voies incorporées aux trois arches du pont. Un panneau nous apprend que les gardes en service sur ces ouvrages avaient non seulement pour fonction de contrôler les entrées et sorties de la forteresse, ils surveillaient également les alentours pour découvrir des déserteurs ou des espions. Un éclusier devait régler la hauteur des grilles en fonction des crues de la rivière. Vauban assura également la défense de la vallée en y érigeant ces deux tours défensives. De plus, des fossés profonds (mis à jour en 1997/98), des ponts basculants lourds et des meurtrières tenaient l’ennemi à l’écart. Si toutefois l’ennemi réussissait à s’approcher d’une tour, il y avait toujours la possibilité de l’arroser de poix ou d’huile brûlante versée par les ouvertures (mâchicoulis) de la galerie en encorbellement. Par les portes de l’étage supérieur, on accédait au chemin de ronde des murs de protection. L Les reconstructions et les adjonctions de forts, comme le fort de Niedergrünewald, érigé en 1684/85 par Vauban. Il se présentait sous la forme d’une couronne de trois bastions. Entre chaque bastion, Vauban fit construite des ravelins afin de protéger les courtines. La position en éventail de ces constructions, donnait au fort l’avantage de présenter plusieurs fronts. Jadis on y accédait par un chemin cannelé qui partait du Pfaffenthal et aboutissait à la gorge du fort. L’entrée était flanquée d’un réduit intérieur fortifié. Ce réduit isolé était percé de plusieurs meurtrières à fusils, garni de mâchicoulis et couvert par un épaulement. Il a été mis au jour lors des travaux de construction du Circuit Vauban, et a été partiellement reconstruit. La gorge de la “Hiel”, encaissé entre les deux buttes du Grünewald. En 1684/85, Vauban y fit construire cette porte, intitulée « Porte du Grünewald  » ou  » Porte de la Hiel « . Elle était reliée à gauche au fort du Bas-Grünewald et à droite au fort du Haut-Grünewald par un mur percé d’embrasures à fusil et par un fossé. La voie romaine vielle de 1700 ans montait à cet endroit sur le plateau du Kirchberg et reliait encore Luxembourg à Trèves à l’époque de Vauban. En 1732, la chaussée fut démolie en avant du rempart car elle aurait fourni une couverture idéale pour un grand nombre de pièces d’artillerie ennemie. Dès lors, une autre liaison avec la ville de Trèves fut empruntée. La porte fut transformée par les ingénieurs prussiens en 1836 et se présente encore sous cette forme aujourd’hui. Les murs de protection adjacents furent démolis en 1875. Il y a également le Fort Obergrünewald , construit par Vauban en 1684/1685 et 1688. Le rempart est constitué d’une masse de terrre damée contenue par des murs. Il pouvait résister efficacement à la puissance croissante de l’artillerie. En effet, l’inertie de la masse de terre permettait d’absorber une grande partie de l’énergie d’un boulet de canon tiré à bout portant.Ces fortifications avaient été démantelées à la fin de XIXe siècle pour disparaître sous une vaste esplanade aménagée par le paysagiste Édouard André. Les vestiges de ce fort furent mis à jour et partiellement reconstruits pour le circuit Vauban. Il y a aussi des redoutes et de casernes que Vauban entreprit d’édifier entre 1685 et 1688 à l’aide de 3 000 ouvriers, ont conféré à la ville le cachet particulier qu’elle a gardé jusqu’à nos jours. Rendu au roi d’Espagne par le Traité de Ryswick (1697) le duché passe sous administration autrichienne (Habsbourg d’Autriche) après la guerre de Succession d’Espagne (1714), puis est occupé et annexé par la France révolutionnaire en 1794/1815. La forteresse de Luxembourg, épuisée et affamée, ne se rend qu’après un long siège. En 1815, le Congrès de Vienne restaure le Luxembourg sous la forme d’un grand-duché intégré comme État membre à la Confédération germanique, ceci afin de pouvoir accorder à la Prusse, déjà installée en Rhénanie, le droit de garnison dans la forteresse de Luxembourg. Simultanément, le grand-duché de Luxembourg est donné à titre personnel et héréditaire en primogéniture masculine au roi Guillaume Ier des Pays-Bas, ce qui donne naissance à une union personnelle entre le royaume des Pays-Bas et le grand-duché de Luxembourg : deux États unis par la personne d’un même souverain. En 1867, un an après la fin de la Confédération germanique et à la suite d’une crise apparue entre la France de Napoléon III et la Prusse menée par le chancelier prussien Otto von Bismarck, la neutralité du Luxembourg est proclamée par les puissances européennes réunies en conférence à Londres. Du 16e au 19e siècle, les fortifications de la ville de Luxembourg s’étalaient sur près de 180 hectares. Si seulement 10% sont encore visibles aujourd’hui, ce fleuron de l’architecture militaire est désormais préservé et valorisé. C’est l’un des plus importants sites fortifiés d’Europe, désormais au rang de patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’un extraordinaire réseau de 17 km de galeries souterraines et plus de 40.000 m2 d’abris à la bombe, logés dans les rochers de la ville. Pendant les deux guerres mondiales, elles servaient d’abri pour protéger jusqu’à 35.000 personnes en cas d’alerte ou de bombardement.

LUXEMBOURG PLATEAU DU SAINT ESPRIT CITADELLE : Après la prise de la forteresse le 4 juin 1684, Vauban présenta déjà le 29 août son projet d’ensemble pour la reconstruction qui prévoyait la construction de casernes au plateau du Saint-Esprit qui, séparé de la ville par deux bastions et un ravelin, devenait la citadelle de la forteresse. Avec l’aménagement d’un grand magasin à poudre. De 1684 à 1685 on y construisit deux casernes capables de loger 1.540 hommes. Le 17 janvier 1687, la garnison reprit également le couvent du Saint-Esprit. Après une cohabitation forcée de trois années, les Clarisses-Urbanistes partirent, le 18 mars 1690 après les vêpres, en emportant même les ossements des sœurs défuntes vers leur nouvelle demeure au Pfaffenthal qu’elles avaient fait construire en partie avec l’indemnité versée par les Français seuls maîtres des lieux, les militaires avaient logé 560 hommes dans le couvent désaffecté en utilisant l’église comme magasin. Vauban étudie le débit de l’eau du puits du couvent et juge qu’il fournit une eau d’une qualité satisfaisante Après 1714, les Autrichiens qui avaient pris la relève dans la forteresse se mirent à creuser dans les rochers du plateau un réseau de casemates pour assurer la protection de l’écluse du Grund aménagée en 1731 entre la citadelle du Saint-Esprit et le plateau du Rham. En 1770 on prit la décision de démolir les bâtiments de l’ancien couvent qui menaçaient ruine. Le puits du couvent est agrandi et sa maçonnerie refaite jusqu’à une profondeur de 42 m. Les travaux de démolition des restes du couvent traînaient certainement car en 1795 les Français parlaient encore de restes du couvent en faisant l’inspection des lieux après leur retour. Ils avaient l’intention de relier le plateau du Saint-Esprit au plateau du Rham par une passerelle en forme d’aqueduc qui devait avoir la forme du pont du château. Napoléon pu en voir les plans quand il était de passage à Luxembourg. Cette passerelle aurait relié directement la route de Trèves au plateau du Saint-Esprit et à la ville haute et aurait offert de nouvelles possibilités pour le développement de la ville vers l’Est. Mais après avoir examiné de plus près les soubassements de l’ouvrage de l’écluse du Grund, on ajourna la construction de cette passerelle. Quand les Prussiens s’étaient installés après 1815 dans les casernes du Saint-Esprit au nom de la Confédération germanique, ils avaient songé d’abord aux besoins de la vie quotidienne. En 1828 ils avaient fait construire un bâtiment pour les cuisines et un manège couvert qui avaient occupé à peu près la place de l’ancien couvent. En 1841 ils ajoutaient à l’ancien puits du couvent une station de pompage mécanique protégée contre la bombe. Il pouvait fournir en cinq à six heures l’eau nécessaire pour abreuver 90 hommes et 40 chevaux quand le mécanisme était actionné par les pieds de trois hommes. Si on faisait travailler dix hommes — qu’on sortait des arrêts à cette occasion — le débit pouvait être porté à 400 litres par minute. Le 5 octobre 1859 et on aménagea une nouvelle porte d’entrée dans la forteresse qui reçut le nom du Prince Henri des Pays-Bas. Dans une ville-forteresse, les civils surtout devaient faire des concessions. Pendant ces travaux, on avait démoli la poudrière du Saint-Esprit construite par Vauban mais le Génie prussien ajouta deux bâtiments dans l’espace qui restait disponible. De 1857 à 1860 on fit construire un hôpital militaire pour temps de guerre et, de 1862 à 1863, un magasin de grains à l’abri de la bombe. Un laboratoire de guerre fut ajouté du côté des écuries. Les bâtiments étaient construits d’après les dernières techniques de l’époque par les meilleurs architectes militaires de la Prusse. Après la 1ère Guerre Mondiale, la nouvelle armée luxembourgeoise était trop importante pour être logée au plateau du Saint-Esprit qui accueillit toutefois la compagnie de la Garde grand ducale, l’état-major et une partie des services logistiques.

DOESBOURG (NL) :

En raison de son emplacement stratégique à la jointure du Vieil Yssel et de l’IJssel, Doesburg est devenue dès le XIIIè  une place forte d’importance. Durant la Guerre de Quatre-Vingts ans, Doesburg a été beaucoup malmenée, comme en l’an 1572, lorsque la ville a été occupée par les Gueux sous le commandement de Bernard de Merode et Willem IV van den Bergh . A parir de 1586, Doesburg a conservé une garnison permanente stationnée dans la caserne Maurits (aujourd’hui Mauritsveld). Le 31 juillet 1606, le commandant espagnol Ambrogio Spinola entra dans la ville afin de tromper le général en chef, Maurice de Nassau, devenu plus tard Prince d’Orange, alors qu’il voulait attaquer Deventer, en remontant l’Yssel. Maurice fut trompé par la ruse et ne comprit pas que le mouvement vers Doesburg était un leurre ; les troupes espagnoles foncèrent vers Almelo par la région de la Zwarte Water, mais furent défaits à la bataille du Pont de Berkumer . Sous la direction de Maurice les fortifications de la ville ont été beaucoup améliorées et développées dans les années 1606-1629. Au printemps de 1672, Louis XIV déclare la guerre à la Hollande, Vauban dirige les sièges de Doesbourg. Le 22 juin les députés des Etats Généraux de Hollande viennent demander la paix au ministre Louvois à Doesbourg. L’audience tourne à l’échec, Louis XIV imposant des conditions inacceptables. Après la reddition d’Utrecht, il rédige les projets de fortification pour les vingt-deux places qui viennent d’être occupées. La place est surtout utile pour abriter une garnison, la ville étant située sur la ligne d’eau permettant l’inondation des terres et rendant impossible les mouvements des troupes. Ce dispositif sera largement utilisé par Guillaume d’Orange dans sa lutte contre Louis XIV. Les Français occupèrent la ville jusqu’à 1674. Après cet épisode, la cité a reçu de nombreuses fortifications au XVIIe siècle conçu par Menno van Coehoorn, mais elle s’est transformée en une ville forteresse provinciale tranquille et elle le restera jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cela a eu certains avantages : le centre historique, avec ses nombreux monuments, est resté bien conservé. La ville a donc été désignée comme une zone de patrimoine protégé en 1974. Après cet épisode, la cité a reçu de nombreuses fortifications au XVIIe siècle conçu par Menno van Coehoorn, mais elle s’est transformée en une ville forteresse provinciale tranquille et elle le restera jusqu’au démantèlement de ses fortifications en 1923 pour permettre le développement urbain.

MAASTRICHT (NL)  : 

Vers l’an 10 avant notre ère, les Romains construisirent une importante voie militaire (qui deviendra la Via Belgica) qui traversait la Meuse à Maastricht. Un pont fut construit sous le règne d’Auguste. Celui-ci se trouvait à l’emplacement actuel du centre-ville, près de Stokstraat. Ce pont était un point de passage important dans la route menant à Bavay et à la capitale des Ubiens, Cologne. Vers 270 apr. J.-C., la Maastricht romaine dut subir l’avancée des tribus germaniques. Pour protéger le pont, un castrum fut construit sur la rive gauche en 330. En 1204, Maastricht tombe sous l’autorité du prince-évêque de Liège et du duc de Brabant. Maastricht devient alors un condominium, une ville sous double autorité. En 1229, la ville, bien qu’elle n’ait pas eu les droits de cité en tant que tel, est autorisée, par le duc Henri Ier de Brabant, à construire des remparts. En 1281, un nouveau pont est construit au nord de la vieille ville pour remplacer celui qui s’était effondré auparavant. Vers 1375, une seconde muraille est construite. En 1673, c’est le siège de Maëstricht où Vauban, pour la première fois, emploie sa méthode d’approche. Cette méthode, avec ses trois parallèles, est employée pour la première fois au siège de Maëstricht (1673). Lors de ce siège, il utilise, sous les yeux de Louis XIV, des tranchées parallèles permettant aux troupes d’approcher la place en limitant les risques. Non seulement, Vauban remporte la victoire sur l’une des principales places fortes hollandaises, mais avec un minimum de pertes (1.800 à 3.000 tués ou blessés sur les 13.000 soldats que compte l’armée des assiégeants) et en un minimum de temps (treize jours de tranchées ouvertes). Louis XIV arrive à Maastricht le 10 juin alors que la ville est complètement cernée. Son secrétaire d’État de la Guerre, Louvois, a pu réunir assez de provisions pour six semaines de siège. Louis XIV donne personnellement à Vauban la conduite du siège de la ville. Les lignes de tranchées sont terminées le 14 juin, avec très peu de pertes, conformément à la tactique de Vauban. Les tranchées d’attaques sont ouvertes dans la nuit du 17 au 18 juin. L’attaque se fit vers la porte de Tongres, à l’ouest. Dès le 18 juin, 26 canons tirent 5 000 boulets sur la ville pendant plus de trente heures. Les assauts se succèdent, la fortification changeant de main à plusieurs reprises. D’Artagnan y trouve la mort, tué d’une balle de mousquet reçue dans les reins alors qu’il se trouvait dans la gorge de la fortification de la porte Tongres. Apprenant que Guillaume III réunissait ses troupes pour secourir Maastricht, Louis XIV décide de redoubler d’efforts. Les mines et l’artillerie ouvrent une brèche dans la muraille principale. Jacques de Fariaux fait finalement battre la chamade le 30 juin, et la reddition de la ville est signée le lendemain. Le Roi, à cette occasion, lui donna 4.000 louis. C’est cette libéralité qui permit à Vauban d’acheter, en 1675, le château de Bazoches, où il réunit sa famille et qui devint son foyer. Après la prise de la ville, Vauban forma des projets d’amélioration des fortifications de Maastricht. En 1678, la France rétrocède Maastricht aux hollandais. Ce n’est qu’en 1701 que la proposition du commandant de la ville forte fut autorisée par le Conseil d’État de La Haye. Ainsi le général de brigade Daniel Wolff van Dopff put construire un fort sur et dans la paroi nord-ouest de la montagne St. Pierre. De 1747 à 1748, la ville passa une nouvelle fois brièvement sous domination française après la bataille de Lauffeld.En 1748 le côté nord de la ville forte de Maastricht fut attaqué et assiégé par le roi français Louis XV. Le fort St. Pierre ne joua cependant pas un rôle important. En automne de l’année 1794, après une première tentative en 1793, la fortification fut assiégée, pour la seconde fois, par l’armée française révolutionnaire, sous le commandement en chef de Kléber. Notamment les canons mis en batterie par les français sur le Louwberg causèrent de grands dégâts au fort. Lors de l’occupation française (1794-1814) plusieurs plans de campagne d’amélioration de la force de défense du fort furent élaborés mais jamais exécutés. Après le retour au pouvoir de Napoléon en 1815 la fortification de Maastricht fut mise en état d’alerte. Le fort fut remblayé de terre et dans les années 1816 – 1822 la puissance de la défense fut améliorée. Sur le plateau du fort deux nouvelles pièces d’artillerie furent établies, trois casemates à mortiers incorporées dans le saillant et tout au-dessus douze casemates à canons et une chambre poudrière. En 1867 le roi Willem III promulgua par décret du gouvernement que la ville fortifiée ne ferait plus partie du réseau de défense des Pays-Bas. Le Bastion de Maastricht fut définitivement levé. En 1870 le fort St. Pierre fut vendu aux enchères

FRONTIÈRES DU NORD ET DE L’EST : BELGIQUE REGION WALLONNE

FRONTIÈRES DU NORD ET DE L’EST : BELGIQUE REGION WALLONNE

ATH :

Depuis le XIIe siècle, Ath est une bonne ville du Comté de Hainaut, feudataire du duché de Basse-Lotharingie et feudataire du Saint-Empire romain germanique.  depuis le haut Moyen Âge est le siège d’une administration militaire comtale vendue à Baudouin IV comte de Hainaut, le symbole du pouvoir féodal: la Tour Burbant, la ville est entourée de deux murailles successives depuis le XIVe siècle, et par trente tours dont les noms de certaines d’entre elles sont énumérés par C. Bertrand dans son histoire de la ville. Cette muraille est protégée, dès la première moitié du XVIIe siècle (époque espagnole), par des ouvrages extérieurs destinés à couvrir les trois portes. La ville sera fortifiée par Vauban, lors des guerres de la seconde moitié du siècle de Louis XIV. Ce dernier est lieutenant des gardes en 1667 lorsqu’il arrive en ville et ingénieur militaire depuis 1655, et ce grâce au soutien du marquis de Louvois (1641-1691), secrétaire d’État à la guerre, et de Louis-Nicolas de Clerville (1610-1677), commissaire général aux fortifications. Les travaux de fortification se déroulent de 1668 à 1674. La première pierre est posée le 22 février 1669 et très vite, les murs s’élèvent sur trois kilomètres et demi de la fortification. L’année 1669 est décisive pour la construction et la mise en place de la forteresse.  En juillet 1668, il fixe le projet définitif – c’est le cinquième – d’une nouvelle enceinte formant un octogone régulier flanqué de huit bastions. La ville ancienne est totalement absorbée dans ce nouveau périmètre bien plus vaste et l’enceinte médiévale est rasée. « Je me vante de vous faire icy la plus belle et la meilleure place de l’Europe, comme à Lisle la meilleure citadelle », écrit l’ingénieur de 35 ans à Louvois le 5 mai 1669. Les huit fronts présentent des bastions à flancs droits, des tenailles simples et, déjà, des réduits de demi-lunes ; dans les courtines court une « communication» qui traverse les contreforts, contremine qui ne dit pas son nom. Un savant dispositif d’écluses permet de tendre une inondation et de réguler la hauteur d’eau des fossés. JP Ducastelle décrit les ouvrages : « Ath a l’aspect d’un octogone avec huit bastions séparés par des courtines. Celles-ci sont protégées par des tenailles. La tenaille est double entre le bastion de Flandres et de Brabant, elle est absente face à la porte de Tournai. Des demi-lunes protègent également la courtine devant les tenailles. La demi-lune, face à la porte de Mons, est renforcée de deux lunettes. L’octogone est aplati à l’ouest et forme une ligne droite face au Mont Feron. Le mur d’escarpe a une hauteur de dix mètres et trois mètres d’épaisseur et renforcé de contreforts et des écluses. L’ensemble des constructions est entouré de fossés de 40 mètres de largeur et d’une profondeur de 4 mètres environ. La Dendre occidentale forme un avant-fossé à l’ouest face au Mont Feron. Venant de la campagne un glacis assure la liaison avec la ville, il débouche sur un chemin couvert protégé par une palissade et qui forme à différents endroits, une place d’armes à l’avant du fossé ; la contre-escarpe fait face à l’escarpe de l’autre côté du fossé. » (Bulletin du Cercle royal d’histoire et d’archéologie d’Ath, vol. 11, nos 239-240,‎ 2007, p. 97-150).  Le gros œuvre de la fortification s’achève en 1671, débute alors l’érection des bâtiments militaires, arsenal, magasins à poudre, dans la basse-Cour du Château fortifié, bourg médiéval et deux arsenaux dont un aurait brûlé, lors du siège précité et trois magasins à poudre dans les bastions de Limbourg, de Namur et Hainaut (300 barils de poudre dans un bâtiment voûté à l’épreuve des bombes, chacun)  casernes et guérites dont les brouillons de dessins montrent des normes en pleine gestation: des fleurs de lys en ronde-bosse, des cartouches armoriés ornent encore toitures et culots, les dimensions et l’organisation interne des magasins à poudre varient de l’un à l’autre (deux nefs voûtées d’arêtes). Vauban expérimente également une nouvelle façon d’établir des pilotis de fondation afin d’économiser boisage et argent.  Les terrains non bâtis intégrés dans le périmètre défensif ne sont toutefois pas urbanisés comme à Lille : des casernes y trouvent place contre le rempart, le reste sert de plaine d’exercice à la garnison (1′ « esplanade »). Un plan non daté de la fin du XVIIe siècle montre quatre pâtés de maisons de la « ville neuve », idée restée théorique. Apparaît également un projet de camp retranché sous la nouvelle place forte, alors que le « Traité de la fortification de campagne, autrement des camps retranchés» n’est rédigé par Vauban qu’en 1705, reprenant certaines études des années 1690.  Les fortifications seront remises aux Espagnols dans la cadre du traité de Nimègues en 1678. En 1697, les troupes françaises sont devant Ath. Le commandant de la force de siège, le maréchal Nicolas de Catinat et son chef ingénieur maréchal Vauban avaient une solide relation de travail et entendent coopérer en toute transparence pendant le siège. Catinat avait 50 bataillons et comme de nombreux escadrons de cavalerie (40 000 hommes). Vauban était secondé par Jean de Mesrigny et 62 ingénieurs. Les Maréchaux Boufflers et Villeroy commandaient les forces de deux couverture soit 140 000 hommes. Le 22 mai, à 19 h, la première tranchée parallèle est ouverte contre la partie orientale de la ville. Au siège de cette place, il perfectionne les procédés du tir à ricochet. Il y reçoit une nouvelle blessure. Le 5 juin, la 3ème parallèle est mise en œuvre et la garnison se rend. Le siège a été salué par les contemporains de Vauban comme un des sièges les plus efficace pour sa vitesse, son faible coût et de la modernité des fortifications conçues 25 ans plus tôt par celui qui venait de prendre la place. La place connaitra un autre siège par les Alliés commandés par Marlborough en 1706 et une fois encore par les Français en 1745. Cette imposante enceinte comprend huit bastions, reliés par des courtines, elles-mêmes protégées par des tenailles et des demi-lunes. La place forte sera démantelée après le siège de 1745. État patrimonial : peu représentatif. Quelques vestiges archéologiques d’une porte et d’un bastion en fondations, mis au jour il y a quelques années5. Ce qui subsiste en élévation date du XIXe siècle et de la reconstruction hollandaise.

BOUILLON   :

La fortification de Bouillon étaient, avec le comté de Verdun, le noyau central des possessions de la dynastie des Ardennes-Bouillon, et ils combinaient leur territoire avec une mixture complexe de fiefs, de terres allodiales et d’autres droits héréditaires à travers toute la zone. Un exemple de cela est l’avouerie du monastère de Saint-Hubert, qui a été donné à Godefroy II par le prince-évêque de Liège. La fortification de Bouillon étaient, avec le comté de Verdun, le noyau central des possessions de la dynastie des Ardennes-Bouillon, et ils combinaient leur territoire avec une mixture complexe de fiefs, de terres allodiales et d’autres droits héréditaires à travers toute la zone. Un exemple de cela est l’avouerie du monastère de Saint-Hubert, qui a été donné à Godefroy II par le prince-évêque de Liège. Le plus connu des seigneurs de Bouillon était Godefroy de Bouillon qui vendit Bouillon à la principauté de Liège. Les évêques commencèrent alors à s’appeler eux-mêmes Ducs de Bouillon, et la ville devint la capitale d’un duché souverain. Le château médiéval est modernisé au mieux de 1547 à 1550 par l’ingénieur italien Alessandro Pasqualini.  Vauban visite Bouillon en décembre 1676 : « J ‘ai employé le jour que je devais séjourner à Sedan à aller voir Bouillon, qui est une grosse et vieille gentilhommière des siècles passés, qui sent assez sa petite souveraineté; son apparence est ridicule et méprisable à ceux qui ne font que la découvrir de loin; mais c’est en effet une très bonne situation sur laquelle, à peu de frais, on peut faire une excellente place ». Trois ans plus tard, après la prise Bouillon par la France et son attribution à la famille La Tour d’Auvergne, il est chargé des aménagements à entreprendre pour améliorer la défense du château et de la ville. Sous sa direction, c’est l’ingénieur Choisy qui est chargé de conduire les travaux sur place. Parmi les éléments défensifs érigés se trouvent de nouveaux murs de fortification, des portes et neuf bastions. À l’extrémité du méandre de la Semois, Vauban a prévu la construction de deux grandes casernes et d’un magasin pour les vivres et les fourrages. Chaque caserne possède deux étages et un immense grenier à grains. Le rez-de-chaussée est occupé  par les écuries. Le duché était prisé pour sa position stratégique en tant que « clé des Ardennes » (appelée ainsi par Vauban, le grand architecte militaire de Louis XIV, qui entoura Bouillon d’une enceinte laquelle fut rasée au XIXe siècle) « Vauban a expérimenté pour la première fois son système de tours bastionnées. Par rapport au système précédent de bastions remplis de terre, il permettait de protéger des canons et fantassins dans des casemates, de multiplier les lignes défensives, et de s’implanter sur des surfaces étriquées » souligne Philippe Bragard, il intègre la ville dans le système de défense du château (meurtrières, pont levis, etc.). La transformation de cette petite ville en une place forte digne de ce nom est l’œuvre de Vauban qui s’y révèle extrêmement original. En 1677, c’est d’abord Thomas de Choisi qui donne un projet, vite amendé car sans doute trop coûteux : il s’agissait en effet de clôturer la boucle de la rivière par une enceinte irrégulière à quatorze petits bastions. Vauban préconise en 1679 un tracé plus régulier, collant à la rivière, flanqué de neuf tours bastionnées, dont il crayonne un croquis au verso de son projet dessiné à l’encre. C’est la première occurrence de ces flanquements à l’empattement réduit, qui conviennent à des sites où la place manque. Comme la rivière est étroite et l’endroit entouré de crêtes boisées où il est quasi impossible d’amener du canon, ces tours sont simplement crénelées pour des feux d’infanterie et non voûtées. Le deuxième niveau est couvert d’une toiture à cinq pans. Au château, il s’agit de réaménagements : parapet à créneaux de fusillade triples, grand magasin à poudre, casernes et surtout surcreusement des fossés et raidissement de leur pente. L’ingénieur Cladech y œuvre jusqu’en 1693.   Bouillon est resté un protectorat quasi indépendant, comme Orange ou Monaco, jusqu’en 1795 quand l’armée républicaine l’a finalement annexée à la France. En 1814, Bouillon resta française, dans le département des Ardennes. En 1815, au second traité de Paris, elle fut rattachée au Grand-Duché de Luxembourg créé par le Congrès de Vienne. Le Grand-Duché, qui avait été attribué en toute propriété à Guillaume Ier des Pays-Bas, vivait donc en union personnelle avec le Royaume des Pays-Bas réunis. Suite à la Révolution belge (1830-1839), dans laquelle le Luxembourg fut entraîné, on en vint à partager le Grand-Duché en deux: l’ouest roman (avec Bouillon) plus une partie du territoire d’expression francique (le Pays d’Arlon notamment), forma une nouvelle province intitulée Province de Luxembourg, et l’est – intégralement d’expression francique (Lëtzebuerger Däitsch) – resta acquis, toujours en tant que Grand-Duché de Luxembourg, au roi grand-duc Guillaume Ier et à ses successeurs. Très représentatif, première application des tours bastionnées sur une enceinte urbaine. Château : parapets crénelés à meurtrières triples, grand magasin à poudre, casernes, escalier de la troisième entrée, fossés taillés dans le rocher. Enceinte urbaine : casernes transformées en logements sociaux, trois tours bastionnées conservées dont deux percées pour le passage de la route.

CHARLEROI   :

Par le traité des Pyrénées de 1659, la frontière entre la France et les Pays-Bas espagnols est modifiée. Plusieurs places-fortes deviennent françaises laissant entre Mons et Namur un large couloir sans défenses en direction de Bruxelles. Dès l’année suivante, en 1660, le gouverneur des Pays-Bas espagnols, Luis de Benavides Carrillo, charge trois ingénieurs H. Jannsens, Salomon Van Es et Jean Boulanger, de prospecter sur le cours de la Sambre, un endroit pouvant convenir à la construction d’une forteresse pour fermer la trouée de l’Oise. Le village de Dampremy est un des rares endroits pouvant convenir. Il se situe sur la Sambre, appartient au comté de Namur et donc aux Pays-Bas et non à la Principauté de Liège. L’affaire traine un peu, mais en 1664, le marquis Francisco de Castel Rodrigo devient gouverneur, et il veut renforcer les défenses militaires. D’autant plus que la menace française se précise. À la mort du roi Philippe IV d’Espagne le 17 septembre 1665, Louis XIV fait valoir les droits de son épouse et fille de Philippe IV, Marie-Thérèse, sur les Pays-Bas : ce sont les prémisses de la guerre de Dévolution. Francisco de Castel Rodrigo charge donc Salomon Van Es de dresser les plans d’une forteresse sur la Sambre. Lorsque l’ingénieur remet son projet, ce n’est pas à Dampremy qu’il propose d’installer la forteresse mais dans le petit village à côté, Charnoy. Situé dans une boucle de la Sambre, dominé par un plateau cerné de trois côtés par des pentes abruptes, l’endroit offrait des conditions stratégiques idéales. En juillet 1666, la population de Charnoy est évacuée et tout ce qui peut gêner les travaux est démolis. Les adjudications des travaux sont terminées le 10 août et les tâches répartis entre 14 entrepreneurs. La gestion des finances est confiées à Pontian d’Harscamp, receveur général de Namur, et à son père Vincent. Les arbres et haies sont abattus pendant la seconde moitié du mois d’août.  Plusieurs places-fortes deviennent françaises laissant entre Mons et Namur un large couloir sans défenses en direction de Bruxelles. Le marquis Francisco de Castel Rodrigo, gouverneur des Pays-Bas en 1664, veut renforcer les défenses militaires. Le village de Charnoy, le long de la Sambre, est un des rares endroits propices à l’installation d’une forteresse et appartenant au Comté de Namur (donc aux Pays-Bas). Le gouverneur générale installe trois régiments d’infanterie dans la vallée du ruisseau de Lodelinsart, une unité de cavalerie à Fleurus et une compagnie de gardes dans les villages voisins. Il fait aussi venir des munitions et 27 pièces d’artillerie. Lui-même s’installe à Dampremy le 15 septembre. Dès lors, les travaux s’accélèrent.  Plus de 900 ouvriers répartis en 14 équipes de 30 à 130 personnes, sont engagés de gré ou de force. Pour hâter la construction, toute la circulation du comté est paralysée. Les eaux des affluents et des étangs sont lâchées pour grossir la Sambre qui sert à l’acheminement de pierre de taille depuis Dinant et Namur. Les abbayes doivent laisser le passage dans leurs eaux. L’abbaye de Soleilmont reçoit l’ordre d’accommoder le chemin royal de Fleurus. La région de Fleurus fournit la chaux jusqu’à la construction de chaufours à Charleroi même. Au début de 1667 se dresse une enceinte hexagonale munie de six bastions et des murailles hautes d’une dizaine de mètres. Il y a quatre demi-lunes. L’intérieur de la place n’a aucun aménagement excepté un puits et quelques maisons de terre. Vers mars ou avril, l’église du village de Charnoy, toujours debout, est rasée et le vallon de Lodelinsart est coupé et mis sous eau. Le 7 avril, commence la construction des contrescarpes et des palissades. Le 2 mai commence la construction d’un ouvrage à corne vers le sud-ouest, mais cet ouvrage ne sera pas achevé. Dès le début de la construction, informé par des espions, Louis XIV décide de prendre Charleroy. Devant la menace, Castel Rodrigo envisage d’abandonner et même de démolir la forteresse qui a coûté 28 % de la recette moyenne pour les années 1665 à 1667. Les derniers soldats espagnols quittent les lieux le 27 mai 1667. Le 10 mai 1667, Turenne prend le commandement d’une armée de 50 000 hommes en Picardie. Le 20, le roi rejoint ses troupes et le 21, l’armée entre en campagne et envahit les Pays-Bas. Elle arrive devant Charleroi le 31 et y découvre un paysage désolé dont elle prend possession sans coup férir. La prise est cependant importante car Charleroi constitue une tête de pont sur la rive gauche de la Sambre en direction du Brabant. Le 2 juin, Louis XIV entre dans Charleroi et en ordonne la reconstruction. Les ouvrages d’art sont alors parfaits et agrandis par Thomas de Choisy, Vauban donnant quelques indications pour les demi-lunes au nord et à la ville basse. Par la paix d’Aix-la-Chapelle, Charleroi est attribuée à la France et Louis XIV accorde des privilèges aux habitants de la nouvelle ville en vue de la développer. Les ouvrages d’art sont alors parfaits et agrandis par Thomas de Choisy, Vauban donnant quelques indications pour les demi-lunes au nord et à la ville basse. Par la paix d’Aix-la-Chapelle, Charleroi est attribuée à la France et Louis XIV accorde des privilèges aux habitants de la nouvelle ville (terrain offert gratuitement, primes à la construction, etc.) en vue de la développer. En 1671, Vauban fournit le plan des portes monumentales. Il propose de bâtir des nouvelles redoutes détachées sur les étangs à l’est et à l’ouest de la ville, outre un pont sur la Sambre: leur réalisation est postposée; elle intervient en tout cas avant 1678 et la restitution de la ville à l’Espagne comme l’indiquent les plans manuscrits. En 1672, Vauban dessine le plan d’un quartier neuf, la ville basse, sur la rive droite de la Sambre. L’enceinte formant un trapèze à trois bastions à flancs droits est achevée en 1675. Commence alors le lotissement en damier irrégulier, trame préférée par Vauban qui a critiqué le parti de la ville haute.  En 1673, la ville s’étend sur la rive droite de la Sambre, qui deviendra la « ville basse », par opposition à la forteresse existante placée sur les hauteurs, portant logiquement le nom de « ville haute ». Des redoutes carrées sont ajoutées ensuite par Vauban, à l’extérieur des glacis, afin de défendre les zones inondables. La ville est assiégée à plusieurs reprises avant d’être concédée à l’Espagne par le traité de Nimègue de 1678. En 1692, la ville est bombardée par les armées françaises, puis l’année suivante, elle est prise par Vauban, sous le regard de Louis XIV qui en reprend le contrôle. Pour la première fois, les troupes françaises sont équipées de fusils conformes aux souhaits de Vauban. Ce dernier ne se résout en effet pas à perdre la place qui verrouille Sambre et Meuse et représente un poste avancé vers Bruxelles. C’est Thomas de Choisy qui dirige ces travaux, spécialement mandaté par Louvois bien que l’ «Abrégé des services du maréchal de Vauban », rédigé en 1703, mentionne la participation du grand ingénieur aux fortifications de Charleroi en 1668, il ne semble intervenir de façon créatrice qu’après 1672. Vauban est en charge de développer la ville dont il agrandi les limites. Il établira deux projets en partie réalisés en 1693 (3 novembre) et 1696 (16 mars et 25 août). Un plan-relief de la ville de Charleroi a été établi en 1695. Il est conservé et exposé au sous-sol du Musée des Beaux-Arts de Lille. Il est composé de 4 tables en bois pour un total de 4 x 3 m à l’échelle 1/600°. Une copie se trouve dans l’Hôtel-de-Ville de Charleroi. Prise et reprise, elle passe aux Espagnols au Traité de Ryswick (1697), retourne à la France, est occupée par les Provinces-Unies puis restituée au Saint-Empire par le Traité de Baden (1714). Elle est reprise par le prince de Conti en 1745. Finalement elle est rendue au Saint-Empire en 1748, à la condition que les forteresses soient démantelées. La ville connait alors 45 ans de prospérité, sous Joseph II. En décembre 1790 commence la révolution brabançonne et Charleroi connaît une nouvelle période de troubles : les Impériaux occupent la ville le 25 décembre; ils cèdent la place aux vainqueurs français de Jemappes le 8 novembre 1792 (les Français l’occupent le 12 novembre 1792) avant de la reprendre le 28 mars 1793 (les Français l’ayant abandonnée le 25 mars 1793 après la défaite de Neerwinden). Charleroi, dès l’arrivée des Français, proclame sa sécession du Comté de Namur. Elle demande plus tard, alors qu’il est question de créer les États belgiques unis, d’être plutôt rattachée directement à la France. En 1794, le général Charbonnier met le siège devant la ville mais est repoussé. C’est Jourdan qui parvient à prendre la place après six jours d’un bombardement intensif. C’est pendant la prise de Charleroi et la bataille de Fleurus qu’on eut recours pour la première fois à l’observation aérienne, depuis Jumet (lieu-dit Belle-Vue), d’un champ de bataille depuis un aérostat. Sous le régime français révolutionnaire, la ville changera de nom à plusieurs reprises : Char-sur-Sambre, Charles-sur-Sambre et encore Libre-sur-Sambre, entre les 25 juin 1794 et 8 mars 1800. Peu avant la bataille de Waterloo de 1815, les Carolorégiens très « francophiles » accueillent avec enthousiasme les troupes françaises qui récupèrent la cité faisant désormais partie du « Royaume uni des Pays-Bas ». Mais Napoléon essuie une défaite plus au nord, à la célèbre bataille de Waterloo, le 18 juin 1815. Quarante-huit heures plus tard, Charleroi recueille les débris de la Grande Armée ; le 19 juin à 5 heures, Napoléon est dans la ville avant de continuer vers Paris. Pour se protéger de la France, la ville se verra dans l’obligation de construire de nouveaux murs qui la tiendront dans un étroit carcan pendant cinquante ans. En 1914, la ville échappe à la destruction complète moyennant le payement d’une lourde indemnité de guerre imposée par le général Max von Bahrfeldt.

DINANT  :

Vers 1040, un château épiscopal domine l’actuelle citadelle. sa position en bordure des deux pays ennemis, chacun sur une rive de la Meuse, scellera son destin dans l’opposition constante entre l’Est germanique et l’Ouest latin. En effet, la rive gauche du fleuve est alors en terre namuroise, tandis que la rive droite, qui accueille Dinant, est en terre liégeoise – mais aux confins de celle-ci. Verrou sur la Meuse, la ville est aux premières loges d’un conflit politique qui trouve un prolongement dans la batterie du cuivre et la production de laiton : Bouvignes la namuroise, sur la rive opposée, possède en effet d’importants gisements de derle, la terre blanche utilisée par les dinandiers pour former leur moules. Cette même dinanderie apportera une immense fortune à la ville. Souvent citée comme la plus méridionale des villes de la Hanse teutonique, Dinant n’en fit cependant pas exactement partie. Ces tensions entre Est et Ouest trouveront leur point d’orgue en 1466. Entre le 18 août et le 25 août 1466 la ville de Dinant subit un siège des armées du Duc de Bourgogne Philippe le Bon. En seulement 8 jours la ville tombe, c’est Charles le Téméraire, comte du Charolais, qui mène les troupes. Philippe le Bon refusant d’entrer dans Dinant, la ville est livrée au pillage et au massacre. . En 1554, ce sont les troupes du roi de France Henri II ; en 1675 et en 1692, celles de Louis XIV. Ce dernier fit d’ailleurs entreprendre de grands travaux de réaménagement et de fortifications de la citadelle par Vauban.  Prise en 1675, Vauban a fait d’emblée des premiers travaux au château pour l’utiliser comme caserne. Mais en 1684, un ouvrage à couronne double déjà le vieux château et des galeries de contre-mines courent sous les glacis en 1677. La campagne principale se situe toutefois à partir de 1690 : un second ouvrage à cornes au tracé irrégulier s’étend à l’est du premier, et un vaste ouvrage à couronne somme le plateau voisin au nord. Vers le sud, le plateau est couvert de lunettes détachées, et en 1695, Vauban fait bâtir des redoutes casematées identiques à celles qu’il a trouvées à Luxembourg ; il emprunte à l’ennemi un organe efficace et retardateur dans un siège. Ses collaborateurs sur place, Cladech jusqu’en 1693, puis Filley, suivent fidèlement ses instructions. Dès 1679, Dinant est intégrée dans le « Pré carré » constitué d’une double ligne de forteresses entre la Meuse et la mer du Nord. Les grands travaux de fortifications dans la cité ne débutent qu’en 1680. La même année, Louis XIV donne son accord afin que débute la construction d’un « château-neuf », dans le prolongement du vieux château, proposé par Vauban. En raison de son relief particulier, les nombreux problèmes que pose la fortification dinantaise sont étudiés et résolus grâce à une étroite collaboration entre Vauban et l’ingénieur Cladech qui reste sur place. L’enceinte du faubourg Saint-Médard, sur la rive gauche, se voit renforcée par l’édification de nouvelles redoutes. Au nord, la porte Saint-André est complétée par une demi-lune et des fossés alimentés par les eaux de la Meuse. Pas moins de deux redoutes sont construites en contre-haut de la tour Taravisée et de l’église Saint-Pierre, à la limite du plateau de Malaise. Au sud, la pointe de l’île et la porte Saint-Nicolas sont protégées par un petit ouvrage à cornes. Alors que le projet du « château-neuf » n’est pas encore terminé, les Français envisagent de fortifier le plateau de Malaise, estimant que l’ennemi pourrait utiliser ce replat naturel comme plateforme d’artillerie (ce qui avait été le cas en 1554). La configuration du site de Dinant ne manque pas de susciter l’étonnement de Louis XIV au point qu’il se fait apporter le plan en relief de la ville pour examiner toutes les possibilités de fortifications nouvelles. Vauban se rend à Dinant à la fin du mois de septembre 1691. Il y rédige un projet réaliste mettant en évidence les défauts et les avantages de la fortification de la cité qu’il juge peu propice à une mise en défense. Il suggère de bâtir une couronne formée de deux fronts bastionnés d’environ 240 m de long chacun sur le plateau de Malaise. Il ne manque pas de faire remarquer qu’une ville traversée par un fleuve ne peut être efficacement protégée que si les deux rives sont solidement défendues. Avec la prise de Namur par Louis XIV en 1692, Dinant perd sa position stratégique au bénéfice de Namur.  Alors que les travaux d’amélioration des fortifications de Dinant tournent au ralenti, un traité de paix est signé à Ryswick en 1697 qui stipule que la ville de Dinant doit être rendue à la principauté de Liège dans l’état dans lequel elle se trouvait avant l’arrivée des Français en 1675. C’est alors qu’est organisé le démantèlement. Les Français mettent un zèle particulier à abattre tout ce qu’ils avaient érigé mais des protestations s’élèvent… les autorités de la ville prétendent qu’on démolit beaucoup trop. Mais les discussions les plus âpres portent avant tout sur le pont que les Français avaient rebâti. Le concert de réclamations des magistrats de la ville ajouté à celui du prince-évêque n’a d’autre effet que de limiter sa démolition. Un château et des portions de l’enceinte urbaine ruinées, un pont inutilisable.. Il faudra alors attendre 1817 et l’occupation hollandaise pour qu’un nouveau fort soit construit.

HUY  :

Aprement disputée depuis plusieurs décennies (six sièges de 1675 à 1705), Huy restera toujours aux yeux de Vauban « un trou imparfait » et « une malheureuse bicoque ». Reprise en 1693, blottie au confluent du Hoyoux et de la Meuse, et enserrée de collines escarpées dont une porte le vieux château épiscopal, la petite cité est en effet très difficile à fortifier correctement. Cependant et malgré les avis de Vauban, à l’insistance du comte de Guiscard, Mesgrigny et Filley renforcent le château par des ouvrages irréguliers que le commissaire général des fortifications ne valide pas. Au contraire, il ne cesse de préconiser l’abandon de cette place et le rasement des ouvrages existants, comme il l’avait fait pour Mariembourg vingt ans plus tôt. Rien ne subsiste des travaux des ingénieurs français sinon des traces informes sur les hauteurs boisées entourant la ville.

LIMBOURG  :

Les plans sont relevés au 27 juin 1702. Ce sont à ce stade les plans du siège de septembre 1703 et ceux levés dans la foulée par les ingénieurs au service des troupes alliées qui permettent d’affirmer que Vauban y a apporté des améliorations aux fortifications. Au sud et à l’ouest, un chemin couvert à traverse précède désormais le corps de place qui est lui-même régularisé sur le front d’attaque principal. il s’agit bien de réparations et d’aménagements presque de fortune, dans des temps de crise. Subsistent des murs de soutènement de la ville haute, éléments des remparts, un magasin à munitions et des casernes fortement transformées en habitations.Subsistent des murs de soutènement de la ville haute, éléments des rem-parts, un magasin à munitions et des casernes fortement transformées en habitations.

MONS :

À l’époque romaine, une garnison se serait établie sur la colline montoise. D’après certains auteurs, se fondant sur deux textes médiévaux (une vita de sainte Aldegonde du VIIIe siècle et le testament d’Anségise, abbé de Fontenelle), le quadrillage caractéristique des camps romains se retrouverait dans la topographie actuelle de la ville. Le site devient un enjeu militaire à la suite de l’implantation des Vikings à Condé-sur-l’Escaut en 876. Le site devient un enjeu militaire à la suite de l’implantation des Vikings à Condé-sur-l’Escaut en 876. Cette même année 1290, Jean II d’Avesnes construit la deuxième fortification qui, à la différence de la première, défend aussi la ville et non plus seulement le château : cette enceinte urbaine (frumeteit ou fermetei(t) en picard montois) est percée de six portes. Seule la Tour valenciennoise (1358) subsiste actuellement. Guillaume le Bon, fils et successeur de Jean II, permet au commerce de s’épanouir dans la ville. En 1655, la ville est assiégée par l’armée française : les opérations de siège sont dirigées par le chevalier de Clerville : elles commencent le 15 août et la ville tombe le 18. En 1678, au cours de la Guerre de Hollande, le maréchal de Luxembourg assiège Mons. À la suite de la bataille de Saint-Denis, le siège finit par être levé. Du 15 mars au 10 avril 1691, lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, la ville est à nouveau assiégée par les troupes du maréchal de Luxembourg, en présence de Louis XIV, Vauban dirigeant les travaux de siège. A ce siège l’Artillerie française employa un mortier qui lançait des bombes de 500 livres.  La ville tombe et Louis XIV nomme gouverneur Nicolas de La Brousse, comte de Verteillac. Vauban est chargé d’améliorer le système défensif de la ville.   Vauban renforce par un nouvel ouvrage à cornes la porte de Bertaimont qui avait beaucoup souffert durant le siège. Il transforme les ouvrages en queue d’aronde des portes du Parc et des Guérites en de puissants ouvrages à cornes avec demi-lunes. Il perfectionne l’ouvrage à cornes de la porte d’Havré. Pour assurer une meilleure défense face au mont Saint-Lazare qui domine la ville, il ajoute trois ouvrages à cornes échelonnés qui viennent s’appuyer sur le système défensif existant de la porte de Nimy. Il ajoute quatorze bastions détachés et amplifie ceux qui existaient devant la porte de Bertaimont. Il prévoit en outre neuf redoutes pentagonales entourées d’eau pour soutenir les ouvrages extérieurs et défendre les accès de la place. Quatre d’entre elles seront construites dont deux encadrent la porte du Rivage et deux autres, celle de Bertaimont. De plus, quatre redoutes carrées doivent défendre le canal de dérivation de la Haine depuis la prise d’eau de Nimy jusqu’aux fossés de la ville. Sur la Trouille, un ouvrage défensif, élevé à proximité du moulin Saint-Pierre, contrôle les inondations à l’est de la cité. Pour accéder aux redoutes isolées dans les marais bordant la place, Vauban prévoit un système de navette au moyen de petites barques plates, halées sur le canal reliant chaque redoute au fossé. Quant au moulin d’Épinlieu (Pinlieu sur le plan) situé à l’ouest de la cité, il est protégé par un ouvrage à cornes contrôlant le pont sur la Haine qu’emprunté le chemin allant de Mons à Tournai. Deux redoutes carrées viennent compléter ce dispositif. À l’intérieur des fortifications, Vauban ajoute aux casernes existantes six casernes de cavalerie et trois d’infanterie. Cinq d’entre elles sont construites à côté des casernes espagnoles édifiées en 1676 non loin de la porte de Nimy. Les quatre autres ne figurent pas sur le plan de Nicolas De Fer : deux d’entre elles sont établies près de la porte du Parc et les deux dernières, près de celle d’Havré. La capacité d’hébergement est ainsi portée à 7400 fantassins, qui occupent des lits de deux à trois places et à 2500 cavaliers et leur monture.  Vauban envisage encore la construction d’une citadelle polygonale, adossée au rempart médiéval et destinée à renfermer toutes les grosses munitions de la place et des vivres dedans. Des terrains bas, qui s’étendent au sud de la Trouille et englobent l’abbaye du Val-des-Écoliers ainsi que le béguinage de Cantimpret, lui semblent les plus appropriés, car ils constituent 1’espace le plus vuide, le moins habité, le plus mal sain et le plus inutile de la ville, puisqu’il n’est peuplé que de moines et de jardins. Le projet qui apparaît ici comme sur de nombreux plans contemporains, ne sera pas exécuté en raison de son coût exorbitant. Fort heureusement d’ailleurs, car il aurait nécessité l’arasement de la butte du château pour constituer l’assise de la citadelle. Au sud de la ville, une citadelle-réduit projetée n’est pas construite. En 1696, Vauban propose sans plus de succès d’établir un camp retranché sur le mont Panisel et le Bois-de-Mons. Les travaux sont presque menés à leur terme lorsqu’en 1697 les Français quittent la ville que le traité de Rijswijk rend à l’Espagne. De 1701 à 1713, la France occupe à nouveau la ville (guerre de Succession d’Espagne). Les Traités d’Utrecht et de Rastatt font entrer la ville dans le giron des Habsbourg d’Autriche. La place-forte est toutefois contrôlée par des troupes des Provinces-Unies. En 1718, le pouvoir, représenté par la cour souveraine du Hainaut, quitte le château qui, par faute d’entretien, se dégrade. Le site est rasé au XIXe siècle, seuls la chapelle Saint-Calixte (XIIIe siècle), la conciergerie et le beffroi étant préservés : un parc public y est inauguré le 10 juin 1873. En 1747, Louis XV conquiert la ville et la garde jusqu’en 1748, où elle est restituée à l’impératrice Marie-Thérèse par le Traité d’Aix-la-Chapelle (1748) qui met fin à la guerre de Succession d’Autriche

NAMUR  :

Les premières fortifications sur l’éperon rocheux qui deviendra la citadelle sont de la fin du IXè.  Coehoorn  se distingue tout particulièrement à la bataille de Fleurus en 1690, ainsi qu’en 1692 pendant le siège de Namur, une forteresse de sa propre création. Namur fut prise par Vauban, mais Coehoorn eut sa revanche trois ans plus tard quand la même place-forte, sur laquelle entre-temps Vauban avait apporté ses améliorations, tomba sous son attaque.  Vauban tient le siège de la ville et de la citadelle devant le Roi en 1692. il prit la place en 30 jours de tranchée ouverte, et n’y perdit que 800 hommes, quoiqu’il s’y fût fait cinq actions de vigueur très-considérables. Vauban est à Namur au commencement de l’année 1703 et il y donnait ordre à des réparations nécessaires, lorsqu’il apprit que le Roi l’avait honoré du bâton de maréchal de France. Il l’agrandira pour en faire une des plus grande d’Europe avec une superficie de 80 hectares. Sous les ordres de Vauban, les français bâtissent un arsenal (le seul du temps conservé en Belgique) , creusent des centaines de mètres de casernes et de magasins souterrains pour la protection de la garnison en temps de siège, édifient des forts détachés pentagonaux aux plans atypiques dirigés par le terrain, soit avec corps de garde casematé, soit avec galeries de tir crénelées dans les courtines, en suivant scrupuleusement les directives de Vauban. Faute de temps et d’argent, le projet demeure largement inabouti au siège de 1695 : des ouvrages à cornes et une tête de pont ne voient pas le jour. Le réseau de souterrains qui se développe sous la citadelle sur 4 km est le fruit de multiples campagnes de construction, d’agrandissement, de reconstruction et d’aménagement. Il en résulte un ensemble à la fois très complexe mais également très complet. La philosophie générale de restauration est de maintenir l’ensemble dans son état actuel, en tenant compte de toutes ces modifications, sans chercher à retrouver un état d’origine qui gommerait l’histoire des galeries. Comme le souligne Ph. Bragard, Namur est « plus un lieu mémoriel, en tant que siège où Vauban a rencontré son adversaire personnel le plus réputé, le Hollandais Menno van Coehoorn ». Jusqu’à l’indépendance de la Belgique, Namur ne cessera de changer de mains. Convoitée par tous pour sa situation stratégique, prise et reprise, la ville fera successivement partie du Saint-Empire et la restera sous la domination des comtes de Namur, puis sous celle de leurs successeurs les Habsbourg d’Espagne puis d’Autriche, ensuite sous la république et l’empire français et le Royaume uni des Pays-Bas. Après l’indépendance de la Belgique, les forces armées vont rester sur ce site, qui ne sera partiellement démilitarisé qu’à partir de 1891 par Léopold II. De grands travaux d’aménagement de la citadelle sont alors entamés. En 1975, le Ministre de la Défense rend à la ville les clés de la citadelle et en 1977, les paracommandos quittent les derniers bastions.

PHILIPPEVILLE  : 

Ville créée en 1555 par décision de Marie de Hongrie, sœur de l’Empereur Charles-Quint et gouvernante des Pays-Bas espagnols. Il s’agit, pour les Habsbourg, de contrer les incursions françaises par la construction de deux nouvelles forteresses : le fort de Charlemont, près de Givet, sur la Meuse, et Philippeville qui porte le nom du fils aîné de l’Empereur. L’ingénieur Van Noyen en trace la forme en pentagone. Une inscription sur un pilier de l’église rappelle que c’est le 1er octobre 1555 que furent « jetés » ou terminés les plans de la ville… Quatre mois plus tard, le colonel Lazare de Schwendi, 1er gouverneur de la ville, en prend possession avec ses troupes allemandes. En 1659, à la suite du traité des Pyrénées entre la France et l’Espagne, la ville passe sous domination française. C’est Jean Talon, futur intendant du Canada français, qui en reçoit les clés le 4 mai 1660. Dès 1668, Vauban est chargé par Louis XIV de faire de la ville « une ville de guerre respectable et capable d’empêcher l’ennemi de pénétrer dans cette partie de la France ». À Philippeville, à partir de 1671, l’ingénieur Lacoste exécute les projets de Vauban: tenailles bastionnées détachées devant les courtines, demi-lunes à réduit et flanquées de lunettes, deux magasins à poudre aux proportions désormais standard (20 m sur 8 m, voûte en berceau brisé du premier modèle) et autres bâtiments militaires. La comparaison des plans successifs de la ville fortifiée autorise cette datation précise, comme les rapports conservés à Vincennes . « Il n y a point de place en France où les ouvrages soient plus soigneusement conservés qu’à Philippeville ; aussi les chemins couverts y sont-ils unis et aussi propres que le plancher d’une chambre» écrit Vauban à Louvois en 1672. Il est possible que les premières galeries de contremines remontent à cette phase de travaux, comme sans doute également à Charleroi: début novembre, Vauban missionne son collaborateur l’ingénieur Paul pour voir « les avenues de Charleroy, Philippeville, Le Quesnoy et la citadelle d’Arras, qu’il trouve très propres à contreminer ». Le 15 août 1680, accompagné de la reine, du dauphin et de la dauphine, Louis XIV fait son entrée dans la ville où il passe un jour et une nuit. Vauban apporte toutes les modifications à la Forteresse de Philippeville. Il en développe les moyens de défense et il accentue la forme étoilée du Site. Le réseau des galeries de contre-mines est considérablement amplifié entre 1690 et 1696 pour atteindre une dizaine de kilomètres  et si Vauban refuse la ligne avancée de lunettes proposée par son collaborateur, il fait retrancher tous les bastions, soit par un front bastionné en réduction, soit par une tour bastionnée. Dans son traité de la défense des places mis au net en 1706, il systématise d’ailleurs ce dispositif qui détache, en quelque sorte, les bastions du corps de place et ajoute ainsi une ligne de défense supplémentaire. En 1790, la ville est versée dans le département des Ardennes, elle porte quelques mois à partir de pluviôse an II (février 1794) le nom révolutionnaire de Vedette républicaine et ses rues sont renommées : Surveillance, La Montagne, Sans Culottes, Réunion, Marat … Le 18ème siècle verra une quantité importante de logements privés, transformés et construits Au lendemain de Waterloo, Napoléon fait une halte de quelques heures dans la ville. Le 21 juin 1815, la 8e brigade prussienne assiège la ville qui ne se rend que le 8 août ; deux jours plus tard, la garnison défile par la porte de France et dépose les armes sur le glacis tandis que 150 hommes peuvent se retirer, en emportant deux canons. Le 30 septembre 1830, dans le cadre de la Révolution belge, la population désarme la garnison hollandaise. Dans la seconde moitié du 18ème siècle, apparaissent aussi bon nombre de bâtiments militaires, plus ou moins conservés, ainsi que bon nombre de logements privés. Enfin, les fortifications furent partiellement démantelées, en 1820 et elles disparaissent complètement, en 1853. De 1853 à 1856 est menée à bonne fin la démolition des ouvrages de fortification. . Il subsiste encore  quelques traces sur le terrain au nord et au sud-est de la ville ; une partie du réseau souterrain. 22 bornes dispersées un peu partout dans la ville.  

SAINT GHISLAIN :  

Sa situation à proximité de la capitale du Hainaut (Belgique) et sa position sur la Haine conférèrent à la ville une i’importance stratégique qui lui valut la construction de fortifications en 1366 par Albert de Bavière. Saint-Ghislain devint ainsi une place forte importante qui eut toujours une garnison considérable. siège conduit par Vauban en 1656. En 1581, c’est le siège des Huguenots qui se livrèrent au pillage. En 1589, Saint-Ghislain qui était un secours de la paroisse d’Hornu devint alors une paroisse distincte et acquit son indépendance et accéda au rang de ville. En 1655 ce fut le siège de Turenne et La Ferté (Vauban y participe sans commander). Les opérations de siège sont dirigées par le chevalier de Clerville : elles commencent le 22 août et la ville tombe le 25. La prise de la ville est suivie de l’entrée de Louis XIV, alors âgé de dix-sept ans. L’année suivante, la ville est assiégée sans succès par les Espagnols, qui réussissent en 1657, sous la conduite de Don Juan d’Autriche, à la reprendre. En 1677, le retour des Français avec le maréchal d’Humières qui s’en rendit maître (le siège est conduit par Vauban). En 1709, à la suite de la bataille de Malplaquet, le traité de Nimègue ayant rendu Saint-Ghislain à l’Espagne, le Hainaut tout entier retourna aux coalisés commandés par le duc de Marlborough. Chaque fois, l’abbaye subit pillage, dévastation, incendie et, chaque fois, elle puise dans ses ressources afin de reconstruire ou restaurer les bâtiments. Les 1 et 2 mai 1944, la ville fut aux deux-tiers détruite par des bombardements aériens des alliés. Le tracé de la ville fut ensuite modifié, la Haine fut déviée et ne traverse plus le centre de la ville.

THUIN  

Au sud-est de la ville actuelle, des fouilles effectuées dans le bois du Grand Bon Dieu révèlent la présence d’un oppidum ou site fortifié, remontant à l’époque néolithique. Thuin est plusieurs fois soumise à des sièges meurtriers. Les comtes de Hainaut s’en emparent avec force en 1053, 1298 et en 1408 avec la démolition définitive du château. En 1655, les troupes du Prince de Condé, alors au service de l’Espagne, en font le siège sans pouvoir prendre la ville. De par sa position stratégique aux confins du pays de Liège, la forteresse est maintes fois assiégée et reconstruite. Conquise par Louis XIV en 1675, la muraille qui enserre la Ville Haute est munie de six tours rondes décapitées; à l’avant-plan, la porte NotreDame apparaît comme une solide construction avec une toiture en bâtière, flanquée de deux tours munies d’archères; du côté de la plaine, on distingue deux tours, celle de la porte Bourreau et le moulin à vent installé sur le rempart oriental. Par contre, en 1675, les troupes françaises s’en emparent aisément, en raison de l’intelligence de certains bourgeois avec les Français, et l’occupent jusqu’à la paix de Nimègue en 1678. elle fait l’objet de projets de réaménagement, notamment par Vauban. Dès lors, la Thudinie constitue une enclave liégeoise à l’intérieur des territoires conquis par la France.  Vauban fera une visite du site en 1678 et envisage sa fortification mais aucun projet n’est rédigé précisémment ni réalisé.

Plan_de_Thuin_1670-

TOURNAI :

À l’époque gallo-romaine existait une enceinte, dont un tronçon long d’une cinquantaine de mètres ainsi que la base de deux tours ont été retrouvés  en 1995. À partir de 1187, à la suite des luttes des Tournaisiens, la ville acquiert une certaine indépendance vis-à-vis du reste du comté en dépendant directement de la couronne de France (tandis que son pays, le Tournaisis, reste flamand jusqu’à son annexion par Philippe le Bel). Tournai résistera à deux tentatives d’annexions par les soldats du comte de Flandre en 1197 et 1213. En 1513, le roi d’Angleterre Henri VIII prit possession de Tournai. En 1515, le gouverneur anglais décida de faire construire un «château», c’est-à-dire une citadelle sur la rive droite de l’Escaut. La partie nord de la ville fut séparée du reste de l’enceinte par un fossé et une muraille qui passaient par la rue Joseph Hoyois et la Place Verte actuelle. En 1521, le siège de la ville fait passer cette dernière aux mains de Charles Quint et Tournai rejoint ainsi les Pays-Bas espagnols. Au XVIe siècle, Tournai, surnommée la Genève du Nord, est le foyer de la contestation contre le régime espagnol dans les provinces wallonnes des Pays-Bas.Elle est également le siège d’une université. La ville où les protestants sont majoritaires ratifie l’Union d’Utrecht. Elle est reconquise par les Espagnols, en 1581, après une résistance héroïque sous la direction de Christine de Lalaing. La répression qui s’ensuit provoque l’exil d’une grande partie de la population. En 1667, sous le prétexte d’une guerre dite de Dévolution, Louis XIV, voulant élargir les frontières de son royaume, envahit une partie des Pays-Bas espagnols. Au mois de juin, Tournai, dont les défenses étaient vraiment obsolètes, fut prise en trois jours. Louis XIV décida alors de fortifier différemment la cité et d’y construire une nouvelle citadelle. Dès le mois d’août de cette année 1667, les travaux commencèrent par des démolitions importantes : l’église Sainte-Catherine, des couvents et environ 300 maisons furent sacrifiés ainsi que l’ancienne citadelle dont il ne subsiste qu’une partie de la Tour Henri VIII. Cette construction massive a un diamètre de 25 m et ses murs sont épais de 6,25 m à la base. 30 000 fantassins avec  l’aide de la main d’œuvre locale se relayèrent pour que, sept ans plus tard la nouvelle citadelle construite sur le point haut de la ville soit achevée. Le directeur des travaux est Guillaume Deshouillères, l’ingénieur Jean de Mesgrigny s’occupant des souterrains avec la mise en place d’une multitude de galeries de mines et contre-mines ainsi que divers obstacles à la progression de l’ennemie. La construction débute le 7 août 1667. Les travailleurs et soldats sont éparpillés sur un chantier de 400 à 1 900 hectares jusque l’été 1671. Tandis que l’érection de la citadelle se poursuit jusqu’en 1674 sous la direction de Deshoulières et de Mesgrigny qui en ont conçu les plans, Vauban s’attelle à partir de 1671 à rectifier et régulariser autant que possible les ouvrages détachés en avant de la vieille enceinte médiévale terrassée. Les demi-lunes sont régularisées et quatre ouvrages à cornes protègent les entrées principales de la ville, ceux-ci construits entre 1680 et 1692. Quant aux casernes construites à partir de 1671, les unes en maçonneries, les autres en pan de bois; les plans en sont donnés par les ingénieurs en place, sans que Vauban y intervienne, semble-t-il, pour le détai. La construction de la citadelle prend fin le 24 avril 1674, soit après six ans et huit mois de chantier. La construction de casernes liées à la citadelle est ensuite entamée afin de pouvoir héberger les soldats en repos et éviter ainsi toute friction avec la population. C’est une citadelle dite à la Vauban car ce dernier, très occupé à Lille, vint régulièrement à Tournai pour surveiller l’évolution des travaux. La citadelle conçue essentiellement par Mesringny, ami de Vauban, a une forme qui approche celle du pentagone régulier La citadelle a une forme qui approche celle du pentagone régulier avec cinq bastions reliés par des courtines développant 120 m de long. Chaque bastion possède une multitude d’infrastructures (infirmerie, boulangerie, armurerie…) afin de pouvoir subsister lors d’un siège, une porte dite Royale constituant l’accès principal et une sortie de secours. Le tout était entouré d’une enceinte constituée de fossés et de remparts dont les glacis, vers la ville, se terminaient par une vaste esplanade (emplacement du palais de justice actuel). En 1745 a lieu la bataille de Fontenoy (village situé à plus ou moins 10 km de Tournai) avec la victoire française contre les troupes anglaises et autrichiennes. La ville est conquise par la France sous la Révolution et l’Empire, puis est rattachée au royaume des Pays-Bas (1815). En 1830, elle est intégrée dans la Belgique indépendante. Bien que démantelées à partir de 1863, les fortifications tournaisiennes ont laissé de nombreux témoignages de leur existence dans la cité de l’Escaut. Les boulevards actuels correspondent au tracé la seconde enceinte communale. De la première enceinte, sont encore visibles la tour (dite) « des Rédemptoristes », la tour du Cygne, le fort Rouge qui doit son nom à la couleur de son toit, la tour Saint-Georges, la tour de la Loucherie et la tour du Séminaire. De la seconde enceinte existent toujours le pont des Trous, les tours Marvis et Saint-Jean, la porte de Marvis et le rempart de Choiseul.

FRONTIERES DU NORD ET DE L’EST : BELGIQUE REGION FLAMANDE

FRONTIERES DU NORD ET DE L’EST : BELGIQUE REGION FLAMANDE

ANVERS  :

  En 970, une fois l’ordre othonien imposé, Anvers n’est encore qu’un poste frontière de l’Empire germanique, on y construit des fortifications en bois, remplacées plus tard au XIIe siècle par un château fort en pierre (le Steen). L’extension de la ville se poursuit d’abord vers le sud. En 1585, la ville tomba aux mains de Philippe II à l’issue d’un siège de treize mois, la ville étant défendue par Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde. En conséquence, les Provinces-Unies du nord fermèrent l’accès à l’Escaut dans le but de priver les Espagnols des avantages de leur victoire, ce qui naturellement eut des conséquences catastrophiques sur l’économie de la ville. Abandonnée par les protestants, que Philippe II visait plus particulièrement et qui constituaient une très large part de l’élite commerciale et intellectuelle de la ville, Anvers vit sa population se réduire de moitié en moins de 20 ans.Vauban estime que la Ville n’est pas adaptée aux exigences modernes de la fortification puisqu’elle ne se concentre que sur la rive droite de l’Escaut. Un autre défaut est le manque d’ouvrages extérieurs nécéssaires pour protéger  la Citadelle et l’ancienne enceinte urbaine dont les bastions sont jugés trop petits. Il établit des projets sur les nouvelles fortifications d’Anvers en 1702 avec un renforcement des défenses de la Citadelle et la construction d’un nouveau Fort Royal sur la rive gauche de l’Escaut de 234 x 272 m, les flancs de ce fort étant protégé par deux lunettes. Il se propose d’ajouter de nouveaux ouvrages avancés entre la Porte Impériale et la Porte Rouge, de nouveaux ouvrages à corne, des demis lunes, contre gardes et ravelins. Il se propose de fortifier le flanc sud de la citadelle par un ouvrage à corne. Il n’obtiendra pas les crédits nécessaires pour engager les travaux.  Ce projet est intéressant puisque durant l’annexion des Pays Bas à la France à partir de 1796, ils seront repris maintes fois par les ingénieurs du Génie et seront à l’origine d’une reprise totale des fortifications de la Ville entre 1850 et 62. Les services du Génie produiront un nouveau projet plus ambitieux en 1813 avec la création de la ville de Marie Louise sur la rive gauche. Lors du soulèvement en 1787-1789 et les Autrichiens furent battus. L’État indépendant des États belgiques unis fut proclamé à Bruxelles et Anvers y participa. Mais le retour en force des Autrichiens en 1790 et l’attaque des armées républicaines de la Révolution française mit fin à cette brève indépendance en 1792. Anvers fut occupée une première fois par les armées de la Révolution le 30 septembre 1792. L’Escaut fut rouvert (1795), et l’ébauche d’un port moderne vit le jour : Napoléon demanda à Charles-François Beautemps-Beaupré d’établir ce qui sera la première carte des bouches de l’Escaut, et fit réaliser deux bassins achevés en 1811 (le Petit Bassin et le Grand Bassin – rebaptisés bassin Bonaparte et bassin Guillaume en 1903, ils abritent maintenant le Museum aan de Stroom ou musée sur le cours d’eau) ; toutefois, l’embargo anglais ainsi que les guerres napoléoniennes empêchèrent toute évolution, et la ville subit de nombreux pillages et destructions. Après la défaite de Napoléon à Waterloo (1815) a lieu une brève réunification avec les Pays-Bas septentrionaux et une période de développement, qui s’achèvera avec la Révolution belge (1830) et une nouvelle fermeture de l’Escaut. Il faudra attendre 1863 pour que la navigation soit définitivement libre après le rachat forfaitaire du droit de navigation par le ministre Charles Rogier.

AUDENARDE – OUDENAARDE  :  

La Ville reçoit la visite de l’empereur Charles Quint, qui y fit un enfant à une fille de tisserand, Johanna van der Gheynst, donnant naissance à la future Marguerite de Parme, princesse des Pays-Bas espagnols, demi-sœur de Philippe II. Pendant le cours du 17e siècle, elle a été plusieurs fois prise et reprise. Les fortifications n’en sont pas bien considérables ;  mais elle peut être inondée de manière que les eaux en défendent les approches. Les Français convoitaient Audenarde et s’en emparèrent en 1658 par Gaston d’Orléans (avec Vauban). En 1658, il conduisit en chef les attaques des sièges de Gravelines, d’Ypres et d’Oudenarde. M. le cardinal Mazarin, qui n’accordait pas les gratifications sans sujet, lui en donna une assez honnête, et l’accompagna de louanges, qui, selon le caractère de M. de Vauban, le payèrent beaucoup mieux. La Ville fut rendue à la Paix des Pyrenées. En 1667, Louis XIV la retint en vertu du traité d’Aix la Chapelle. Le premier soin de Vauban, aidé par l’ingénieur Launois, est d’organiser l’inondation défensive qui couvre tout le front méridional de la ville; dix écluses peuvent remplir d’eau tous les fossés: «cette place est extrêmement jalousée et sujette aux entreprises, quand les eaux sont basses, et spécialement quand il y fait de grandes gelées; qu’il y faut de grands soins» et « dès le mois de mars, on doit former l’inondation, sinon en tout, du moins à demi ». Suit la régularisation du front sud-est, doté de grands bastions à flancs droits, et l’enceinte est munie d’un double chemin-couvert entrelardé de lunettes et de redoutes détachées. Les bastions sont creux et principalement en terre gazonnée ; certains intègrent une porte dans le flanc ou une tour de l’enceinte médiévale . La ville est défendue victorieusement par Vauban en 1674. En 1674, le Prince d’Orange voulut l’assiéger ; mais le Prince de Condé ayant gagné sur lui la bataille de Senef, il fut obligé de lever le siège. Elle fut restituée, au Roi d’Espagne par le Traité de Nimègue, en 1678. En 1684, elle fut bombardée et très endommagée par 1e Maréchal d’Humières ; mais il ne put la prendre ; les dedans en ont été depuis très  bien rétablis. En 1708, le Prince, Eugène et le Duc de Marlborough gagnèrent près d’Oudenaarde une bataille contre les Français, commandés par le Duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XlV, et le Duc de Vendôme. Elle se rendit encore aux armes de Louis XV en 1745, et elle a été rendue par la paix d’Aix-la-Chapelle en 1748. La fontaine devant l’Hôtel de ville est un vestige de l’occupation française (1667-1708) ; celle-ci avait été construite en hommage à Louis XIV, et pour permettre aux soldats d’abreuver les chevaux. Revenue aux Pays Bas, la ville subie en 1745 un autre siège français.

BOESINGE  :

Sur le canal de l’Yser. Vauban édifiera un pont permettant le contrôle de la route et de la voie d’eau. projets de fortifications de construction bastionnée par Vauban en 1695 (8 août) et en 1699 (25 juin), réalisés au moins partiellement (fort Saint-François). Il ne reste pas de traces significative de ces ouvrages.

BRUGES  :

projet Vauban de fortification bastionnée en 1702 (4 novembre), non réalisé faute de crédits.

COURTRAI   :

Au cours du IXe siècle, Baudouin II le Chauve, comte de Flandre, fortifia l’endroit contre les Normands. La liaison qui existait à l’origine entre la ville et Tournai fut rompue en 1071 et Courtrai devint capitale d’une châtellenie. En avril 1190, Philippe d’Alsace confirma les privilèges de la ville à laquelle il accorda le droit de s’administrer elle-même, si bien que les serfs purent s’établir dans la ville en tant que citoyens libres (poorters). Au cours du XIIIe siècle, Ferrand du Portugal se heurta aux villes de Flandre quand le roi de France Philippe Auguste voulut le faire comte de Flandre. Ferrand se retrancha dans Courtrai et la ville fut pillée par les troupes de Gavere et d’Audenarde. Les deux parties se réconcilièrent, mais Philippe Auguste n’accepta pas l’accord. Son fils Louis (le futur Louis VIII) envahit Courtrai à partir de Lille et laissa la ville en ruines. Les comtes de Flandre la firent reconstruire. Les conflits entre le roi de France et la Flandre firent stagner l’économie de la ville. À l’occasion de la bataille des éperons d’or le 11 juillet 1302, elle fut occupée par les troupes françaises qui bâtirent au-dessus d’elle, pour la surveiller, une citadelle dont les restes sont encore visibles. Le 11 juillet 1302, l’armée de Philippe le Bel rencontre les milices communales de Flandre aux abords de la forteresse de Courtrai. Cette bataille survient quelques semaines après les matines de Bruges, une journée qui vit le massacre de la garnison française de la ville. Les combattants flamands massacrent les chevaliers à terre. Les troupes victorieuses ramènent comme trophées les éperons d’or de tous les chevaliers tombés dans la bataille. Ces trophées orneront l’église Notre-Dame de Courtrai. La ville est à nouveau assiégée en 1683 par Vauban et le Maréchal d’Humières devant le Roi.  Vauban produit un projet de modernisation des fortifications le 18 novembre 1693. Il ne reste pas de traces de ces ouvrages dont on ne sait précisément s’ils ont été réalisés ou non. Courtrai est prise par l’armée française de Luckner le 18 juin 1792. Elle est défendue contre le retour offensif des Autrichiens par le général Jarry, qui incendie une partie des faubourgs le 29 juin, avant d’évacuer la ville le 30 juin. Le 11 mai 1794, une nouvelle bataille de Courtrai a lieu. Le 31 mars 1814 une troisième bataille de Courtrai est remportée par le général Maison sur l’armée saxonne. Après la Révolution française, l’industrie, dans le textile (le lin), et l’économie de la ville fleurissaient de nouveau.

DAMME  : 

les habitants de Bruges avaient un barrage construit à la fin de la partie navigable du Zwin et creusé un canal à partir du barrage pour permettre la livraison à la ville. La zone à proximité de ce barrage va former Damme qui devient rapidement le port de Bruges. En 1262, un canal appelé le Lieve fut creusé de Gand à Damme et murs ont été construits autour de la ville en 1297. L’ensablement de la Zwin fait périciliter Damme qui ne peut plus assurer son rôle. En 1604, la ville est au milieu de la ligne de front de la guerre de 80 ans.Guillaume Flamen, ingénieur militaire qui a servi sous les Espagnols est chargé de fortifier la place. Il choisit une fortification bastionnée en heptagone régulier avec cinq entrées de ville, deux pour les routes avec des loges en maçonneries et trois pour les canaux, le canal principal entre Bruges et l’écluse passant au milieu de la forteresse. Les travaux débutent en 1618 et s’achèvent deux ans plus tard. En 1701, les français occupent la région. Vauban élabore avec son collaborateur Antoine-François Lemercier de Clermont de Senneton la construction d’un ouvrage à cornes en 1701 (relevé du 27 novembre 1702), Vauban préconise de renforcer le rempart urbain fait de terre gazonnée. Il fait également construire le campr retranché de Coolkerke, le fort de Bavière (pour le Roi de Bavière Maximilien Emmanuel, allié de la France). Il s’agit d’un fort bastionné en terre qui sera par la suite occupé par l’Armée Autrichienne qui l’abandonnera en 1748.

FURNES  :

 Furnes fut le théâtre d’une bataille dans la lutte incessante entre les villes flamandes et le roi de France. La plupart des bâtiments de la ville datent du règne prospère des archiducs Albert et Isabelle autour des années 1600.La prise de possession de la ville par Louis XIV apporte de nouvelles fortifications, dues à Vauban, dont il reste quelques vestiges. L’ingénieur a beaucoup travaillé sur le site incorporée à la première ligne du Pré carré, elle prend de l’importance pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Il établira 4 projets connaissant quelques retouches en 1693 (les 13 et 30 mai), en 1695 les 14 et 23 janvier et en 1699 les 28 juin et en juillet.  Jusqu’en 1700, Vauban il propose de remplacer la vieille enceinte médiévale et ses quelques demi-lunes irrégulières par un octogone bastionné dans un ovale quasi parfait. Au sud et à l’est, les grands bastions à flancs droits s’érigent à l’extérieur de la ville ancienne, agrandissant l’espace urbain sans toutefois donner naissance à un nouveau quartier. Les fossés en eau accueillent des tenailles simples devant les courtines, des demi-lunes dont, au nord, une à réduit, et un ouvrage à cornes protégeant le débouché du canal qui va à la mer. Après l’intervention de Vauban. L’octogone irrégulier a agrandi la ville qui n’en profitera pas pour étendre sa trame bâtie. Il construisit d’épaisses fortifications autour de la ville. Ces fortifications servirent à Furnes pour devenir une des places fortes de laBarrière.  La Barrière est un traité particulier signé entre la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies le 29 janvier 1713, quelques mois avant le traité d’Utrecht, par lequel Louis XIV accordait aux Provinces-Unies, comme barrière, les villes de Tournai, Ypres, Menin, Furnes, Warneton, Comines et le Fort de la Knocque. Ce traité de 1713 annule le premier traité de la barrière de 1709 entre les deux mêmes États. Un troisième trité de la Barrière sera signé en 1715 entre l’Autriche, la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies. Ce dernier sera même revu en 1718 à la demande de l’Autriche

GAND   : 

  is.Les Vikings ont occupé et détruit Gand et sa région en 851-852 et 879-883. Vers l’an 940, Le comte Baudouin Ier de Flandre (IXe siècle) aurait fait construire les premières fortifications à cet endroit pour se défendre de l’invasion des vikings. Le comte Arnoul Ier de Flandre (Xe siècle) a ensuite fait renforcer la construction pour en faire réellement un château. Ce château était en majorité composé de bois.. Il en confie la garde à des châtelains héréditaires issus de Wenemar, avoué de l’abbaye Saint-Pierre de Gand vers 900. Après leur départ à la fin du IXe siècle, le château des comtes de Flandre fut érigé. Le quartier autour de ce château devint vite un nouveau noyau de la ville grandissante. Le château actuel fut construit en 1180 par le comte Philippe d’Alsace. Il fut inspiré des châteaux que le comte rencontra durant la deuxième croisade. Un grand donjon en pierre de 3 étages (33 mètres de haut) fut érigé au centre de l’emplacement de l’ancien château. Du XIe au XIIIe siècle, Gand était la deuxième ville d’Europe (hors la péninsule italienne) après Paris (avec 100 000 habitants) par sa population (jusqu’à 65 000 habitants), devant Londres, Cologne et Moscou. La fin du XVIe et le début du XVIIe siècle se traduisirent par des bouleversements liés à la guerre de Quatre-Vingts Ans. Face à la menace des troupes espagnoles, des états généraux des Dix-Sept Provinces se tiennent à Gand en 1576.  Vauban tient le siège devant le Roi en 1678, la ville se rendant en six jours. La prise de Gand eut lieu la dernière année de la guerre, en 1678, et contribua sans doute à la signature de la paix : c’est ce que symbolisent le décor de la Galerie des Glaces de Versailles sur la prise de Gand, les éclairs qui partent du foudre tenu par le roi et aboutissent non seulement dans la composition qui prolonge celle-ci (Mesures des Espagnols rompues par la prise de Gand), mais aussi dans la peinture de l’extrémité sud de la galerie : La Hollande accepte la paix, et se détache de l’Allemagne et de l’Espagne, 1678. En 1702, les projets de Vauban sont partiellement réalisés et il établit une dernière retouche à ses plans le 23 novembre. Le gouvernement de Gand est le gouvernement en exil de Louis XVIII lors des Cent-Jours. Le traité de Gand mit formellement un terme à la guerre de 1812 entre le Royaume-Uni et les États-Unis

KNOCKE :  

Fort Knokke ou Fort de Cnocke ou Knocque de la Fort , Fort de Knocke était une fortification importante qui a défendu l’Ouest Flandre depuis les années 1580, jusqu’à ce qu’elle soit démolie dans les années 1780. Au cours de ses 200 ans d’histoire, l’endroit était détenu par l’ Empire espagnol, Royaume de France, Habsburg Autriche et la République des Pays-Bas. Un fort fut érigé sur le site par les espagnols entre 1584 et 1591 pendant la guerre de quatre-vingts ans. La mesure espagnol général Alexandre Farnèse, duc de Parme avait capturé Ypres et Veurne (Furnes). Le fort était destiné à bloquer les parties raids de rebelles hollandais venant du port d’Ostende. Les succès du Siège d’Ostende suppriment la menace néerlandaise en 1604 et le fort est tombé en désuétude.  Vauban a immédiatement saisi l’importance de sa situation et se met au travail de refonte Fort de la Knocque dès 1678. Fort de la Knocque est situé à la confluence de l’Yser et l’Ieperlee à une distance de 1,5 lieues de Dixmude, 3 lieues d’Ypres et 4 lieues de Furnes et de Nieuwpoort (Nieuport). Le fort fut 750 de 500 pieds (pieds) dans la mesure et entrée au fort est par une porte étroite. Il y avait seulement quelques casernes pour les soldats à vivre, bien que le commandant du fort avait sa propre maison et il y avait une chapelle. Au cœur du fort se trouvait une île triangulaire du côté sud de la confluence des cours d’eau,  Un ouvrage à cornes et le ravelin avec parapets de brique protégé du côté sud-est. Le fort a été élargi entre 1690 et 1692 avec l’ajout de deux bastions, un sur le côté nord et un au sud. Des demi-lunes ont été ajoutés sur les côtés est et ouest, tandis que trois lunettes complétait les défenses. Tous les nouveaux ouvrages ont été construits et renforcés en terre.  Les projets de Vauban élaborés de 1691 à 1699 concernent les dehors, car le corps de place et ses bâtiments (casernes, chapelle, logement du commandant, magasins à poudre souterrains dans les demi-bastions) sont existants. L’ingénieur de Caligny dirige sur place les travaux de terrassement de lunettes détachées au tracé irrégulier et du chemin couvert à traverse qui double la ligne de défense du poste et assure une communication entre tous les ouvrages. Les quelques ouvrages entamés sous la direction d’officiers généraux tels Boisseleau sont rapidement « corrigés » par les véritables ingénieurs.    Quelque part entre 1692 et 1712 un large fossé a été ajouté sur les côtés est et ouest.  Après le milieu des années 1700, les fortifications a perdu une grande partie de leur but. En 1781, Empereur Joseph II a ordonné Fort Knokke à être « méprisés » ou démontés. Le fort au sud de la jonction de l’Yser et le Canal d’Ypres avec son parapet de briques a été complètement supprimé. Rien ne subsiste du fort hormis le tracé parcellaire des fossés exté-rieurs et une ferme qui semble être le reste d’un corps de garde ou d’une caserne

MENIN (MENEN) : 

A l’époque des premières grandes fortifications sous Louis XIV, les Français regroupèrent toute leur infrastructure militaire au nord-ouest de la villeVauban en fait une place presque régulière entre 1679 et 1689, un polygone à six bastions et deux ouvrages à cornes intégrés. Le tracé de cette enceinte s’étendaient sur 3 km et alterne bastions à orillons et bastions à flancs droits, ceux -ci tournés vers la zone inondable. Car Menin est avant tout un des bons exemples d’hydraulique militaire cité en exemple par Bernard Forest de Bélidor dans sa monumentale « Architecture hydraulique ». L’expérimentation effectuée par  Vauban en 1689 a démontré l’efficacité du dispositif. Pas plus qu’à Ath, les terrains englobés dans le nouveau tracé fortifié ne sont urbanisés ni lotis.  Les remparts actuels « hollandais » (1817-30) sont uniques en leur genre en Belgique. Pendant la période hollandaise, s’étendant de 1815 à 1830, les Hollandais répandirent leurs nouveaux bâtiments militaires fortifiés dans toute la ville. Ainsi, à l’est, ils érigèrent une boulangerie, un arsenal et un hôpital. Celui-ci fut construit en 1823, tout près de la porte de Courtrai et contre le bastion de Rekkem. A cette époque, la ville comptait 4 portes et 11 bastions. Les casemates font partie des fortifications de la ville. Elles sont de la période hollandaise (1815 – 1830). Ce sont des abris voûtés à l’épreuve des bombes qui étaient utilisés à des fins militaires : le stockage de munitions et de vivres ou comme refuge contre les soldats et l’artillerie. D’une surface de 4 mètres sur 5 et d’une hauteur de 3 mètres, les casemates sont reliées entre elles par des couloirs à hauteur d’homme. L’entrée des casemates se situe du côté de la ville; de l’autre côté, contre la douve, l’on construisit un solide mur en briques avec quatre meurtrières à l’extérieur. Les voûtes étaient couvertes d’une épaisse couche de terre en vue de neutraliser les impacts des bombes. Pendant les deux guerres mondiales, les habitants de la ville y cherchaient également refuge. A Menin, plusieurs casemates ont été conservées. A quelques exceptions près, elles se trouvent toutes sur des terrains privés et sont utilisées comme garage, cave à vin ou bergerie. Les casemates ouvertes au public font partie du bastion de la Lys, l’un des onze bastions de la ville. Un bastion est un ouvrage de fortification faisant saillie sur l’enceinte d’une place forte, prenant généralement la forme d’un pentagone irrégulier. A l’origine, il existait 30 casemates, dont seules 11 subsistent. A l‘étage supérieur, elles ont toutes été restaurées. Entre 1990 et 1996, une grande partie des murs fut restaurée dans le Park ter Walle.

TONGRES (TONGEREN) :

Dès le II ème siècle ap. J-C, Tongres est entourée par une muraille de fortification de 4.544 mètres de long et de 2 mètres d’épaisseur. Sa hauteur variait de 5 à 6 mètres selon l’endroit. Cette enceinte est bâtie avec des blocs de silex et de grès.  A plusieurs endroits, elle est munie de tours circulaires de 9,5 mètres, vraisemblablement remplies de terre. Deux fossés en forme de V sont creusés à l’extérieur de l’enceinte. Plusieurs portes s’ouvrent sur la ville par les principales chaussées reliant Tongres aux autres villes de la région.  Une deuxième enceinte est élevée au IV ème siècle, lors des invasions germaniques, pour protéger le noyau de la ville. Celle-ci, plus petite, ne mesure que 2.680 mètres et totalise une soixantaine de tours circulaires. Ces enceintes, mal entretenues tombent en ruines au XIIè. Les bourgeois de Tongres érigent une nouvelle enceinte au milieu du XIIIè. En 1677, la ville a été brûlée presque entièrement par les troupes de Louis XIV, une catastrophe dont Tongres jamais complètement remis. Vauban étudie deux projet en 1673 et en 1694 mais aucun ne sera réalisé faute de moyens. . La Renaissance de la ville date d’après 1830.

YPRES  :

En 1658, Vauban conduisit en chef les attaques des sièges de Gravelines, d’Ypres et d’Oudenarde. M. le cardinal Mazarin, qui n’accordait pas les gratifications sans sujet, lui en donna une assez honnête, et l’accompagna de louanges, qui, selon le caractère de M. de Vauban, le payèrent beaucoup mieux. l’ingénieur hispano-flamand Jean Boulengier avait bâti en 1669 une citadelle pentagonale à l’est, fort éphémère puisqu’elle disparaît après la prise par les Français en 1678. En 1678, Vauban tient de nouveau le siège devant la Ville en présence du Roi. Dans un premier temps, de 1678 à 1684, les dehors se multiplient, demi-lunes, lunettes, avec quatre (puis cinq) grands ouvrages à cornes (dont un formant plutôt une couronne), et la vieille enceinte médiévale terrassée est conservée telle quelle. De 1684 à 1689, un second projet concerne le corps de place, dont l’allongement rectiligne impose à Vauban de larges bastions peu saillants, presque des bastions plats, à orillons, qu’il nomme « bastions royaux ». Au sud, la ville conserve sa vieille muraille, car l’inondation soutenue par une digue et des redoutes détachées la protège de ce côté. Le tout constitue finalement un ensemble de fortifications « qui a produit tant de bizarrerie (. . .) où il y a tant de pièces qui ont peu de rapport au corps de la place et où les règles ont été souvent altérées, bien loin d’avoir été observées à la rigueur », écrit Vauban dans une lucide auto-critique. Il subsiste un front bastionné complet, bien conservé hormis les parapets et talus reprofilés par les Hollandais

FRONTIERES DU NORD ET DE L’EST du Pas de Calais au Territoire de Belfort

FRONTIERES DU NORD ET DE L’EST du Pas de Calais au Territoire de Belfort

AIRE SUR LA LYS (62) :

AIRE SUR LA LYS (62) : La ville évoquée dès 847 se développe autour du castrum que Baudoin II, comte de Flandre, fait construire vers l’an 900 au confluent de la Lys et du Mardyck pour résister aux invasions normandes. Ce château, dont il ne reste rien, était situé à l’emplacement actuel des places des Béguines et de Saint-Pierre. L’agglomération se développe le long de la route d’Arras à Saint-Omer, qui fait un angle droit au lieu-dit « ad crucem Arie ». En 1059, alors qu’un nouveau château est construit, le comte de Flandre Baudoin V institue un chapitre de chanoines au sein du castrum et ordonne la construction d’une église consacrée à St Pierre. L’église est consacrée en 1166, après plus d’un siècle de travaux ; elle était située au même endroit que l’actuelle collégiale mais était plus petite. Aire devient donc à la fin du XIIe siècle un centre religieux important, avec pas moins de 37 chanoines. Vers l’an 1200, un nouveau château est construit par Baudouin IX. La ville est entourée d’une muraille en pierres blanches, dont le tracé ne changera pas jusqu’en 1893. En 1499, Aire est intégrée aux Pays-Bas bourguignons. Ces derniers font partie des nombreuses terres dont Charles Quint hérite et qui le placent à la tête du plus grand ensemble territorial d’Europe. La transition se fait sans difficulté : le gouvernement français n’a pas bonne presse à Aire et l’empereur confirme dès 1516 les privilèges de la ville. Il est ainsi reçu avec joie à Aire en 1540. La guerre — ininterrompue de 1521 à 1558 — nécessite de renforcer les défenses de la ville. Aire est en effet une pièce maîtresse du système défensif imaginé par l’empereur contre la France : de plus, Aire se trouve à quelques kilomètres seulement de la place forte française de Therouanne. Un système de bastions polygonaux est substitué au système ancien de fortifications. Les premières années du XVIIe siècle correspondent à une période de paix et de grands travaux. Un corps de garde est construit en 1600 grâce à la levée d’un impôt sur la bière et le vin ; l’hôtel de ville est reconstruit à partir de 1625. Le mur d’enceinte est entièrement reconstruit entre 1570 et 1620. En 1635, au cours de la guerre de Trente Ans, la France entre en guerre contre l’Espagne aux côtés des Provinces-Unies. 25 000 hommes commandés par le Maréchal de la Meilleraye assiègent Aire à partir du 19 mai 1641 ; si les pertes sont considérables du côté français, les 2 000 hommes de la garnison d’Aire doivent néanmoins se rendre le 26 juillet. La victoire n’est cependant que de courte durée : la population de la ville est farouchement hostile aux Français et le cardinal-Infant assiège bientôt la ville dont les murailles ont été détruites par l’armée française. Le colonel d’Aigueberre, qui a succédé à Meilleraye, capitule le 7 décembre. Après sept mois de combats, la ville est en ruines et a été désertée par ses habitants. Le fort Saint-François est construit en 1642 pour parer une intervention française. La guerre reprend en 1667. Le maréchal d’Humières, accompagné de 15 000 hommes, de Vauban et de Louvois, assiège Aire en juillet 1676. Pour ne pas répéter les erreurs du passé, l’armée de Schomberg est placée de manière à barrer le passage au général espagnol Villahermosa. Louvois fait bombarder de nuit et cible les maisons bourgeoises : la ville ainsi terrorisée se rend le 31 juillet. Le 29 août 1676, le général François de Calvo est fait gouverneur de la ville et reste en place sa vie durant, jusqu’en 1690. Vauban entreprend ensuite de réorganiser la défense de la ville, en créant de nouvelles casernes et en renforçant les fortifications. En 1701, la guerre frappe à nouveau aux portes d’Aire. Les Hauts-Alliés assiègent la ville en septembre 1710 et celle-ci, défendue par le régiment de Bauffremont-dragons, est remise en novembre aux Hollandais. Elle reste hollandaise jusqu’au traité d’Utrecht le 14 avril 1713 : le 1er juin, à la même heure, la France rend Furnes et les Provinces-Unies Aire. La ville est désormais définitivement rattachée à la France. Les nombreux sièges qu’a connu Aire depuis un siècle ont laissé une ville en ruines : c’est maintenant l’heure de la reconstruction. En 1715, Louis XIV autorise la construction d’un nouvel hôtel de ville. Le bâtiment actuel est achevé en 1721 et le beffroi en 1724. Si des travaux sont menés pour remettre en état les fortifications, leur état reste déplorable et leurs limites inchangées étouffent la ville. À la fin du XVIIIe siècle, le château est en ruines faute d’entretien. Surtout, le pouvoir royal impose la construction d’un canal de jonction entre la Lys et l’Aa. Le port d’Aire, court-circuité par ce canal, est déserté dès l’ouverture de celui-ci en 1771. De plus, une route est ouverte entre Lillers et Saint-Venant, évitant elle aussi Aire. La situation économique à Aire à la fin du XVIIIe siècle est des plus moroses. La ville perd de son intérêt stratégique.

ARRAS  (62) :  

Au confluent des cours d’eau de la Scarpe et du Crinchon, Arras est fondée par les Romains sous le nom de Nemetacum. À la fin du IIIe siècle, pour mieux se défendre des raids germaniques, la ville se replie à l’intérieur d’un castrum rectangulaire. Cette première enceinte urbaine couvre une dizaine d’hectares. Au IXe siècle, les raids normands auxquels Charlemagne doit faire face placent la région en première ligne. La nouvelle agglomération d’Arras se dote de fortifications et devient siège du pouvoir laïc. En 1103 une muraille de pierre blanche y est édifiée par le comte Robert de Jérusalem, la coupant ainsi de l’ancienne cité romaine. Cette dernière, devenue cité épiscopale et berceau du pouvoir religieux, conserve ses murailles antiques. À partir de 1337 et le début de la guerre de Cent ans opposant les Anglo-Flamands à la France, les menaces qui pèsent sur l’Artois obligent à un renforcement des défenses des villes. Vers 1340, la cité épiscopale d’Arras est dotée d’une nouvelle enceinte percée de cinq portes, tandis que les fortifications de l’agglomération sont modernisées. La domination française prend fin en janvier 1493 à la signature du traité de Senlis. La ville est rendue à Maximilien d’Autriche, les enceintes de cette dernière et de la cité sont transformées. Au XVIe siècle, l’Artois et la Flandre sont rattachés aux Pays-Bas et cédés à Charles Quint. Les fortifications se modernisent progressivement. Entre 1505 et 1513, de grands boulevards sont construits devant les portes et de nouveaux flanquements apparaissent. À partir de 1540, les premiers bastions voient le jour. En 1639, les armées françaises pénètrent en Artois et prennent l’avantage. La ville devient une nouvelle place française. La poursuite des hostilités entre la France et l’Espagne nécessite le renforcement des fortifications d’Arras par trois ouvrages détachés dits de Guiche, du Marais et de la porte d’Amiens, ainsi que le retranchement avancé de Baudimont au nord de la cité. Prenant conscience de l’importance stratégique d’Arras, Louis XIV prend la décision d’y faire construire une citadelle. En 1668, Vauban dessine un projet de citadelle, dont le chantier est dirigé par le Vicomte d’Aspremont. Elle adopte la forme d’un pentagone à cinq bastions entourant des bâtiments organisés selon un plan encore radioconcentrique. La citadelle est entourée par des fossés aquatiques et des inondations défensives créées par le détournement du ruisseau du Crinchon. Elle sera raccordée aux fortifications de la ville par deux murs de communication remparés. En 1671, les chantiers de Lille et d’Ath terminés, Vauban reprend en main celui d’Arras et évince le vicomte d’Aspremont. Vauban remanie ses plans et propose la suppression de quelques contregardes et la diminution de certains fossés. De plus, il sélectionne les ouvrages les plus utiles à réaliser. L’ingénieur tire un trait sur l’organisation radioconcentrique initialement prévue et opte pour un plan orthogonal. Le plus gros du chantier est achevé en 1673. Cependant, les bâtiments sont encore en cours de construction et les casernes, les murs de communications avec l’enceinte urbaine, l’esplanade et les lunettes sont réalisées plus tard. L’entrée dans la citadelle s’effectue par la porte Royale, côté ville. Édifiée en 1682, elle présente une façade baroquisante surmontée d’un tympan, sculpté à la gloire du roi. Un second chemin couvert est créé en avant de la place. La citadelle achevée, Vauban rédige un état des fortifications de la ville. Jugées dans un bien mauvais état, il en transforme les dehors en les régularisant et dote le chemin couvert de traverses. Les derniers dehors, des contregardes et des lunettes, sont réalisés entre 1701 et 1711. Au cours du XVIIIème, la citadelle ne fait pas l’objet de grands investissements. Les guerres d’Empire terminées, les travaux de modernisation et de sécurisation de la citadelle sont lancés. Entre 1830 et 1850, les parements de l’enceinte sont restaurés et les profils des parapets modifiés. Le pont de la porte Royale et modernisé : un tablier en brique vient remplacer le pont-levis. Dans un souci d’économie, la fausse-braie est partiellement arasée et transformée en tenaille. Peu utilisée, la porte Dauphine, qui avait été complété par une poterne en 1776 est finalement bouchée. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les courtines de la citadelle sont abattues, les fossés sont comblés, les lunettes de terre sont rasées et la partie supérieure des bastions de la Reine et du Dauphin est arasée, créant ainsi un vaste espace plat. Le 27 mai 1889, le déclassement d’Arras comme place de guerre est officiellement décrété et, dès 1891, le démantèlement de l’enceinte urbaine est engagé et se poursuit pendant cinq ans. En mai 1940, l’armée allemande prend possession de la ville et les soldats sont logés à la citadelle. En 2009, le 601e régiment de Circulation Routière quitte la citadelle, marquant définitivement la fin de son occupation militaire. Propriété de la Communauté Urbaine d’Arras depuis juin 2010, elle fait l’objet d’un programme global de reconversion avec l’objectif d’en faire un nouveau quartier de la ville doté d’une mixité de fonctions. Le site accueille désormais des administrations publiques, une pépinière d’entreprises, un centre de données informatiques, une école de cuisine, des logements, un fromager-affineur et un pôle loisir où se développent des activités ludiques, culturelles et pédagogiques. 

BAPAUME (62) :

Pendant la période gauloise, la ville est située à environ 1 500 m à l’ouest, à proximité immédiate d’une source. Pendant le Haut Empire romain cette ville prospéra pendant près de trois siècles. Les invasions barbares de 255 à 280 environ détruisirent totalement ce premier Bapaume. Sous le Bas-Empire romain, la ville est reconstruite au même endroit par les colons bataves enrôlés en tant que soldats-paysans. Des buttes défensives sont construites tout autour dont une à l’emplacement de l’actuel Bapaume, la route reliant Arras à Saint-Quentin et à Péronne est déviée pour être implantée à proximité de la butte. Pendant les siècles suivants la ville fut dévastée à plusieurs reprises. Sur la butte romaine, les Francs construisirent un château. Le 28 avril 1180 le mariage de Philippe Auguste et de Isabelle de Hainaut fille de Baudoin V est célébré à Bapaume. Le mariage fut célébré par Roger de Rosoy évêque de Laon. En 1191 Bapaume est placé sous la coupe du roi de France. Bapaume passa sous la coupe du comte de Flandres en 1330. Celui-ci fit entreprendre des grands travaux et notamment une muraille d’enceinte et de grands fossés autour de la ville en 1335. Ces fortifications protégèrent les habitants de Bapaume à maintes reprises des affreuses déprédations auxquelles se livrèrent les Anglais dans cette guerre. En 1335, la ville par elle-même fut fortifiée à l’écart du château mais la ville fut prise à maintes reprises, Charles Quint ordonna en 1540 de construire une place fortifiée. Des remparts épais avec des bastions ceinturèrent la ville et le château comprenant. En juillet 1414 le roi de France fit le siège de Bapaume ; la garnison de Jean sans Peur se rendit et Charles VI alla faire le siège d’Arras par la suite. Un traité de paix fut signé le 30 août, Bapaume fut rendu à Jean sans Peur. A la suite du traité de Senlis du 13 mai 1493 conclu entre le roi de France et Maximilien d’Autriche que Bapaume va être sous la domination de la maison d’Autriche et administrée par les gouverneurs des Pays-Bas et des gouverneurs nommés par les rois d’Espagne jusqu’en 1641. La ville fut dévastée par les Français le 15 octobre 1521, rendue à Charles Quint au traité de Madrid, elle fut à nouveau incendiée en 1543 bien qu’entretemps l’empereur eut donné l’ordre de reconstruire le château et les fortifications. Après la destruction en 1521 de la ville de Bapaume et de son château, Charles Quint, sur l’insistance des échevins de la ville fit exécuter d’immenses travaux pour embastionner les tours de l’enceinte et abaisser les murailles suite aux progrès de l’artillerie. L’emplacement des anciennes tours fut transformé en «Cavaliers» pour recevoir de l’artillerie et des moulins à vent. Il semblerait que Charles Quint soit venu visiter les travaux le 25 novembre 1541 et le 14 août 1549. Par le traité de Madrid en janvier 1526, la Ville de Bapaume revient sous la domination espagnole. En 1578 le château et la ville furent réunis en un seul ensemble. Des systèmes défensifs élaborés tels que des rameaux de mines, des galeries de mine furent aménagés. Les habitants de Bapaume obtinrent que les fortifications du château de la ville soit réunies en 1578. La période troublée par des incursions des dévastations dura jusqu’en 1598, année où fut signé le traité de Vervins (le 2 mai). Une ère de paix et de prospérité suivit, malgré une épidémie de peste en 1626, qui se termina en mars 1635 quand Louis XIII déclara la guerre à Philippe IV d’Espagne. Le 18 septembre 1641, Bapaume capitula après le siège de l’armée française. Cette capitulation fut fortement fêtée à Paris car Bapaume était considérée comme une des premières places fortes de l’Artois et de la Flandre. Louis XIII confirma les pouvoirs de la ville en 1642. Il fit conforter les retranchements qui avaient souffert pendant le siège. En 1654 (prise d’Arras par Louis XIV qui à cette occasion passa à Bapaume par deux fois au mois d’août). Le 16 novembre 1659, Bapaume passe définitivement à la France par le traité des Pyrenées. Vauban est en charge de construire 5 casernes. Louis XIV passe encore à Bapaume en 1667. Le 11 mai 1670 il vint passer en revue les troupes stationnées près de la ville; le 7 mai 1673 il passa la nuit au château après avoir inspecté les fortifications. En 1681 Bapaume fut ravagé par un incendie à la suite duquel il fut interdit de construire avec des toits de chaume. En 1723 fut érigée sur la place une statue représentant Louis XV sur un cheval. C’est la première statue du jeune monarque en France. Le 24 juillet 1744 le roi passa à Bapaume vivement acclamé par la population. Il traversa de nouveau la ville le 6 septembre 1745, le 2 mai et le 11 juin 1746, et le 25 septembre 1747. Au XIXe siècle, Bapaume ne fut plus considérée comme une ville fortifiée. En 1847 le démantèlement des fortifications fut donc entrepris. Il fut réalisé par l’Armée dans le cadre de manœuvres et d’expérimentations d’explosifs. Les murs et les bastions furent arasés, les fossés furent comblés. Seuls le donjon et une partie du bastion du Dauphin sont encore visibles.ui à cette occasion passa à Bapaume par deux fois au mois d’août). Le 16 novembre 1659, Bapaume passe définitivement à la France par le traité des Pyrenées. Vauban est en charge de construire 5 casernes. Louis XIV passe encore à Bapaume en 1667. Le 11 mai 1670 il vint passer en revue les troupes stationnées près de la ville; le 7 mai 1673 il passa la nuit au château après avoir inspecté les fortifications. En 1681 Bapaume fut ravagé par un incendie à la suite duquel il fut interdit de construire avec des toits de chaume. En 1723 fut érigée sur la place une statue représentaBAPAUME (62) : Pendant la période gauloise, la ville est située à environ 1 500 m à l’ouest, à proximité immédiate d’une source. Pendant le Haut Empire romain cette ville prospéra pendant près de trois siècles. Les invasions barbares de 255 à 280 environ détruisirent totalement ce premier Bapaume. Sous le Bas-Empire romain, la ville est reconstruite au même endroit par les colons bataves enrôlés en tant que soldats-paysans. Des buttes défensives sont construites tout autour dont une à l’emplacement de l’actuel Bapaume, la route reliant Arras à Saint-Quentin et à Péronne est déviée pour être implantée à proximité de la butte. Pendant les siècles suivants la ville fut dévastée à plusieurs reprises. Sur la butte romaine, les Francs construisirent un château. Le 28 avril 1180 le mariage de Philippe Auguste et de Isabelle de Hainaut fille de Baudoin V est célébré à Bapaume. Le mariage fut célébré par Roger de Rosoy évêque de Laon. En 1191 Bapaume est placé sous la coupe du roi de France. Bapaume passa sous la coupe du comte de Flandres en 1330. Celui-ci fit entreprendre des grands travaux et notamment une muraille d’enceinte et de grands fossés autour de la ville en 1335. Ces fortifications protégèrent les habitants de Bapaume à maintes reprises des affreuses déprédations auxquelles se livrèrent les Anglais dans cette guerre. En 1335, la ville par elle-même fut fortifiée à l’écart du château mais la ville fut prise à maintes reprises, Charles Quint ordonna en 1540 de construire une place fortifiée. Des remparts épais avec des bastions ceinturèrent la ville et le château comprenant. En juillet 1414 le roi de France fit le siège de Bapaume ; la garnison de Jean sans Peur se rendit et Charles VI alla faire le siège d’Arras par la suite. Un traité de paix fut signé le 30 août, Bapaume fut rendu à Jean sans Peur. A la suite du traité de Senlis du 13 mai 1493 conclu entre le roi de France et Maximilien d’Autriche que Bapaume va être sous la domination de la maison d’Autriche et administrée par les gouverneurs des Pays-Bas et des gouverneurs nommés par les rois d’Espagne jusqu’en 1641. La ville fut dévastée par les Français le 15 octobre 1521, rendue à Charles Quint au traité de Madrid, elle fut à nouveau incendiée en 1543 bien qu’entretemps l’empereur eut donné l’ordre de reconstruire le château et les fortifications. Après la destruction en 1521 de la ville de Bapaume et de son château, Charles Quint, sur l’insistance des échevins de la ville fit exécuter d’immenses travaux pour embastionner les tours de l’enceinte et abaisser les murailles suite aux progrès de l’artillerie. L’emplacement des anciennes tours fut transformé en «Cavaliers» pour recevoir de l’artillerie et des moulins à vent. Il semblerait que Charles Quint soit venu visiter les travaux le 25 novembre 1541 et le 14 août 1549. Par le traité de Madrid en janvier 1526, la Ville de Bapaume revient sous la domination espagnole. En 1578 le château et la ville furent réunis en un seul ensemble. Des systèmes défensifs élaborés tels que des rameaux de mines, des galeries de mine furent aménagés. Les habitants de Bapaume obtinrent que les fortifications du château de la ville soit réunies en 1578. La période troublée par des incursions des dévastations dura jusqu’en 1598, année où fut signé le traité de Vervins (le 2 mai). Une ère de paix et de prospérité suivit, malgré une épidémie de peste en 1626, qui se termina en mars 1635 quand Louis XIII déclara la guerre à Philippe IV d’Espagne. Le 18 septembre 1641, Bapaume capitula après le siège de l’armée française. Cette capitulation fut fortement fêtée à Paris car Bapaume était considérée comme une des premières places fortes de l’Artois et de la Flandre. Louis XIII confirma les pouvoirs de la ville en 1642. Il fit conforter les retranchements qui avaient souffert pendant le siège. En 1654 (prise d’Arras par Louis XIV qui à cette occasion passa à Bapaume par deux fois au mois d’août). Le 16 novembre 1659, Bapaume passe définitivement à la France par le traité des Pyrenées. Vauban est en charge de construire 5 casernes. Louis XIV passe encore à Bapaume en 1667. Le 11 mai 1670 il vint passer en revue les troupes stationnées près de la ville; le 7 mai 1673 il passa la nuit au château après avoir inspecté les fortifications. En 1681 Bapaume fut ravagé par un incendie à la suite duquel il fut interdit de construire avec des toits de chaume. En 1723 fut érigée sur la place une statue représentant Louis XV sur un cheval. C’est la première statue du jeune monarque en France. Le 24 juillet 1744 le roi passa à Bapaume vivement acclamé par la population. Il traversa de nouveau la ville le 6 septembre 1745, le 2 mai et le 11 juin 1746, et le 25 septembre 1747. Au XIXe siècle, Bapaume ne fut plus considérée comme une ville fortifiée. En 1847 le démantèlement des fortifications fut donc entrepris. Il fut réalisé par l’Armée dans le cadre de manœuvres et d’expérimentations d’explosifs. Les murs et les bastions furent arasés, les fossés furent comblés. Seuls le donjon et une partie du bastion du Dauphin sont encore visibles.n du Dauphin sont encore visibles.

BETHUNE (62) :

Les premières traces d’habitation remontent au VIe siècle-VIIe siècle. Vers 502, saint Vaast, évêque d’Arras et évangélisateur de l’Artois, fait construire l’église dédiée à la Vierge au bord de la confluence de la Lawe et de la Blanche. La tour Saint-Ignace est une tour d’artillerie datant des XIVe siècle et XVe siècle. Elle faisait partie des fortifications qui protégeaient la ville. Ancien magasin à poudre, sa construction daterait de 1416. Des fortifications en partie détruites à la suite des invasions espagnoles et autrichiennes, il ne reste que cette tour et le bastion de Saint-Pry. Elle sera détruite au XVIe siècle par Charles-Quint lors des travaux de fortification de Catorive : l’empereur fit construire une nouvelle église Saint-Vaast au centre de Béthune, la bâtisse la plus caractéristique de la cité aujourd’hui avec le beffroi. En 970, on trouve la première mention du château. En 1297, Gui de Dampierre, comte de Flandre défie le roi de France, Philippe le Bel. Le roi s’empare des plus fortes places de la Flandre. Les bourgeois de Béthune en profitent pour se révolter contre l’autorité du comte de Flandre et se soumettre au roi de France. En 1500, Béthune est sous la domination espagnole. À partir de l’accession de Charles Quint au trône d’Espagne (1515) Béthune se trouve sous domination des Habsbourg espagnols. À cette époque les autorités renforcent les fortifications de la ville. Le roi catholique ordonne aussi de déplacer l’église de Saint Vaast dans l’enceinte fortifiée et planifie le canal de la Lawe. Béthune connaît à l’époque une expansion importante et un développement de l’industrie textile et du commerce de grain. Dès le XVIème siècle, l’empereur germanique Charles Quint puis Vauban ont achevé de faire de Béthune une véritable forteresse. Des fortifications qui obligèrent la cité à se replier sur elle-même et entraver la modernisation de la ville pendant des siècles.  En 1645, la ville est assiégée par les troupes françaises et doit capituler.BETHUNE (62) : Les premières traces d’habitation remontent au VIe siècle-VIIe siècle. Vers 502, saint Vaast, évêque d’Arras et évangélisateur de l’Artois, fait construire l’église dédiée à la Vierge au bord de la confluence de la Lawe et de la Blanche. La tour Saint-Ignace est une tour d’artillerie datant des XIVe siècle et XVe siècle. Elle faisait partie des fortifications qui protégeaient la ville. Ancien magasin à poudre, sa construction daterait de 1416. Des fortifications en partie détruites à la suite des invasions espagnoles et autrichiennes, il ne reste que cette tour et le bastion de Saint-Pry. Elle sera détruite au XVIe siècle par Charles-Quint lors des travaux de fortification de Catorive : l’empereur fit construire une nouvelle église Saint-Vaast au centre de Béthune, la bâtisse la plus caractéristique de la cité aujourd’hui avec le beffroi. En 970, on trouve la première mention du château. En 1297, Gui de Dampierre, comte de Flandre défie le roi de France, Philippe le Bel. Le roi s’empare des plus fortes places de la Flandre. Les bourgeois de Béthune en profitent pour se révolter contre l’autorité du comte de Flandre et se soumettre au roi de France. En 1500, Béthune est sous la domination espagnole. À partir de l’accession de Charles Quint au trône d’Espagne (1515) Béthune se trouve sous domination des Habsbourg espagnols. À cette époque les autorités renforcent les fortifications de la ville. Le roi catholique ordonne aussi de déplacer l’église de Saint Vaast dans l’enceinte fortifiée et planifie le canal de la Lawe. Béthune connaît à l’époque une expansion importante et un développement de l’industrie textile et du commerce de grain. Dès le XVIème siècle, l’empereur germanique Charles Quint puis Vauban ont achevé de faire de Béthune une véritable forteresse. Des fortifications qui obligèrent la cité à se replier sur elle-même et entraver la modernisation de la ville pendant des siècles. En 1645, la ville est assiégée par les troupes françaises et doit capituler. Louis XIV met fin aux prétentions espagnoles par le traité des Pyrénées (1659) et les remparts de la ville sont renforcés sous la direction de Vauban avec la création de demi-lunes, de contre-gardes et de chemins couverts. Entre 1600 et 1776, des arrêts du conseil et des lettres patentes autorisent ainsi la levée d’un impôt à Béthune sur les fortes bières, pour l’entretien et l’ameublement des casernes. Cette imposition est rapidement élargie à d’autres boissons, mais également aux grains et au tabac. Les dépenses consistent en achats et entretien d’objets de literie, de bancs, de tables, du blanchissage des draps, de l’achat de pelles… et des réparations diverses : pavage de la nouvelle écurie de la caserne Saint-Vaast en 1694-1695, travaux de maçonneries aux cheminées et réparations aux couvertures des casernes en 1706-1707, puis en 1738-1739, entretien des charpentes (1743-1744)… Les dépenses varient en moyenne de 8 000 à 9 000 livres et représentent généralement 90 à 95% des sommes engagées par rapport aux recettes. Certaines années, les recettes ne suffisent plus à couvrir les dépenses comme en 1686-1687,Un mémoire de 1722 fait état du dépérissement des casernes de Béthune. L’armée des Alliés, commandée( par les Néerlandais, assiège la ville en 1710 pendant 35 jours et Béthune est néerlandaise pendant près de trois ans. Au lendemain de la providentielle victoire de Denain et de la paix d’Utrecht, Béthune est remise à l’obéissance du roi de France et le 29 mai 1713, Dupuich-Vauban, neveu de Vauban, pénètre dans la ville à la tête de trois bataillons d’infanterie sous les acclamations de la population. Il faut finalement attendre la fin du 19ème siècle pour que le Maire Charles Dellisse-Engrand ordonne la démolition des remparts. avec la création de demi-lunes, de contre-gardes et de chemins couverts. Entre 1600 et 1776, des arrêts du conseil et des lettres patentes autorisent ainsi la levée d’un impôt à Béthune sur les fortes bières, pour l’entretien et l’ameublement des casernes. Cette imposition est rapidement élargie à d’autres boissons, mais également aux grains et au tabac. Les dépenses consistent en achats et entretien d’objets de literie, de bancs, de tables, du blanchissage des draps, de l’achat de pelles… et des réparations diverses : pavage de la nouvelle écurie de la caserne Saint-Vaast en 1694-1695, travaux de maçonneries aux cheminées et réparations aux couvertures des casernes en 1706-1707, puis en 1738-1739, entretien des charpentes (1743-1744)… Les dépenses varient en moyenne de 8 000 à 9 000 livres et représentent généralement 90 à 95% des sommes engagées par rapport aux recettes. Certaines années, les recettes ne suffisent plus à couvrir les dépenses comme en 1686-1687,Un mémoire de 1722 fait état du dépérissement des casernes de Béthune. L’armée des Alliés, commandée( par les Néerlandais, assiège la ville en 1710 pendant 35 jours et Béthune est néerlandaise pendant près de trois ans. Au lendemain de la providentielle victoire de Denain et de la paix d’Utrecht, Béthune est remise à l’obéissance du roi de France et le 29 mai 1713, Dupuich-Vauban, neveu de Vauban, pénètre dans la ville à la tête de trois bataillons d’infanterie sous les acclamations de la population. Il faut finalement attendre la fin du 19ème siècle pour que le Maire Charles Dellisse-Engrand ordonne la démolition des remparts.

HESDIN (62) :

En 1477, à la suite de la mort de Charles le Téméraire, Hesdin retourna à la couronne française. Le roi Louis XI confirma les privilèges de la ville, par ses lettres patentes9, avant d’y arriver le 3 avril 1477. La ville médiévale se trouvait à l’emplacement de l’actuel Vieil-Hesdin, à cinq kilomètres plus à l’est. L’empereur Charles Quint la fit détruire en 1553, pour faire reconstruire Hesdin quelques années plus tard à son emplacement actuel, sur un terrain situé au centre de la paroisse de Marconne10. Le château d’Hesdin appartint notamment à Mahaut d’Artois, mais il fut rasé quand la ville fut prise par Charles Quint. Ses ruines se trouvent sur une propriété privée. La ville reste sous contrôle espagnol jusqu’à sa prise par les troupes de Louis XIII, commandées par le Maréchal de la Meilleraye, en 1639. Vauban étudie un projet de travaux de fortifications à réaliser en 1713 qui restera sans suite. La ville perd son statut de place forte en 1842 et les fortifications sont rapidement démantelées par les autorités locales. Les travaux seront cependant très lents puisqu’en 1908 de nombreuses sections de remparts sont encore en place. Du côté de la friche Ryssen, près des services techniques municipaux, demeurent un morceau des remparts d’une quinzaine de mètres ainsi qu’un bastion restauré en 2016 par la Municipalité et l’Association CVIPRES.

.

MONTREUIL SUR MER (62) :

MMONTREUIL SUR MER (62) : Montreuil est cité pour la première fois en 898 dans les Annales de Saint-Bertin et de Saint-Vaast. La ville est déjà fortifiée. Au début du XIIIe siècle, Philippe Auguste afin de protéger cette façade maritime de premier plan édifie un puissant château royal dont il reste aujourd’hui des éléments significatifs. En juin 1537, les troupes de Charles Quint et d’Henri VIII mettent le siège au pied de Montreuil. Contrainte de se rendre, la ville est en grande partie détruite. Attesté depuis l’époque carolingienne, Montreuil-sur-Mer est le seul port du domaine royal entre 987 et 1204. La ville, construite sur un promontoire rocheux au dessus de l’estuaire de la Canche, est fortifiée depuis le IXe siècle. Afin de protéger cette ouverture maritime de premier plan, Philippe Auguste, roi de France, y édifie au début du XIIIe siècle un château et reconstruit les remparts urbains qui sont équipés de tours semi-circulaires à archères. Ravagée en 1537 par les armées de Charles Quint, Montreuil-sur-Mer reçoit des fortifications bastionnées sous François Ier. Cette campagne de travaux, qui fait face avec succès à l’assaut anglo-impérial de 1544 et s’achève en 1549, est caractérisée par la mise en place de bastions maniéristes à parement polychrome. Errard de Bar-le-Duc travaille sur les fortifications de Montreuil au début du XVIIe siècle. Le château médiéval est démoli pour faire place à une citadelle en pentagone irrégulier, dotée de cinq bastions et d’une demi-lune sur son unique front urbain. Deux ouvrages à corne sont ajoutés avant Vauban. Le premier est construit en 1605 par Errard de Bar-le-Duc, le second est bâti en 1630 par l’ingénieur Antoine de Ville. Louis XIV confie à Vauban le perfectionnement de cette place entre 1672 et 1681. Il édifie un chemin-couvert autour des fossés. Elle est un éperon sur la rive gauche de la vallée de Canche, ancienne frontière des comtés du Ponthieu et du Boulonnais. Le site fortifié plaçait sous sa protection les infrastructures portuaires de la ville de Montreuil aujourd’hui disparues. Montreuil n’est alors qu’une place arrière du Pré Carré. Remaniées à plusieurs reprises jusqu’à la fin du XIXe siècle, la citadelle est déclassée en 1928 et achetée par la ville en 1929. Durant la Grande Guerre, l’Empire Britannique installe à Montreuil-sur-Mer son Grand Quartier Général entre 1916 et 1919. La citadelle est choisie pour abriter le central de télécommunication vers l’Angleterre et les lignes de front. Les remparts et la citadelle de Montreuil-sur-Mer existent toujours. Ils sont classés au titre des Monument historiques en 1913 et 1926 et sont aujourd’hui accessibles au public. La citadelle abrite le musée Roger-Rodière qui retrace l’histoire de la ville de Montreuil-sur-Mer.l-sur-Mer est le seul port du domaine royal entre 987 et 1204. La ville, construite sur un promontoire rocheux au dessus de l’estuaire de la Canche, est fortifiée depuis le IXe siècle. Afin de protéger cette ouverture maritime de premier plan, Philippe Auguste, roi de France, y édifie au début du XIIIe siècle un château et reconstruit les remparts urbains qui sont équipés de tours semi-circulaires à archères. Ravagée en 1537 par les armées de Charles Quint, Montreuil-sur-Mer reçoit des fortifications bastionnées sous François Ier. Cette campagne de travaux, qui fait face avec succès à l’assaut anglo-impérial de 1544 et s’achève en 1549, est caractérisée par la mise en place de bastions maniéristes à parement polychrome. Errard de Bar-le-Duc travaille sur les fortifications de Montreuil au début du XVIIe siècle. Le château médiéval est démoli pour faire place à une citadelle en pentagone irrégulier, dotée de cinq bastions et d’une demi-lune sur son unique front urbain. Deux ouvrages à corne sont ajoutés avant Vauban. Le premier est construit en 1605 par Errard de Bar-le-Duc, le second est bâti en 1630 par l’ingénieur Antoine de Ville. Louis XIV confie à Vauban le perfectionnement de cette place entre 1672 et 1681. Il édifie un chemin-couvert autour des fossés. Elle est un éperon sur la rive gauche de la vallée de Canche, ancienne frontière des comtés du Ponthieu et du Boulonnais. Le site fortifié plaçait sous sa protection les infrastructures portuaires de la ville de Montreuil aujourd’hui disparues. Montreuil n’est alors qu’une place arrière du Pré Carré. Remaniées à plusieurs reprises jusqu’à la fin du XIXe siècle, la citadelle est déclassée en 1928 et achetée par la ville en 1929. Durant la Grande Guerre, l’Empire Britannique installe à Montreuil-sur-Mer son Grand Quartier Général entre 1916 et 1919. La citadelle est choisie pour abriter le central de télécommunication vers l’Angleterre et les lignes de front. Les remparts et la citadelle de Montreuil-sur-Mer existent toujours. Ils sont classés au titre des Monument historiques en 1913 et 1926 et sont aujourd’hui accessibles au public. La citadelle abrite le musée Roger-Rodière qui retrace l’histoire de la ville de Montreuil-sur-Mer.

SAINT OMER (62) :

Ville d’origine mérovingienne, Saint-Omer est fortifiée à partir de 900, lorsqu’un château et un marché sont installés autour de la collégiale et sont entourés par un rempart de terre et de bois. Cette enceinte est remplacée par une autre, plus large, vers 1200. Initialement en bois et terre, elle est maçonnée à partir de 1338 et dotée de tours. A l’issue de ces renforcements, elle se présente sous la forme d’une enceinte de tracé irrégulier possédant soixante-dix tours, des murs à arcades et des créneaux. Huit portes en permettent l’accès. A partir de 1533, cette enceinte est réadaptée aux exigences de l’artillerie à boulets métalliques : les irrégularités sont supprimées, on ajoute des moineaux derrière le fossé ouest. Le premier bastion est construit sous Philippe II d’Espagne en 1559-1561. Il s’agit du bastion d’Egmont qui remplace le château médiéval en l’enveloppant. En 1577, on installe des plateformes à canons et les murailles sont abaissées et remparées. De 1611 à 1625, sous les Archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, plusieurs autres bastions et demi-lunes complètent les défenses. Certains projets restent sans réalisation faute de moyens, mais ce qui est réalisé permet de repousser un siège français de sept semaines en 1638. Les Espagnols renforcent encore le dispositif défensif en 1666 par la construction du fort Saint-Michel et de nouveaux ouvrages détachés devant le front occidental. En 1677 pendant la Guerre de Hollande, Saint-Omer est assiégée une nouvelle fois par les Français et est prise par le frère dLa villeu roi Louis XIV. A partir de 1678, Vauban complète les remparts de Saint-Omer. Sous sa direction, les ingénieurs Robelin et Richerand transforment le bastion d’Egmont et le château médiéval en ouvrage retranché. Les chemins couverts sont régularisés et dotés de traverses. Le système de défense par inondations est amélioré par la création de la couronne de Maillebois afin de protéger les digues. Tous les fossés entourant la place sont inondés. La place forte de Saint-Omer a été démantelée en 1892. Il n’en subsiste plus que le bastion de Saint-Venant, situé au nord de l’emplacement du bastion retranché d’Egmont (disparu), deux courtines, une demi-lune et les restes d’un ouvrage à corne. Le tout est inséré dans un parc urbain. Dans la ville, il faut aussi mentionner les casernes et l’arsenal, dits Quartier Foch, situés près de la gare. Celui-ci est édifié à partir de 1776 pour les plus anciennes constructions et fermé définitivement en 1999. Tous ces bâtiments sont actuellement en attente de réaffectation. Un parc d’entreprises commence à investir les lieux. Le plan relief construit en 1758 est conservé au Musée des Plans Reliefs à Paris mais n’est pas exposé. Saint-Omer ne présente qu’un intérêt mineur dans l’œuvre de Vauban en tant que place remaniée et surtout disparue.

SAINT VENANT (62) :  

  Les ravages de la Guerre de Cent Ans amenèrent Saint-Venant à être parfois anglaise, parfois française. Elle fut conquise et reconquise par plusieurs Rois de France et Ducs de Bourgogne avant de faire partie du Saint Empire Romain Germanique. En 1520, François Ier fit alliance avec Henri VIII d’Angleterre contre Charles Quint. Cependant, l’Artois passa définitivement sous le règne de Charles Quint, qui fit de Saint-Venant une citadelle militaire. La domination ne dura pas longtemps car en 1639, Louis XIII récupéra l’Artois et la Flandre. Arras tomba aux mains des Français en 1640 et cinq ans plus tard Saint-Venant fit de même avant d’être reprise une année plus tard. Le Maréchal Turenne repris la Ville et suite à la Bataille des Dunes cette même année, la Région redevint française. Sous le règne de Louis XIV, Vauban edifia des fortifications et fit construire un magasin à Poudre en 1669. Il subsiste une partie des anciennes fortifications rue d’Aire, notamment la porte Vauban et l’hospice qio occupe une ancienne caserne de Louis XIV construite en 1670. Le village fut définitivement annexé à la France avec le SAINT VENANT (62) : Les ravages de la Guerre de Cent Ans amenèrent Saint-Venant à être parfois anglaise, parfois française. Elle fut conquise et reconquise par plusieurs Rois de France et Ducs de Bourgogne avant de faire partie du Saint Empire Romain Germanique. En 1520, François Ier fit alliance avec Henri VIII d’Angleterre contre Charles Quint. Cependant, l’Artois passa définitivement sous le règne de Charles Quint, qui fit de Saint-Venant une citadelle militaire. La domination ne dura pas longtemps car en 1639, Louis XIII récupéra l’Artois et la Flandre. Arras tomba aux mains des Français en 1640 et cinq ans plus tard Saint-Venant fit de même avant d’être reprise une année plus tard. Le Maréchal Turenne repris la Ville et suite à la Bataille des Dunes cette même année, la Région redevint française. Sous le règne de Louis XIV, Vauban edifia des fortifications et fit construire un magasin à Poudre en 1669. Il subsiste une partie des anciennes fortifications rue d’Aire, notamment la porte Vauban et l’hospice qio occupe une ancienne caserne de Louis XIV construite en 1670. Le village fut définitivement annexé à la France avec le traité d’Utrecht (1713). Les exécutions, sous la Révolution y furent parmi les plus meurtrières. Saint-Venant devint « Fort Vert » durant la Révolution.

FORT LOUIS  (67) :

Fort-Louis-du-Rhin est l’une des dix villes entièrement créées par Vauban. Elle a été conçue pour disposer d’une garnison et d’un dépôt de matériel et munitions afin d’appuyer la défense des autres places alsaciennes existantes dont Strasbourg située en amont et Philipsbourg située en aval (voir fiches correspondantes). La ville est édifiée sur une île du Rhin, dans un endroit dépourvu de pont ou de passage à gué. Vauban y dessine une ville à trame orthogonale, allongée dans le sens du courant du fleuve et de l’île, entourée d’une enceinte bastionnée complétée de deux ouvrages à corne comportant chacun deux bastions, une demi-lune à réduit et un glacis à places d’armes rentrantes. Dès novembre 1686, quatre bataillons de sapeurs s’installent sur l’île pour entreprendre les premiers travaux préparatoires. Le 6 janvier 1687, Vauban en personne pose la première pierre. Il faudra 10 années de travaux pour achever la construction : déboisements, aménagements de voies d’accès et de ponts, érection de digues et de barrages, construction de murs de briques et de remparts de terre, … La place forte comporte un fort principal, le fort Carré et deux forts secondaires, des têtes de pont en terre alsacienne et badoise, le fort Alsace et le fort Marquisat. En 1698 et 1703, Vauban revient à Fort-Louis pour améliorer la place forte. Cette citadelle est de forme rectangulaire à quatre bastions, quatre demi-lunes et un chemin couvert comportant des places d’armes saillantes et rentrantes. La garnison qui pouvait atteindre jusqu’à 2000 hommes dispose de casernes peu spacieuses, mal équipées, insalubres et d’une chapelle. 10 bâtiments accueillent les hommes de troupe ; la maison du Gouverneur et les bâtiments de l’administration se situent près de l’entrée face à la place d’armes. Faute de place dans le fort Carré, les magasins et entrepôts sont édifiés sur des terrains entre le fort et l’agglomération civile. Devant les remparts, un fossé d’eau en partie naturel, formé par les deux bras du Rhin, protège l’ensemble des fortifications. Les forts d’Alsace et Marquisat sont édifiés sur les rives gauche et droite du fleuve afin de protéger les ponts et portes de la ville neuve. Ils sont flanqués de demi-bastions, d’une demi-lune et d’un réduit triangulaire. Louis XIV accorde des privilèges importants en 1688 afin de pousser les colons à s’installer sur le site, ainsi que des avantages fiscaux. Les rues de la ville sont tracées géométriquement pour des raisons stratégiques. Les habitants de la ville ont pour mission principale d’assurer le ravitaillement de la garnison. En 1697, le traité de Rijswick contraint la France à démanteler l’ouvrage à corne situé sur la rive droite du Rhin. La place forte a été en grande partie détruite après un siège prussien en 1793. L’enceinte et le fort ont été en grande partie démolis au XIXe siècle. Actuellement, il ne subsiste plus que les talus, les fossés et quelques pans de murailles du fort Carré, tous les bâtiments intérieurs ont disparu. De l’enceinte, il ne reste que quelques traces de talus et rangées d’arbres au nord. Les deux bras du Rhin qui entouraient l’île ont été asséchés, le fleuve coule à un kilomètre à l’est de l’agglomération qui n’est plus qu’un village et dont ne subsiste que la trame orthogonale. Fort-Louis-du-Rhin présente un grand intérêt dans l’œuvre de Vauban en tant que ville neuve créée ex-nihilo par l’ingénieur.

SELESTAT (création de la place) (67) :

Ville d’origine carolingienne bâtie sur la rive gauche de l’Ill, affluent du Rhin, Sélestat prend son essor à la fin du XIe siècle, grâce à l’intervention d’Hildegarde de Buren, comtesse d’Eguisheim qui y fait construire une chapelle sur le modèle du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Cette expansion conduit les empereurs germaniques à lui conférer le titre de ville libre en 1217. Suite à cela, la première enceinte est construite. Elle est rebâtie trois fois : d’abord en 1280, puis aux XIVe et XVe siècles. La ville est prise par la France en 1634. En 1673, l’enceinte médiévale est définitivement démolie pendant la Guerre de Hollande. En 1675, le prince de Condé convainc Louvois qu’il faut fortifier Sélestat. Le projet est confié à Jacques Tarade et le gros œuvre commence en 1675. En 1678, la France de Louis XIV acquiert officiellement Sélestat par le traité de Nimègue. Cette même année, Vauban modifie les plans primitifs et supervise les travaux qui sont achevés en 1691. En 1680, Vauban décide de reconstruire Sélestat pour y créer une nouvelle enceinte. L’ingénieur Jacques Tarade dessine les plans et assure le suivi du chantier. La nouvelle enceinte possède huit bastions, six demi-lunes, une contregarde et trois portes. Les fossés sont inondés par les eaux de la rivière. Au XVIIIe siècle, l’enceinte ne subit pas de modification notable. Le seul chantier militaire est celui de l’arsenal de Saint-Hilaire qui est transformé en 1785 sur ordre de Marc-Gaspard Capriol de Saint-Hilaire, commandant d’artillerie de Sélestat. La tour des Sorcières, vestige de l’enceinte du XIIIe siècle, transformée par Tarade en 1675, devient un dépôt d’artillerie en 1774.  En 1874, le démantèlement des fortifications de Sélestat est décidé et exécuté les années suivantes. Il ne reste actuellement des murs d’enceinte successifs qu’une porte du XIIIe siècle, dite la tour des Sorcières, une porte de 1280, dite la tour neuve, deux tours englobées dans des maisons, la porte de Strasbourg de 1675, entrée monumentale à frontons triangulaires et pilastres, et deux bastions encadrant une courtine au sud de la ville. Les deux arsenaux sont conservés.

STRASBOURG  (67) :

Située dans la plaine d’Alsace, sur la rive gauche du Rhin, au niveau de son confluent avec l’Ill et la Bruche, rivières issues des Vosges, Strasbourg apparaît durant l’Antiquité. Un fort construit par les Romains vers 12 av. JC pour ponctuer le Limes de Germanie, nommé Argentoratum, serait à l’origine de l’agglomération. Pillée et rasée par les Alamans, les Germains et les Huns, la ville se reconstitue sous les Francs au VIe siècle, sous le nom de Stratéburgum. Sous les Carolingiens, elle devient une ville importante : les Serments de Strasbourg y sont prononcés par Charles II le Chauve et Louis II le Germanique en 842. Intégrée au royaume carolingien de Germanie, Strasbourg devient une ville clé de l’Empire germanique à partir du Xe siècle. Au XIIe siècle, deux pôles d’occupation ont été individualisés avec la ville ancienne et une ville neuve d’environ 35 hectares délimitée par une enceinte, qui sera par la suite agrandie. Les premiers ouvrages militaires modernes sont réalisés à partir de 1564 par l’ingénieur Daniel Specklin. L’enceinte médiévale reçoit des bastions et des glacis. Strasbourg reste allemande après les traités de Westphalie de 1648. En 1678, le traité de Nimègue oblige le Saint-Empire à céder la ville à la France, mais celle-ci résiste. Il faut un siège conduit par Louis XIV en personne pour que Strasbourg devienne française en 1681. Le 3 octobre 1681, trois jours après la capitulation de la place, Vauban établit un important projet d’amélioration des fortifications de cette place de premier ordre dans la défense de l’Alsace. Il dessine le plan d’une citadelle pentagonale équipée de cinq bastions, cinq demi-lunes, deux ouvrages à corne, des inondations défensives. Elle est dotée de deux portes, au sud-ouest et au sud-est. Une esplanade de superficie importante sépare la citadelle de la vieille ville. Sur l’enceinte urbaine, il améliore les remparts créés par Specklin par l’adjonction d’ouvrages à corne, de contre-gardes et par des ponts-écluses destinés à la mise en place d’inondations défensives. En amont des Ponts-Couverts, Vauban fait établir un ouvrage défensif servant à la fois de pont et de barrage permettant de régulariser l’arrivée d’eau dans les fossés autour de l’enceinte et d’inonder en cas de siège tout le front sud de la forteresse : le barrage Vauban. Cet ouvrage, dont la construction a duré quatre ans est destiné à provoquer l’inondation par devant les remparts. il y fit faire, pour la navigation de la Bruche, des écluses dont l’exécution était si difficile, qu’il n’osa la confier à personne, et la dirigea toujours par lui-même. Des casernes et des hôpitaux militaires sont construits dans la ville. Des ouvrages externes sont ajoutés sur les îles du Rhin dont le fort de Kehl (voir fiche correspondante). L’ingénieur Tarade, directeur des fortifications d’Alsace, dirige les chantiers sur place, appliquant le projet de Vauban, jusqu’au début du XVIIIe siècle. Vauban quitte Strasbourg dès 1681 mais y reviendra à plusieurs reprises pour inspecter le chantier. Au XVIIIe siècle, Louis de Cormontaigne procède à quelques modifications des fortifications. Il détruit notamment les deux ouvrages à cornes de la citadelle, qui sont remplacés par un seul, plus grand et adapté à l’artillerie moderne. Au XIXe siècle, les fortifications de Strasbourg sont modifiées à plusieurs reprises. Si les tracés des remparts urbains et de la citadelle ne sont pas modifiés, leur ampleur est diminuée par une rectification des tracés et une suppression des ouvrages défensifs externes. Les fortifications établies sur les îles du Rhin disparaissent, suite à la canalisation et à la rectification du fleuve qui provoque l’assèchement des bras du fleuve dans la seconde moitié du XIXe. L’ouverture du canal du Rhône au Rhin en 1833 est l’occasion de moderniser le port. La démolition de la fausse braie du canal du Faux-Rempart entre 1831 et 1838 permet la navigation dans un chenal de 30 mètres de large. Les ponts sont reconstruits ou rénovés. Ces modifications sont documentées par le second plan-relief de Strasbourg, réalisé au 1/600e entre 1830 et 1836, et mis à jour entre 1852 et 1863.  Annexée à l’Allemagne en 1871, Strasbourg reçoit de nouveaux chantiers militaires à partir de 1872, sous la direction des généraux prussiens Von Moltke et Von Kameke. Ces chantiers ont pour but de transformer la ville en camp retranché au moyen d’une ceinture de forts périphériques, distants d’une dizaine de kilomètres de l’agglomération et disposés sur un périmètre de 35 kilomètres autour d’elle, de part et d’autre du Rhin. 12 forts sont construits entre 1872 et 1876, puis deux autres entre 1876 et 1882. Cinq ouvrages intermédiaires édifiés entre 1885 et 1890 complètent l’ensemble. L’enceinte urbaine et la citadelle, gravement endommagées par le siège prussien de 1870, ont été rasées sous l’Empire allemand. Des boulevards urbains et de nouveaux quartiers ont repris les emplacements. Il ne subsiste qu’un front de la citadelle, intégré dans un parc urbain. L’hôtel du Gouverneur et un hôpital militaire subsistent également. Pour reconstituer l’étendue de ces fortifications, les meilleurs documents sont les deux plans reliefs cités plus haut. Ils restituent deux états successifs des défenses de la cité alsacienne. Celui de 1725 est conservé à Strasbourg. Saisi par les Prussiens en 1815, il est rendu à la ville par l’empereur allemand Guillaume Ier. Il indique l’état de la place forte au début du règne de Louis XV, avant les modifications réalisées par Louis de Cormontaigne. Quant à celui de 1836, il est conservé au Musée des Plans-Reliefs à Paris.

HUNINGE (68) .

Au Moyen Âge, Huningue est une possession des Habsbourg et est convoité par Bâle. 1648 : Huningue passe des Habsbourg à la couronne de France comme presque toute l’Alsace par le traité de Westphalie. En 1676, Louis XIV décide de faire ériger à Grand-Huningue, une nouvelle petite place forte à vocation défensive dont le projet est confié à Vauban en 1679. Elle permettra de contrôler le gué du Rhin et renforcer la position stratégique de la ville par rapport à Bâle. L’ingénieur Tarade supervise les travaux. La place est inaugurée en 1680 et achevée en 1682. Une ville neuve de plan pentagonal et de trame orthogonale remplace le village médiéval préexistant. L’enceinte comporte cinq bastions à orillons, des tenailles, cinq demi-lunes dont quatre avec traverses et réduits, une contregarde devant le bastion ouest, deux ouvrages à corne devant les bastions nord-ouest et sud-ouest et une redoute au sud. Un canal entoure le pied des glacis et les fossés sont inondés. Pour contrôler le passage du Rhin, une tête de pont est construite sur la rive droite du fleuve. Constituée d’un ouvrage à corne central, ce dernier est flanqué au nord et sud de deux bastions. Le tout est protégé par des fossés inondés et un chemin couvert. Un retranchement en forme d’ouvrage à corne est édifié derrière la tête de pont sur l’île des Cordonniers, au milieu du fleuve. Il permet de disposer de points d’appuis solides pour construire un pont provisoire en cas de guerre. Un pont dormant complète cet ensemble défensif. En 1697, le traité de Ryswick stipule la démolition des ouvrages de la rive droite, de l’île des Cordonniers et du pont. De nouveaux dehors sont édifiés sur la rive droite pendant la Révolution. Il ne subsiste que de rares fragments des fortifications à Huningue. 1795 : Madame Royale, qui devait se rendre à Bâle, passe une nuit dans la ville fortifiée. 1796-1797 : Huningue est assiégé par 20 000 Autrichiens. L’armée du Rhin retranchée sous les ordres du général Abbatucci, qui sera blessé mortellement, tient la forteresse durant trois mois. «  Les têtes de pont de Huningue, de Khell, de Cassel, etc. ont procuré ces grands avantages à l’armée française pendant la dernière guerre. » (Simon François Gay de Vernon, Traité élémentaire d’art militaire et de fortification7) 1814 : le colonel Jean-Hugues Chancel de l’armée napoléonienne retranché à Huningue résista trois mois et demi aux Bavarois. 1815 : Huningue est assiégée pour la troisième fois dès le 26 juin par 20 000 Autrichiens. Le général Barbanègre à la tête d’une garnison de seulement 500 hommes tient la ville durant 2 mois alors que Napoléon avait abdiqué depuis près de 20 jours. À sa reddition le 26 août, la ville n’était plus qu’une ruine. La place fut démantelée à la demande de Bâle. Après un long siège, Huningue capitule le 28 août 1815, et suite au traité de Paris du 20 novembre, la place est démantelée. En 1817, les travaux de déblaiement sont achevés. Huningue reste une ville de garnison jusqu’en 1876 et se convertit ensuite en cité industrielle.  1828 : achèvement du canal de Huningue, qui n’est plus navigable mais qui alimente actuellement en eau le canal du Rhône au Rhin.

BnF.

LANDSKRON (CHATEAU) (68) :

Construit avant 1297, le château, situé à quelques mètres de la frontière avec la Suisse avait une position stratégique très importante, car il permettait le contrôle du Sundgau oriental, du coude du Rhin et de la ville de Bâle. Dès cette époque des rivalités au sujet des droits de propriété sur le château ont été rapportées. Tout comme les châteaux de Ferrette et de Morimont, le château du Landskron passe sous possession des Habsbourg et son histoire se confond avec l’Autriche antérieure. En 1462, le château est donné en bailliage aux seigneurs Reich de Reichenstein qui l’agrandisse et le transforme en forteresse en 1516 afin de l’adapter aux armes à feu. Le 24 octobre 1648, par les traités de Westphalie et de Münster qui mettent fin à la guerre de Trente Ans, les terres et seigneuries des Habsbourg, en Alsace, passent aux mains du Roi de France. Après 1665 Vauban a été chargé de restructurer la forteresse, alors que les autres châteaux-forts alsaciens étaient voués à l’abandon, l’arasement sinon à la destruction, à l’exception des châteaux de Lichtenberg et de Lützelstein. Vauban y effectue d’important travaux de fortification qui y accueille, désormais, une garnison militaire. Deux bastions en étoile côté Sud et des redoutes défensives sur la crête de la colline à l’Est et à l’Ouest sont adjoints au château primitif. Une nouvelle chapelle est également construite. Jusqu’au début du XIXe siècle, la forteresse est tenue par une compagnie d’invalides chargée d’assurer un service de place, c’est-à-dire l’entretien du matériel de guerre, piquets de garde, Concurrencé par les places fortes de Huningue et de Neuf-Brisach, il est également utilisé à partir des années 1690 en tant que prison d’État. Les quelques prisonniers qui y ont été enfermés, jusqu’à la Révolution française, étaient en majorité des prisonniers incarcérés par lettres de cachet et des prisonniers politiques. En décembre 1813, au début de la campagne de France et à la fin des guerres du Premier Empire, le château est détruit par les Autrichiens et les Bavarois à l’exception du donjon qui fut sauvé grâce à l’action du curé de Hagenthal-le-Bas qui réussit à convaincre le général de Wrede, chargé de démanteler la forteresse d’épargner le donjon en témoignage de sa victoire. Toutefois depuis cette date le château du Landskron est en ruine.

NEUF-BRISACH (création de la place) (68) :

 c’est le symbole type du 3ème système de Vauban et c’est l’une des dix villes créées ex-nihilo par Vauban. Son édification a pour objet de compenser la perte de la ville fortifiée de Breisach-am-Rhein, située sur la rive droite du Rhin. Vauban a déjà travaillé dans la région et notamment à la réalisation de l’enceinte et l’extension urbaine de Breisach-am-Rhein (voir fiche correspondante) à partir de 1664. Le traité de Rijswick de 1697 provoque un nouveau bouleversement de l’échiquier politique et une redistribution des alliances et des places fortes. La rive droite du Rhin est perdue et le fleuve devient une frontière militaire et politique entre la France et l’Empire des Habsbourg. Louis XIV est dans l’obligation de rendre Breisach-am-Rhein et de raser à ses frais Saint-Louis-de-Brisach et le fort des Cadets. Désormais, la protection du passage du Rhin et l’entrée de l’Alsace sont sans défense face à d’éventuels envahisseurs. Dès 1698, le roi ordonne à Vauban de visiter les places des frontières de l’est et de reconnaître ce qui peut être construit face à Breisach-am-Rhein. Vauban choisit le site de Neuf-Brisach pour sa proximité avec Breisach-am-Rhein, tout en étant hors de portée. Il soumet trois projets à Louis XIV qui choisit le plus important et le plus coûteux. Celui-ci prévoit la construction ex-nihilo d’une ville fortifiée octogonale, dotée d’une double enceinte : d’abord un rempart de sûreté équipé de courtines et de tours bastionnées à échauguettes, ensuite un rempart de combat composé de bastions détachés, de larges tenailles, de huit demi-lunes dont quatre avec réduits, d’un chemin couvert, et d’un large glacis. Un ouvrage à couronne composé de deux fronts était également prévu devant le front nord-est mais jamais réalisé. L’enceinte est percée de quatre portes dites de Belfort, Colmar, Strasbourg et Bâle. Elles sont pourvues de ponts dormants puis de pont-levis, de voûtes à l’épreuve, de herses et de corps de garde. Sur le plan urbain, Vauban établit des principes simples pour régir l’organisation interne de la ville neuve. Les rues sont percées selon une symétrie parfaite, parallèles et perpendiculaires les unes aux autres. 48 îlots de dix parcelles s’organisent en damier autour de la place d’armes centrale, distincte de la place du marché. Les îlots face à la place d’armes sont destinés à accueillir l’église, la maison du gouverneur, les pavillons du lieutenant du roi et du major et l’hôtel de ville. Les logis d’ingénieurs, d’officiers et les magasins divers sont répartis dans les différents ilots urbains, au milieu de maisons civiles. Les casernes sont placées le long des remparts. Les maisons sont équipées de chambres supplémentaires pour loger des renforts et de caves voûtées pour servir d’abri anti-bombardement. Quatre puits publics sont creusés à chaque angle de la place d’armes centrale, et cinq devant les casernes. Les îlots prévus pour les habitants doivent permettre la construction de 340 maisons à raison de dix maisons par carré et loger 3 500 habitants. Le chantier débute dès 1698 par une série de terrassements. L’ingénieur Tarade, directeur des fortifications d’Alsace, le supervise, secondé par l’entrepreneur Jean-Baptiste de Regemorte. Pour permettre un acheminement rapide et bon marché de pierres, Vauban prévoit le creusement du canal de Rouffach pour permettre l’approvisionnement du grès extrait des carrières des massifs des Vosges. Le chantier est directement impacté par la reprise des combats et la guerre de Succession d’Espagne (1702-1712). Breisach-am-Rhein redevient française et fait perdre à Neuf-Brisach son intérêt stratégique. Les travaux entamés sont menés à terme, mais le reste des crédits prévus au chantier est utilisé pour remettre en état les fortifications de Breisach-am-Rhein. La place imaginée par Vauban n’est jamais complètement achevée. L’ouvrage à couronne projeté qui devait abriter un hôpital et un moulin, ainsi que le canal dérivé du Rhin pour l’actionner ne sont pas exécutés, tout comme les 24 guérites et les trophées d’armes des quatre portes de la place. Les ponts-levis de la porte de Belfort sont remplacés par des ponts dormants en 1722, puis démolis en 1733, empêchant la communication avec l’extérieur. Après 1871, les Prussiens modifient les parapets des tours bastionnées, et les remplacent par une épaisse protection de terre. Chaque tour est équipée d’un abri voûté et trois des huit tours d’une coupole d’observation blindée. Les embrasures ont toutes été refaites. Les ouvrages détachés et la demi-lune au nord ont laissé place à la voie ferrée en 1878. En 1870, Neuf-Brisach doit faire face à un important siège. Les combats font rage et sont lourds de conséquences pour la place : plus de 6 000 obus sont tombés, détruisant les trois quarts des maisons. La ville est reconstruite à plus de 75% en moins de cinq ans. Les Allemands remanient l’enceinte principale après avoir réparé les ouvrages détruits, en particulier la porte de Colmar et de Strasbourg. En 1945, Neuf-Brisach fait à nouveau face à un important bombardement par les Américains, alors même que les Allemands avaient quitté la ville. La place est détruite à 85%. 170 habitations sont à reconstruire sur les 360 que compte la ville tandis que les fortifications sont restées intactes. L’ensemble des fortifications appartient aujourd’hui à la ville et la totalité du territoire est concernée par la protection au titre des Monuments historiques. Depuis 2008, le site est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial au titre des Fortifications de Vauban. Des visites guidées sont régulièrement organisées pour découvrir le site. Le plan relief réalisé au 1/600e, construit en 1706, restauré en 1782 et 1936, est conservé au Musée des Plans Reliefs de Paris. Une copie est visible au musée Vauban de Neuf-Brisach.

Krigsarkivet Stockholm

ABBEVILLE  (80) :

La première mention que l’histoire fasse d’Abbeville, dans la chronique d’Hariulphe19, date de 831. C’était alors une petite île de la Somme, habitée par des pêcheurs qui s’y réfugiaient avec leurs barques et s’y étaient fortifiés contre les invasions barbares venues du Nord. L’abbé Angilbert y aurait fait bâtir un château pour défendre cette île qui dépendait de l’abbaye de Saint-Riquier. En 992, Hugues Capet fait fortifier la ville et la donne à sa fille, Gisèle, lors de son mariage avec Hugues Ier comte de Ponthieu qui résidait alors à Montreuil. Durant une longue période la ville est au gré de l’histoire tantôt anglaise, tantôt française. Le traité de Brétigny en 1360 la laisse anglaise. En 1435, la ville est cédée à Philippe le Bon par le traité d’Arras. Louis XI rachète Abbeville au duc de Bourgogne en 1463 et visite la ville le 27 septembre de la même année. En décembre, par ses lettres patentes, il confirme les privilèges de la ville, attachés par ses prédécesseurs, mais en 1465, Charles le Téméraire revient sur cette cession en prenant la tête de la Ligue du Bien public.  Louis XI échoue devant Abbeville en 1471, mais recouvre toute la Picardie à la mort du duc de Bourgogne en 1477. François Ier poursuit le programme de renforcement de l’enceinte commencé par Louis XI mais c’est son fils Henri II qui fait bâtir les premiers ouvrages modernes. Le bastion de Longueville, appelé aussi des Quatre Coins, est édifié sous son règne entre 1551 et 1559. Le maréchal de Retz ajoute une demi-lune et la courtine de Mail en 1585, à l’initiative de Charles IX. Entre 1596 et 1600, Henri IV fait bâtir les boulevards des portes de Saint-Gilles, Macardé et Bois. La porte de Macardé est avancée et refaite à la moderne tandis que les autres fortifications sont consolidées une nouvelle fois. Deux bastions sont édifiés sous son règne (Saint-Paul et Rambures), tandis que celui de Longueville est modifié. Ces chantiers sont inachevés à sa mort en 1610. Le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, visite le site le 29 octobre 1636 et ordonne la construction de contrescarpes, de glacis et d’une demi-lune entre les portes de Saint-Gilles et Bois. Les chantiers d’Henri IV sont terminés à l’époque et deux bastions supplémentaires (ceux du Château et de Macardé) sont édifiés à l’époque. Une autre demi-lune est bâtie devant la porte de Bois (celle de Noyers) et un ouvrage à corne, dit Champ de Mars, complète les défenses au nord. Toutefois, le recul progressif de la frontière avec les Pays-Bas à partir de 1635 et jusqu’en 1697 rétrograde progressivement Abbeville de la première à la troisième voire à la quatrième ligne de défense. En 1656, 6 000 soldats, qui avaient participé à révolution d’Angleterre débarquent en France et prennent leurs quartiers à Abbeville qu’ils quitteront pour aller renforcer l’armée de Turenne en route pour Valenciennes. Peu de temps après, Balthazard Fargues vendit la place à Don Juan d’Autriche et après avoir touché le prix, il refusa de la lui livrer, leva des troupes pour son compte et se répandit dans le Ponthieu pour rançonner les habitants. Finalement arrêté il fut jugé et pendu sur la place Saint-Pierre le 17 mars 1665. En 1657, Louis XIV vint deux fois à Abbeville avec sa mère, Anne d’Autriche. Dans un rapport daté de 1688, Vauban nous déclare que les fortifications d’Abbeville sont en ruines et que la ville ne possède pas d’écluse défensive. Pour améliorer les défenses, il ajoute un ouvrage à couronne doté de deux demi-lunes et d’un réduit au nord, édifie des souterrains sur la partie est de l’enceinte, fait planter des ormes pour stabiliser les talus entre les portes Saint-Gilles et de Bois et installe un système d’inondations défensives. Pour le reste, il fait restaurer les ouvrages dégradés et préconise d’installer un important contingent de cavalerie dans la place pour renforcer la garnison. Cette dernière suggestion s’appuie sur l’abondance de prairies fourragères dans la région, lesquelles permettront de nourrir les chevaux. Le XVIIIe siècle ne modifie pas les fortifications d’Abbeville. Les seuls ouvrages neufs sont un corps de garde situé rue des Capucins et une grande caserne avec écuries près de la porte Saint-Gilles (édifiés en 1780). Un rapport du Génie français de la Première République daté de 1793, mentionne que les fortifications sont en ruines et qu’une souscription populaire doublée d’une conscription sont nécessaires pour leur remise en état. Cette remise en état se déroule entre 1794 et 1812, période durant laquelle est construite la contregarde du bastion de Rambure.

HAM (80)  :

C’est à Odon IV, Seigneur de Ham, que l’on doit, en 1216, qui reprend un ancien fort préexistant, procède à  l’élévation des premiers remparts de pierre ainsi que la forme générale du château. Son architecture va évoluer au XVéme siècle avec le règne de la puissante famille de Luxembourg :. Il fut restauré par Odon IV au XIIIe siècle, puis au XVe siècle par Jean II de Luxembourg-Ligny. Le neveu de ce dernier, Louis de Luxembourg-Saint-Pol, plus connu sous le nom de connétable de Saint-Pol, comte de Saint-Pol et connétable de Louis XI en 1465, fait construire en 1441 un donjon monumental, la grosse tour ou « tour du connétable ». Le château de Ham a été assiégé, à plusieurs reprises, en particulier par Philippe II d’Espagne en 1557. Rattaché à la couronne de France sous le règne d’Henri IV, il fut l’objet de transformations à la fin du XVIIe siècle par Vauban qui réalise une demi lune pour accéder au fort ainsi qu’un ravelin sur la drive gauche du canal de la Somme dont le creusement a asséché les fossés du château. Comme le château de Coucy, le fort est dynamité par les Allemands, le 19 mars 1917. Il ne reste aujourd’hui du bel édifice que des ruines pittoresques dominant le cours paisible du canal de la Somme.

Topographia Galliae

PERONNE (80)  :

Péronne existe très probablement dès l’époque mérovingienne sous forme d’un castrum protégé par une simple palissade de bois. Péronne, avec sa situation particulière au cœur du fleuve Somme, va être pillée en bonne et due forme. Pour la défendre, Herbert Ier dote alors la ville de sa première vraie fortification en grès, dont l’emplacement est encore visible aujourd’hui en son centre. C’est à Philippe-Auguste également que l’on doit la construction du château fort vers 1204, sur un modèle typique de l’architecture philippienne. En 1536, Henri III de Nassau-Breda commandant l’armée de Charles Quint assiège la ville du 14 août au 11 septembre. Malgré d’incessants bombardements et plusieurs assauts, la ville tient bon. Cet épisode glorieux de son histoire vaut à Péronne plusieurs privilèges de la part du roi François Ier, notamment celui de porter un « P » couronné sur son blason. Du siège de 1536 est née l’héroïne péronnaise Marie Fouré ou Catherine de Poix dont les actions et l’existence même sont encore aujourd’hui débattues par les historiens locaux. Par le traité de Péronne du 14 septembre 1641, la principauté de Monaco se détache du protectorat espagnol pour se placer dans la mouvance de la Couronne de France. Pendant près d’un mois de séjour à Péronne, Louis XIII et le cardinal de Richelieu ont le temps de formaliser ces accords avec Honoré II Grimaldi de Monaco. Le traité de Péronne du 19 septembre 1641, signé entre le roi de France et les institutions catalanes reconnaît Louis XIII, qui s’engage à respecter les libertés catalanes, comme comte de Catalogne. Pendant plusieurs siècles, Péronne est intimement liée à l’Histoire de France en tant que ville frontière sur la Somme, et donc place stratégique pour les monarques. La porte de Paris fut reconstruite au frais du roi à partir du 25 juillet 1652. Après la victoire des partisans du roi sur Condé révolté, Mazarin rappelé par le roi passa de nouveau par Péronne en février 1653. En 1654, Condé allié à l’archiduc Léopold, gouverneur des Pays-Bas espagnols, fit le siège d’Arras. Louis XIV et sa cour séjournèrent à Péronne du 13 août au 2 septembre 1654. En 1656, Louis XIV remercie les Péronnais pour leur soutien durant la Fronde en leur offrant leur devise Urbs Nescia Vinci, qui apparaît pour la première fois sur des jetons frappés en or, en bronze et en argent, sur ordre du roi, par la Monnaie de Paris. Vauban établit un projet de fortification de la place.  Le 26 juin 1815, après une timide résistance, la garnison de Péronne se rend au général Wellington.

 

 

BELFORT  (création de la place, 2ème système) (90) :

Ville médiévale, limitée à l’origine à la rive droite de la Savoureuse, Belfort se développe autour d’un château fort gardant la trouée de Belfort, entre le Jura et le front sud des Vosges. Cet ouvrage est modernisé plusieurs fois jusqu’au rattachement de la ville à la France en 1648 suite à la signature des traités de Westphalie. Ainsi, un ouvrage à couronne est créé entre 1637 et 1648 pour renforcer le donjon central. Vauban intervient à Belfort en 1675 et procède à une modernisation de l’enceinte. S’incluant dans la dynamique des évolutions post médiévales de l’art de la fortification, Vauban, souhaitant diminuer les pertes humaines, révolutionne les arts de la poliorcétique et de la fortification. Trois systèmes de fortification peuvent être déduits à partir des ouvrages réalisés par Vauban. Cependant, il cherche avant tout à s’adapter au terrain. À partir de 1687, il remanie en profondeur le château et l’enceinte qu’il dote de cinq tours bastionnées avec contre-gardes. Il modifie ainsi le tracé qui devient pentagonale, légèrement irrégulier au niveau du château transformé en citadelle. Le projet de fortification de Belfort proposé en 1687, à la suite de la formation de la ligue d’Augsbourg, selon son second système théorique. Ce système est fondé sur la séparation des zones de tir lointain et rapproché en deux enceintes concentriques. L’enceinte extérieure est composée de bastions fortifiés détachés ayant vue sur le terrain. L’enceinte intérieure est dédiée au combat rapproché. Cette enceinte intérieure est formée, des tours 27, 41 et 46. Vauban adapte le terrain en déplaçant la rivière Savoureuse et s’adapte au terrain en avançant un ouvrage de protection face à la Miotte -il s’agit de la corne de l’Espérance- et un autre sur les glacis du château. Cette régularisation de tracé s’accompagne d’un agrandissement du périmètre de l’enceinte urbaine qui inclut dorénavant plusieurs hectares de terrains situés sur la rive gauche de la Savoureuse. Il détourne le cours de la rivière qui traversait la ville, de façon à utiliser son nouveau lit comme défense hydraulique sur le flanc ouest. Seul un chenal coule encore dans la ville. Il construit des casernes le long des courtines et régularise les tracés urbains anciens. Les maisons sont réalisées selon des normes urbanistiques adoptant toutes les mêmes dimensions. La nouvelle trame urbaine est orthogonale. Commencés dès 1687, les chantiers se poursuivent durant les années 1690 et sont plusieurs fois interrompus par manque de main d’œuvre. Ils s’achèvent vers 1703. De nouveaux travaux sont conduits à partir de 1816, après les sièges prussiens de 1813 et 1815. Ces renforcements s’accomplissent également dans le but de remplacer Huningue détruite. Le général Haxo remanie complètement la citadelle de 1818 à 1826. Elle est alors équipée d’un cavalier casematé de 120 mètres, se développant vers l’est et le nord. L’arrivée de Pierre Philippe Denfert-Rochereau à Belfort modifie peu la citadelle mais voit la construction du fort des Barres protégeant l’accès du chemin de fer et des redoutes des Hautes et Basses Perches. La dernière étape dans l’histoire de la fortification de la citadelle de Belfort fait suite au départ des forces prussiennes en 1873 et est l’œuvre du général Séré de Rivières. Celui-ci ne modifie pas la citadelle mais fortement le réseau des forts protégeant Belfort et la Trouée. Après le siège prussien de 1871, la citadelle est restaurée, une ceinture de forts périphériques est édifiée par Séré de Rivières. La moitié est des remparts subsiste encore : trois tours bastionnées, la porte de Brisach et sa demi-lune, l’ouvrage à couronne et les fossés de l’est, le fort et la caserne du château et l’Hôtel du Gouverneur. Ces vestiges sont protégés au titre des Monuments historiques depuis le début du XXe siècle. Ils se visitent librement ou dans le cadre de visites guidées. La citadelle abrite le musée d’histoire de la ville de Belfort dans l’ancienne caserne Haxo. Les souterrains du fort sont également visitables sur rendez-vous. Pour documenter les parties manquantes des remparts, il faut examiner le plan relief de 1755 réalisé au 1/600e, mis à jour en 1818 et conservé au musée des Plans-Reliefs à Paris.

Gallica BnF.

VOYAGE D’ETUDES A MALTE

Le voyage d’étude de l’Association se déroulera à Malte du mercredi 2 au dimanche 6 Octobre nous permettant ainsi  de profiter du climat méditerranéen.

Au programme La Valette avec de nombreuses visites, cathédrale St John, Palais des Grands Maîtres, forts et musées (souvent récemment modernisés) , Musée maritime et fort San Angelo

Excursion à Rabat/Mdina avant de voir les trois forts des Victoria Lines.

Une journée sera consacrée à l’île de Gozo avec le site archéologique de Ggantija (=les géants) avec déjeuner sur place puis son fort principal Victoria

Le dernier jour sera consacré à une  excursion « maritime » en bateau traditionnel  pour apprécier depuis la mer le site portuaire de La Valette puis le fort Manoël

Plus d’informations , programme complet et conditions d’inscriptions

bulletin d’inscription

 

 

FRONTIERES DU NORD ET DE L’EST -MOSELLE -NORD

FRONTIERES DU NORD ET DE L’EST -MOSELLE -NORD

BITCHE (57) :

Construite à l’emplacement d’un château médiéval ruiné à plusieurs reprises au cours de la guerre de Trente Ans, Mentionnée au XVIe siècle comme une palissade, l’enceinte de la ville de Bitche est construite en 1563 par le comte de Deux-Ponts-Bitche. Durant l’hiver 1673-1674, Turenne prend ses quartiers d’hiver dans le Palatinat et vient visiter Bitche. Impressionné par l’importance stratégique du site, il finit par convaincre Louis XIV de fortifier ce point et en 1679, le roi charge Vauban qui engage son collaborateur Thomas de Choisy. Les travaux ont lieu de 1683 à 1697 et coûtent à la France 2 500 000 livres d’or, une somme énorme pour l’époque. En octobre 1679, Thomas de Choisy réalise un premier projet de citadelle, approuvé par Vauban en date du 4 novembre. Le chantier commence après l’annexion officielle de Bitche par la France en 1680. Le gros œuvre de l’enceinte urbaine est réalisé de 1681 à 1687. Pour la citadelle, quatre bastions sont érigés le long du plateau central du rocher. Vauban fait découper le rocher en trois parties bien distinctes, séparées par deux gorges profondes. Grâce à une série de bastions, à un réseau de souterrains, à un chemin couvert, à des bâtiments militaires très modernes et à un armement puissant, la forteresse est considérée comme imprenable. Au sud-ouest, on édifie une demi-lune, dite Petite Tête. Au nord-est, c’est un ouvrage à corne, dit Grosse Tête, qui est construit. Au pied du rocher, deux tenailles et un chemin couvert assurent la défense avancée, tandis que l’intérieur du rocher est percé de souterrains servant à l’abri de la garnison et au stockage des éléments indispensables à celle-ci. Parallèlement, une opération immobilière est menée pour augmenter le nombre d’habitants et faire de Bitche une véritable ville. La petite place fortifiée de Bitche occupera alors dans le complexe système des fortifications du nord-est du royaume de France une place essentielle. Cette première citadelle n’aura qu’une existence très courte puisqu’elle est détruite par les Français en 1697, à la rétrocession de Bitche au Saint-Empire, démolition achevée en 1698, en application du traité de Rijswick. qui cède la ville de Bitche à Léopold Ier, duc de Lorraine. Les nouvelles fortifications doivent être rasées et un régiment originaire des Flandres se charge de cette besogne de l’automne 1697 à l’été 1698. En 1701 éclate la guerre de Succession d’Espagne et, une nouvelle fois, une garnison française vient occuper Bitche. Les soldats s’efforcent aussitôt de reconstruire les fortifications construites par Vauban et rasées peu de temps avant. Le site reste dépourvu de fortification jusqu’en 1737, année de la reconquête française de Bitche par les armées de Louis XV. Aussitôt, la reconstruction de la citadelle est confiée à Louis de Cormontaigne (1695-1752), l’héritier de la pensée de Vauban. Le chantier de la nouvelle citadelle, surveillé par le comte de Bombelle, est achevé pour l’essentiel en 1754. Elle se présente sous la forme d’une forteresse allongée constituée de deux fronts bastionnés reliés par des murailles. Une enceinte de trois kilomètres entoure la ville, incluant un fort voisin, le fort Saint-Sébastien. Ce dispositif est complété aux abords de la ville par un vaste camp militaire, prévu pour 3500 soldats et construit par les Allemands à partir de 1900. De 1929 à 1938, sous la Troisième République, le Simserhof est édifié à quatre kilomètres au nord de la ville. C’est l’un des plus vastes ouvrages de la Ligne Maginot, prévu pour près de 1 000 soldats.

Krigsarkivet Stockholm

MARSAL (57)  :

Ville d’origine romaine, Marsal reçoit ses premiers remparts au XIIIe siècle, en tant que place forte pour le contrôle des salines de la région. Après avoir été propriété des évêques de Metz, la ville passe sous le contrôle du Duché de Lorraine. C’est à cette époque qu’elle reçoit ses premiers ouvrages modernes réalisés par Jean-Baptiste Stabili et l’entrepreneur lorrain du nom de Marchal. Une enceinte à sept bastions entoure alors le bourg. L’hôtel du Gouverneur, l’hospice et la place d’armes sont édifiés de 1625 à 1650. Disputée par le royaume de France et le Duché de Lorraine, elle est cédée par le duc de Lorraine à Louis XIV en 1662. Le monarque cherche à renforcer la liaison avec Metz et l’Alsace. Vauban élabore un premier projet pour Marsal en 1663, reprenant le tracé des anciennes fortifications. La porte de France est entièrement rénovée entre 1670 et 1676. Quatre casernes prévues pour loger 1400 soldats sont mises en chantier en 1669 mais ne sont finies qu’en 1705, après avoir subi une réduction de leur capacité de logement, motivée par l’installation du four à pain, de la boucherie militaire et des magasins à vivre. Ce complexe est complété par 12 écuries pouvant accueillir 288 chevaux. Faute de puits aux vues de la présence de nappes d’eaux saumâtres, une canalisation est percée pour alimenter la ville en eau potable. Des citernes sont construites pour le stockage. Un complexe d’inondations défensives alimentées par la rivière de la Seille est mis en place. Un réseau de batardeaux permet d’éviter l’envasement des terrains, déjà marécageux, lorsque l’inondation n’est pas tendue. Marsal perd ses fortifications en 1689 au début de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg, en même temps que Stenay et Toul. Vauban est chargé de reconstruire les remparts durant cette même guerre, à partir de 1695. Une caserne supplémentaire est édifiée près d’une poterne réalisée par Vauban. À la mort du duc Stanislas en 1766, la Lorraine devient française et Marsal perdit son intérêt stratégique de place frontalière. Mais la chute de Napoléon et la perte de la Sarre changent la position de Marsal. Les fortifications sont restaurées en 1816. La Maison du Gouverneur est reconstruite et un arsenal et deux forts détachés sont édifiés : le fort d’Orléans et le fort d’Haraucourt. La place forte a été partiellement démantelée après la Guerre franco-prussienne. Les fossés et les inondations défensives ont disparu mais les terres pleins des remparts subsistent, de même que la porte de France qui accueille le Musée départemental du sel. Dans la place, trois des quatre casernes de la porte de France subsistent, de même que la caserne de la poterne. L’arsenal de 1848 existe toujours. Les casernes subsistantes ont été transformées en logements locatifs ou bâtiments agricoles. Le plan-relief de 1839 réalisé au 1/600e, mis à jour en 1860, est conservé au Musée des Plans-Reliefs à Paris.

METZ (57)  :

Agglomération d’origine celte, Metz devient une des plus importantes villes gallo-romaines. Ruinée par les Huns en 451, elle devient la capitale du royaume franc d’Austrasie. Alors que Metz est devenue ville impériale au Moyen Âge et berceau des Carolingiens, elle s’entoure de deux enceintes aux XIIIe et XVe siècles. Après son rattachement à la France en 1552, Metz se couvre de casernes et accueille une garnison nombreuse. La citadelle, ouvrage quadrangulaire à quatre bastions est construite de 1554 à 1569. Elle comprend alors un hôtel du Gouverneur et un magasin aux vivres.  En 1673, Vauban est chargé par Colbert d’améliorer le système défensif de la ville. Il élabore un projet un an plus tard, reconnaissant le grand intérêt stratégique de la place forte et délègue l’ingénieur Niquet pour l’exécuter. Les chantiers démarrent en 1676 mais le programme de constructions militaires n’est pas achevé sous Louis XIV. Les chantiers consistent en une modernisation des remparts urbains et de la citadelle. Tous les bastions de la citadelle sont dotés de flancs bas voûtés. La contre-garde est reconstruite. Les remparts de la Chambière et de la citadelle sont précédés de sept demi-lunes et d’ouvrages à corne. Un rempart supplémentaire est construit sur la hauteur de Bellecroix et permet ainsi la création d’un espace de rassemblement pour 15 000 hommes. Des défenses hydrauliques doivent être ajoutées par le creusement de deux bassins artificiels, de batardeaux et d’écluses, telle celle des Arènes. Les ouvrages de l’enceinte seront achevés par Cormontaigne, lors du règne de Louis XV. Les fronts orientaux et septentrionaux remplacent les remparts médiévaux. L’empreinte défensive gagne du terrain avec le déploiement des premiers ouvrages détachés. Le fort de Bellecroix et la double couronne sont édifiés dans la première moitié du XVIIIe siècle. La caserne de la Chambrière est bâtie de 1732 à 1747 et la redoute bastionnée de la Seille est achevée en 1737. Cormontaigne travaille sur les fortifications de Metz entre 1728 et 1749 et il y applique sa propre méthode de fortification, tout en poursuivant les projets de Vauban et de Niquet. À la même époque, l’évêque de Metz, Henri de Cambout de Coislin fait édifier une caserne à quatre corps sur le lieu-dit du Champ de Seille, réalisée au frais de la ville. Pendant la Révolution, la citadelle est détruite, à l’exception du magasin aux vivres. Au XIXe siècle, Metz fait l’objet d’un vaste projet de modernisation de ses fortifications. Une nouvelle ceinture fortifiée s’ébauche en 1867-1868 avec la réalisation de grands ouvrages détachés. Au début de la guerre franco-prussienne de 1870, la ceinture n’est pas achevée. Toutefois, celle-ci reste marquée par les défaites françaises et le siège de Metz. L’annexion de Metz et de la Moselle par l’Empire allemand renforce les déploiements militaires dans et surtout autour de Metz. La ville est alors transformée en un vaste camp retranché, faisant de Metz le rempart de l’Empire. La ceinture de forts débutée sous le Second empire est achevée et en 1899, la construction d’une seconde ligne de fortifications débute, permettant de relier les places de Metz et Thionville et protégeant ainsi la vallée de la Moselle. Entre 1877 et 1905, 17 grands quartiers de casernes d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie et de génie se construisent. Les remparts urbains et la citadelle de Metz ont été démolis aux XIXe et XXe siècles pour faire place à des boulevards urbains et une gare. Il n’en subsiste que le fort de Bellecroix à l’est, ainsi que les casernes qui en sont proches, des fragments de remparts subsistent au nord, la caserne Chambière, l’arsenal, l’hôpital militaire, et la place d’armes avec ses bâtiments. De la citadelle, le magasin aux vivres existe encore. Occupé par l’armée jusqu’en 1970, il a été transformé en hôtel de luxe et restaurant gastronomique. Le plan relief construit entre 1821 et 1825, mis à jour en 1879 et 1919 est conservé au Musée des Plans-Reliefs de Paris.

METZ-1732-Krigsarkivet-Stocholm
Phalsbourg-1734-Krigsarkivet-Stockholm.

PHALSBOURG (57) :

Ville neuve, Phalsbourg est fondée entre 1568 et 1570 par le comte palatin du Rhin Georges-Jean de Veldenz. Cette place forte s’organise autour d’un plan orthogonal avec une place d’armes centrale dotée d’un puits. En 1584, la ville est vendue au duc de Lorraine Charles III puis durement sinistrée pendant la guerre de Trente ans. Le traité de Vincennes signé en 1661 rend Phalsbourg à la France. En 1679, Vauban visite Phalsbourg en compagnie de Louvois, ministre de la Guerre de Louis XIV. Louis XIV, sur les conseils de Vauban  décide de faire bâtir à Phalsbourg  » une bonne place de guerre  qui ne sera point d’une trop grande étendue pour occuper tous les terrains nécessaires à pouvoir contenir une assez grosse garnison et tout ce qui sera besoin à son entretien  » Et Vauban de poursuivre, dans son mémoire du 25 juillet 1679 :  » D’ailleurs l’air y est très bon, les paysages merveilleux, la chasse et la facilité de se chauffe r telle qu’il n’y a peut-être pas un endroit dans le Royaume où elle soit si grande. À l ‘égard de son importance elle forme l’une des principales entrées de la Lorraine aux Allemands, nous assure la communication en Alsace par le passage le plus fréquenté et le plus commode de tous, et tient tous les pays qui sont derrière soi en sûreté .  » Vauban reprend à son compte le projet de George Jean qui voulait faire de Phalsbourg  » ein Schlüssel zwischen Frankreich und dem Elsaß  »  et voici que le destin de la nouvelle forteresse est de défendre la France, ce dont elle s’acquittera de glorieuse façon au XIXe siècle. Il élabore aussitôt un projet mis en œuvre dès 1680 avec la construction d’une enceinte totalement neuve, de forme hexagonale. Elle comporte six bastions à orillons, six demi-lunes, des fossés secs, un chemin couvert à traverses et des places d’armes. Deux casernes sont construites au nord et au sud le long des remparts à proximité des portes de France et d’Allemagne. D’autres bâtiments militaires sont installés dans les bastions ouest et est. La trame des rues subit de légers ajustements pour mieux correspondre au tracé de l’enceinte. L’enceinte a été démolie par les Allemands après 1870. Il n’en subsiste que les deux fronts orientaux, les bastions du Dauphin et du château (le premier inclut un magasin à poudre et le second le château ancien), les deux portes, le corps de garde central transformé en mairie, une caserne appelée caserne Lobau et le château d’Einhartzhausen, ancien siège du fondateur. Les remparts ont été transformés en parc urbain. Les portes de France et d’Allemagne ont été classées au titre des Monuments historiques en 1927. Phalsbourg est l’une des villes neuves conçues par Vauban à partir d’une agglomération préexistante.

THIONVILLE (57)  :

Située dans un coude de la Moselle, Thionville apparaît pour la première fois dans une chronique relatant le passage de Pépin le Bref. À partir du Xe siècle, Thionville entre dans l’Empire Germanique puis devient un fief des comtes de Luxembourg au début du XIe siècle. Ces derniers décident d’y ériger un château doté d’un puissant donjon, la tour aux Puces. La ville est également mise en défense par l’édification d’une enceinte fortifiée constituée de hauts parements en pierre et maçonnerie. Le duc de Bourgogne Philippe le Bon conquiert la ville en 1443. Les fortifications sont restaurées. Le ruisseau du Fench est utilisé pour inonder les douves, tandis que les défenses de la rive gauche de la Moselle s’appuient sur la rivière. Bourguignonne à partir de 1461, dans le cadre des 17 provinces des Pays-Bas, la ville appartient à la maison des Habsbourg en 1477, avant d’être intégrée à l’empire de Charles Quint. Les premières adaptations à l’artillerie à boulets métalliques sont ordonnées par Charles Quint. Des boulevards d’artillerie sont édifiés sur les remparts qui perdent leurs créneaux et sont talutés, des plateformes plus larges sont ajoutées sur les tours. Ces nouvelles défenses n’empêchent pas une première conquête française par les armées d’Henri II en 1558. Philippe II d’Espagne ordonne en 1559 la transformation des défenses de Thionville, après que la ville lui ait été rendue grâce au traité de Cateau-Cambrésis. L’Espagne envisage alors le premier projet de fortification moderne confié à l’ingénieur Jacques Van Noyen. Menés de 1593 à 1607, les travaux donnent naissance à un hexagone irrégulier dont les points forts sont le bastion de Metz, cinq demi-lunes et un ouvrage à cornes. Assiégée en 1643 par le duc d’Enghien, la ville est conquise par la France. La conquête est entérinée par le traité des Pyrénées en 1659. Vauban intervient à Thionville entre 1673 et 1693. Il réorganise les défenses de la ville sur la rive gauche et complète l’ensemble par la mise en place d’un système de lunettes, glacis, tenailles et contre-gardes. Vauban est le premier ingénieur à étendre les fortifications de Thionville sur la rive droite de la Moselle. Pour cela, il fait construire le premier pont de pierres et ajoute un ouvrage à corne flanqué de deux lunettes de l’autre côté. Le capitaine suisse Rodolphe Salzgueber, membre des gardes étrangères, supervise les chantiers sur place. En 1677, Vauban préconise d’élargir l’ouvrage pour faire de Thionville un camp retranché majeur, mais ce projet ne sera jamais réalisé. En 1695, il perfectionne les défenses par l’ajout d’un second glacis et de six lunettes avancées.  Au XVIIIe siècle, l’aspect de la place forte est fortement modifié. En 1727, les ingénieurs Tardif et Duportal réalisent partiellement le projet de camp retranché en remplaçant l’ouvrage à corne de la rive droite, réalisé par Vauban. La Double couronne de la Moselle est édifiée. Cet ouvrage à corne comporte deux bastions à flancs droits, deux demi-bastions, trois demi-lunes et un chemin couvert à places d’armes rentrantes. L’enceinte urbaine est également remaniée avec l’ajout successif de contregardes, de glacis et d’une ceinture de lunettes. En 1745, Louis de Cormontaigne augmente les défenses de Thionville. Entre 1746 et 1752, la ville est dotée d’une double couronne de forts appuyée par la construction du couronné de Yutz. Il possède trois bastions à flancs droits, deux demi-lunes, deux tenailles, des fossés secs et un chemin couvert. Afin de protéger Thionville des inondations, il fait percer un canal de dérivation de 1745 à 1753. Afin de protéger ce canal et assurer la continuité entre les remparts, des ponts-écluses sont édifiés entre 1746 et 1756. Après la mort de Cormontaigne en 1752, l’ingénieur Pierre Filley améliore les œuvres de celui-ci en ajoutant des cavaliers et des fentes de tirs dans les bastions espagnols dont les flancs sont redressés. Il achève les ponts-écluses qui n’avaient pas reçus leurs grilles en 1752 et perfectionne le système hydraulique. Il préconise d’ajouter des magasins en ville. Plusieurs ouvrages des défenses de la ville côté rive gauche sont maçonnés à cette époque. Ces modifications débutent en 1777 mais ne sont pas achevées en 1789 car les grilles des ponts-écluses n’ont jamais été fondues. Entre 1893 et 1900, les Allemands construisent une ceinture de sept forts périphériques en béton autour de Thionville. Modernisés jusqu’en 1914, ils ne servent pas durant la Première Guerre mondiale. À partir de 1926, deux d’entre eux sont intégrés à la Ligne Maginot. Les fortifications urbaines de Thionville ont été démantelées par les Allemands à partir de 1901. La tour médiévale aux Puces en est l’un des rares vestiges. Elle accueille aujourd’hui le musée du Pays Thionvillois. Côté rive droite, le couronné de Yutz et la porte sont conservés. Les ponts-écluses de Cormontaigne existent toujours ainsi que les forts allemands du XIXe siècle et les ouvrages de la Ligne Maginot. Lieux de mémoire, ils sont accessibles au public.

THIONVILLE 1693 BnF
Avenes-sur-Helpe-Krigsarkivet-Stockholm.

AVESNES SUR HELPE (59) :

Ville médiévale, elle est née de la réunion de deux noyaux urbains réunis en une agglomération au XIIe siècle. Au XIIIe siècle, une enceinte plus large correspondant aux trois quartiers de la vieille ville (centre-ville, plateau Chémerault et ville basse) est édifiée avec des tours rondes. En 1477, la ville est détruite par Louis XI. Au début du XVIe siècle, les ducs de Croÿ dotent la ville de ses premières fortifications bastionnées. Il s’agit de six bastions à orillons et galerie de contremines, dont le bastion de la Reine. Ceux-ci sont dessinés par l’ingénieur italien Jacopo da Modena, ingénieur de Charles Quint. Durant les années 1540 et 1550, le dispositif défensif est modifié et renforcé par des cavaliers sur les bastions et les courtines. Sa situation escarpée rend difficile sa défense par l’inondation. Les ingénieurs de Madrid et Bruxelles rectifient les tracés des bastions et construisent des demi-lunes et des redoutes pour protéger les portes. Une redoute est ajoutée sur le lieu-dit Pont Rouge. La porte de France est reconstruite. Les Bastions, sauf le Bastion de la Reine, sont élargis et des ouvrages extérieurs sont établis vers 1630 sous la Direction du Chevalier de Ville. De cette époque date la porte de Mons (1628) et le Cavalier du Bastion de France. Conquise définitivement par la France en 1659 par le Traité des Pyrénées, une série de travaux visant à moderniser l’enceinte est ordonnée en 1661. À partir de 1673, Vauban engage de nombreux travaux. S’il ne touche pas à l’enceinte urbaine, il redéfinit les ouvrages extérieurs, renforce la garnison de casernes et de poudrières, perce de nouvelles portes et renforce le système d’inondation du front nord. Il édifie sur l’Helpe, le Pont-des-Dames, un pont-écluse à quatre vannes permettant de réguler le cours de la rivière, de tendre des inondations défensives et de réguler le volume d’eau des fossés. Détruite partiellement durant un siège en 1815, la ville est reconstruite sous la Restauration et voit ses fortifications modernisées à partir de 1821, suite à la perte de Philippeville et Mariembourg cédées au royaume des Pays-Bas. Un demi-bastion casematé sur deux niveaux est établi près de la Porte de France qui est restaurée, le bastion Saint-Jean est remis à neuf, ses casemates anciennes sont obstruées et les magasins à poudre et de stockage sont reconstruits. Au cours des années 1830, les défenses sont restaurées et un nouveau bastion est ajouté sur la courtine du front sud-est. Plus petit que les autres, le bastion Saint-Louis est doté de casemates. La ville est déclassée en 1873. Il subsiste aujourd’hui les deux tiers des remparts dont le bastion de la Reine, le bastion Saint-Jean, le bastion de France (occupé par la sous-préfecture d’Avesne), la porte de Mons et le Pont-des-Dames. Le donjon et une partie de l’enceinte, construits à l’époque médiévale, ont été mis au jour depuis 1975.

BERGUES (59) :

Ville médiévale, composée de deux noyaux urbains initiaux (l’abbaye de Saint-Winocq et la ville neuve du comte de Flandre Baudouin IV sur la colline du Groenberg), elle se développe grâce à sa situation portuaire à partir du IXe siècle. Elle reçoit ses premières fortifications, sous la forme d’une enceinte et d’un château fort (de type motte castrale). Ces murailles seront réaménagées et agrandies plusieurs fois, en 1383 notamment, année qui voit l’union définitive des deux noyaux urbains en un seul. Ce réaménagement est consécutif au siège de 1382 par le roi de France Charles VI. Le XVe siècle réédifie cette enceinte et l’adapte à l’artillerie avec l’ajout de boulevards et de couleuvrines. Au XVIe siècle, les Espagnols construisent des bastions et deux demi-lunes devant les portes du front ouest, à partir de 1558 sous le règne de Philippe II d’Espagne. Dès cette époque, la force de la place réside dans ses inondations défensives alimentées par le canal de Bergues venu de la mer et la Colme, rivière d’eau douce. Les tours des Coulevriniers, des Sept-baraques et de Neckerstor commandent ce dispositif hydraulique. A partir de 1635, d’autres chantiers de renforcement des défenses sont entrepris. Deux forts carrés, le fort Lapin au nord et le fort Suisse au sud, sont édifiés peu après cette date. Des bastions détachés sont édifiés devant les fronts orientaux de la ville, point faible de la défense, n’ayant pas de défenses hydrauliques. Prise une première fois en 1646, la ville n’est définitivement conquise par la France qu’en 1668, au Traité d’Aix-la-Chapelle. La même année, Vauban est chargé d’en moderniser les défenses. Son premier projet, appliqué à partir de 1670, consiste en un renforcement du front oriental de la ville, les seuls dépourvus d’inondation défensive. Il y construit une tête de couronne (une variante de l’ouvrage à couronne) composée d’un bastion et de deux demi-bastions, créant ainsi deux fronts chacun précédé par une tenaille et une demi-lune. Cet ensemble est appelé Couronne Saint-Winocq, car situé près de l’abbaye du même nom. Ces premiers chantiers s’achèvent en 1677, année de son intégration à la seconde ligne du Pré Carré. Après cette date, on travaille aux réduits, demi-lunes et lunettes de la couronne. Vauban a en effet ajouté une redoute et modernisé la redoute des Dunes antérieure pour prendre à revers l’ouvrage en question. En 1699, il réalise une dernière tranche de travaux sur cette partie des remparts : des souterrains de communication et de combat y sont ajoutés, ainsi que dans les demi-lunes et fossés. En 1706, après la bataille de Ramillies, M. le maréchal de Vauban fut envoyé pour commander à Dunkerque et sur la côte de Flandre. Il rassura par sa présence les esprits étonnés ; il empêcha la perte d’un pays qu’on voulait noyer pour prévenir le siège de Dunkerque, et le prévint d’ailleurs par un camp retranché qu’il fit entre cette ville et Bergues, de sorte que les ennemis eussent été obligés de faire en même temps l’investiture de Dunkerque, de Bergues et de ce camp, ce qui était absolument impraticable. Les défenses hydrauliques voient la modernisation de leurs écluses pour plus d’efficacité. Un projet d’ouvrage couronné similaire pour protéger la porte de Dunkerque, au nord de la place forte, ne sera réalisé qu’en 1744. Ailleurs, les interventions de Vauban se sont limitées à améliorer les tracés des ouvrages et au remplacement des portes de Cassel et d’Hondscoote. Dans la ville, il construit des casernes et des magasins à poudre. Le XVIIIe siècle modifie peu l’apparence de la place : une citerne en élévation est ajoutée en 1724. Au XIXe siècle, plusieurs chantiers sont menés. Le premier se déroule sous la Monarchie de Juillet : l’ouvrage à corne de la porte sud est remplacé par un couronné dit de Biesme entourant la gare et le nouveau canal. Ce chantier se déroule entre 1840 et 1850. Le couronné de Saint-Winocq est modernisé après 1870 pour adaptation à l’artillerie rayée. Durant l’Occupation de 1940-44, les remparts sont utilisés par les Allemands pour l’entraînement au tir.

Bergues-1693-Krigsarkivet-Stockholm
BOUCHAIN 1711 Krigsarkivet Stockholm

BOUCHAIN (59) :

Ville carolingienne située au confluent de l’Escaut et de la Sensée, Bouchain possède des remparts depuis le XIIe siècle. Elle est structurée en deux entités séparées par des bras d’eau : une ville basse défendue par un fossé et une ville haute fortifiée et dotée, par Baudouin IV de Hainaut, d’un donjon, la Tour d’Ostrevant. Assiégée par Louis XI, brûlée par François Ier, Bouchain est reprise par Charles Quint en 1526. Les 1ères ébauches des fortifications apparaissent au XIIè siècle, sous Baudouin IV qui fit ajouter une Tour au château existant. Il aménage quelques fossés et murailles crénelées, et agrandit la ville qui devient capitale du Comté d’Ostrevant. Charles Quint développe les fortifications en 1532/35 et fait ceindre la Ville Haute de murailles de courtines avec 4 bastions à oreillon (il subsiste le Bastion des Forges), d’un fossé large et profond améliorant le système médiéval de défense par inondation.  En 1676, la ville est prise par la France et intégrée à la deuxième ligne du Pré Carré. Vauban améliore les dehors et les inondations, remanie le donjon médiéval construit en 1164 et construit une caserne et un magasin à poudre (1687).  D’une capacité de 150 tonnes, Vauban publie un deuxième projet en 1691, le bastion des Forges avec une partie de la courtine du XVIe siècle et des galeries souterraines dont le bien-fondé est démontré en 1711 lorsque la ville est assiégée et prise par le duc de Marlborough, durant la guerre de Succession d’Espagne En 1713, alors que la ville est à nouveau française, le front de terre de la ville haute est équipé d’une galerie de contrescarpe à feux de revers et de contremines.  Elles furent fréquemment réparées et modifiées par le Génie, l’armée d’occupation danoise (1816-1818) jusqu’au déclassement des ouvrages de défense en 1889, puis par décret du Président de la République en mai 1893. Le démantelement exécuté entre 1892 et 1896 vit disparaitre la grande majorité des fortifications, mais quelques vestiges subsistent.  La ville a été gravement endommagée pendant les deux guerres mondiales.. Les anciens fossés et redoutes de défense par inondation sont encore visibles dans la ville basse. Le plan-relief de 1715 réalisé au 1/600e par l’ingénieur Ladevèze, réparé en 1769 et 1920, est conservé au Musée des Beaux Arts de Lille

BOURBOURG (59)  :

Les Normands ruinent la cité vers 880. À la suite de quoi le comte de Flandres Baudouin II (Baudouin le Chauve) entoure la ville reconstruite de remparts et de fossés vers 900. Baudouin III de Flandre poursuit cette action en 958. À cette époque, Bourbourg est le chef-lieu d’un doyenné de chrétienté chapeautant plusieurs églises et chapelles même si l’ensemble dépendait de l’abbaye de Saint Bertin de Saint-Omer. Bourbourg , ville fortifiée par les comtes de Flandre connait plusieurs moments difficiles au cours des siècles : ville assiégée et/ou pillée dans le cadre de la guerre de Cent Ans (croisade d’Henri le Despenser, 1436) ou lors de l’affrontement entre la France et les successeurs des Comtes de Flandre (duc de Bourgogne, puis Autriche, puis Espagne). Les adversaires se disputent la suprématie sur la région qui, au fil des guerres, passe des mains des uns à celles des autres. Bourbourg subit ainsi plusieurs envahissements, destructions : 1479 pillage par les Français qui incendient la ville, puis retour à l’Espagne, 1636, année où la peste se déclare à Bourbourg, dont les fortifications sont renforcées par l’Espagne en 1639, 1645 reprise par les Français, reprise par les Espagnols en 1651; 1657 Turenne prend la ville pour la France et la rase plus ou moins (le bois des charpentes des ruines fut utilisé pour le siège de Gravelines qui suit celui de Bourbourg), nouveau pillage en 1675. La paix n’est durablement retrouvée qu’en 1678, avec le traité de Nimègue, Bourbourg devient définitivement française (elle l’était déjà depuis 1659 par le traité des Pyrénées mais eut à subir les agressions espagnoles jusqu’en 1678). En 1669, la France décide, dans le cadre de la volonté de favoriser le développement de Dunkerque au détriment de Bergues, cité prédominante jusque là, de creuser le canal de Bourbourg, destiné à relier l’Aa à Dunkerque de façon plus directe que le canal de la Colme qui oblige à passer par Bergues, Vauban en sera l’ingénieur. Pendant toute cette période, plusieurs Comtes de Flandre, Ducs de Bourgogne, Empereur ou Roi d’Espagne se rendent à Bourbourg : ainsi en juillet 1549, Charles Quint effectue une tournée en Flandre afin d’y faire reconnaitre son fils Philippe II comme Comte de Flandre, il vient à Bourbourg après être passé à Bergues, Dunkerque, Gravelines. À la fin du XVIIIe siècle, Bourbourg cesse d’être ville de guerre et se développe alors grâce au commerce puis à l’industrie. La ville profite de son canal « en tout temps navigable », de communications faciles, y compris par voie d’eau avec Dunkerque, Bergues, Saint-Omer, Calais et Ardres et de chemins soigneusement pavés ou empierrés.

.

CAMBRAI (59) :

Des faubourgs s’étaient développés, à l’époque de la prospérité mérovingienne, au nord et à l’ouest du castrum primitif, autour des églises Saint-Vaast et Saint-Aubert. Le pillage de la ville par les Vikings en projet Vauban en 1702 (4 novembre), non réalisé. fit construire tripla la superficie de la ville. Au sud-est, sur un monticule appelé Mont-des-Bœufs, l’évêque Géry avait fondé en 595 une abbaye, d’abord dédiée à saint Médard et à saint Loup, puis, après la mort du fondateur, à Géry lui-même. Cette abbaye était certainement elle aussi protégée par une enceinte. L’espace qui séparait ces deux noyaux urbains accueillait les marchés et les foires..  L’évêque Gérard II remplaça plus tard le rempart de terre par une enceinte de pierre munie de tours, de portes et de fossés et englobant la totalité des espaces bâtis. Dès lors Cambrai avait atteint le périmètre qu’elle devait conserver jusqu’au XIXe siècle : tandis que d’autres villes de la région telles que Bruges, Gand ou Douai agrandissaient leurs enceintes jusqu’au XIVe siècle, celle de Cambrai était remaniée et renforcée, mais sans que le tracé en soit modifié. Le tracé de ce rempart du XIe siècle est encore visible dans celui des boulevards actuels. C’est probablement sous les épiscopats des évêques Gérard Ier, Liébert et Gérard II, au XIe siècle, que fut construit le château de Selles, forteresse située au bord de l’Escaut au nord-ouest de la ville. Au XIIIe siècle l’évêque Nicolas III de Fontaines y ordonna des travaux pour le mettre « sur un bon pied de défense ». Ce château, propriété des évêques-comtes, était destiné autant à surveiller la ville qu’à en assurer la défense. Sa fonction militaire prit fin au XVIe siècle lorsque Charles Quint, s’étant emparé de la ville, ordonna en 1543 la construction sur le Mont-des-Bœufs, au nord-est de la ville, d’une citadelle pour laquelle on rasa 800 maisons et l’abbaye de Saint-Géry. Dès lors le château de Selles fut utilisé comme prison. En 1630, Richelieu, souhaitant contrer la puissance de l’Empereur et de l’Espagne, renouvelle l’alliance de la France avec les Provinces-Unies. L’effort principal de la France doit se porter sur les Pays-Bas espagnols, et un plan de partage est établi avec les Hollandais, la France devant recevoir Le Hainaut, le Cambrésis, l’Artois, une grande partie des Flandres ainsi que le Luxembourg et le comté de Namur. La guerre est déclarée à l’Espagne en 1635 : il s’ensuit une longue série de guerres qui, aggravée par des crises de subsistance et des épidémies, va meurtrir le Cambrésis. Mazarin essaie vainement, en 1649, de s’emparer de la ville en la faisant assiéger par Henri de Lorraine-Harcourt et par Turenne. Un régiment espagnol venu de Bouchain réussit à pénétrer dans la ville, dont le siège est levé. En 1657 le vicomte de Turenne s’empare de Cambrai. À nouveau 4 000 cavaliers sous le commandement de Condé, passé au service de l’Espagne, réussissent à y pénétrer, et Turenne abandonne la ville. En 1666, dans le plus grand secret, Louis XIV prépare de nouvelles conquêtes en faisant relever les plans des fortifications espagnoles, puis entame la Guerre de Dévolution. Si le traité d’Aix-la-Chapelle de 1668 permet au royaume de France d’obtenir un grand nombre de places fortes, Cambrai n’en fait pas partie, non plus que Bouchain, Valenciennes et Condé-sur-l’Escaut. En 1672, les hostilités reprennent contre la République protestante des Pays-Bas et se poursuivent dans les années suivantes. En 1676, Louis XIV, qui veut « assurer à jamais le repos de ses frontières », porte l’essentiel de ses efforts contre l’Espagne, et occupe Condé puis Bouchain. Le 17 mars 1677, les troupes françaises prennent d’assaut Valenciennes et se dirigent vers Cambrai, la place la plus forte des Pays-Bas, qui est atteinte le 20. Le 22 mars Louis XIV se porte en personne devant la ville, Vauban assurant le Siège. Vauban, qui commande les opérations, entreprend la réalisation de lignes de circonvallation et de contrevallation entourant la place. La ville isolée ne peut donc pas recevoir de secours. Son front nord reste vulnérable. Profitant de cette faiblesse, les Français ouvrent une tranchée du côté de la porte Notre-Dame. Grâce à l’aide de 7 000 paysans venus de Picardie les travaux d’approche avancent rapidement10, malgré un temps extrêmement froid et pluvieux. Des buttes sont construites afin de placer, pour une meilleure performance, les canons au niveau de la contre-escarpe. Le 30 mars les premières batteries se mettent à battre en brèche trois demi-lunes et le corps de la place. Le 1er avril les troupes françaises attaquent les trois demi-lunes. Le 2 avril les troupes françaises investissent l’une des demi-lunes entre la porte de Selles et celle de Notre-Dame.  Le 5 avril, la ville se rend après que les troupes françaises ont sapé les fortifications. Cependant la garnison se réfugie dans la citadelle. Les Français ouvrent alors une tranchée sur l’esplanade. Dans la nuit du 11 au 12 avril 150 Français sont tués.  En réponse le roi fait saper les fortifications à trois endroits au niveau du bastion Saint-Charles. Le gouverneur refuse de se rendre. Le 17 avril, après que le commandement français a indiqué que deux autres mines allaient imminemment faire s’écrouler les fortifications, le gouverneur Dom Pedro de Zavala, blessé à la jambe durant les combats, fait battre la chamade et capitule. Le roi apprend la nouvelle alors qu’il assiste, à Awoingt, à la messe officiée par le père de la Chaise. Le 19 avril 1677, après les négociations d’usage, le gouverneur espagnol de la place, Dom Pedro de Zavala, porté sur une litière en raison de sa blessure, remet les clefs de la citadelle au roi, après un siège de 29 jours, dirigé par Vauban qui a fait dans les combats de la citadelle plus de 1 200 blessés ou tués, qui lui rend les honneurs pour sa belle défense. Les 2 000 Espagnols encore valides quittent la place « tambours battant, mèches allumées, enseignes déployées ».

Le 2 avril, les Français investissent une partie de la place. Le 5 avril la ville se rend, avec les mêmes avantages que Lille en 1667, mais la garnison espagnole se réfugie dans la citadelle et le siège se poursuit jusqu’au 17 avril. Après 29 jours de siège le roi fait son entrée dans la ville, le lundi de Pâques 19 avril. Louis XIV nomme alors le marquis de Césen gouverneur, qui nomme 14 nouveaux échevins tout en gardant le même prévôt. Par le traité de Nimègue signé le 10 août 1678 l’Espagne abandonne Cambrai, définitivement annexée par la France. Les fortifications sont renforcées d’ouvrages avancés. L’influence française va transformer l’architecture et l’urbanisme de la ville. Le démantèlement des fortifications, demandé par pétition dès 1862, ne fut finalement accepté par l’État que 30 ans plus tard. Les travaux durèrent 6 ans et transformèrent l’aspect de la ville par la construction d’une ceinture de larges boulevards, la vente de nouveaux terrains à bâtir, le raccordement de la ville à ses faubourgs, l’établissement de jardins publics.

 

COMINES (59)  : 

Comines se fortifie pour se défendre des invasions dès le début du Moyen Age. De par sa position stratégique sur la Lys, point de passage obligé et porte de la Flandre, Comines subit de nombreuses invasions barbares. Détruite, la ville sera reconstruite en 1384 par Colard de la Clyte qui rebâtit le château. Celui-ci devient l’un des plus beaux du pays et le beffroi lui aussi gagne en puissance. Jusqu’aux règnes de Jean Ier et de Jean II, les malheurs, les guerres, les disettes ou famines continuent d’accabler la ville. En 1477, Jeanne de la Clyte (ca. 1440-1512), veuve de Jean de Halluin, est seigneur de Comines. En 1512 lui succède son fils, Georges d’Halluin (ca. 1473-1536), qui fait creuser une seconde écluse afin de faciliter le trafic fluvial. De nombreux conflits se déroulent jusqu’au début du XVIIe siècle. Sous le règne de Charles de Croy, une fois de plus, Comines est reconstruite. Le château est réparé ainsi que les chapelles et les moulins. L’église Saint-Chrysole est terminée en 1615 et le beffroi est édifié dans sa forme originale en 1623. En 1668, à la suite d’une alliance matrimoniale avec l’Espagne, Comines change de royaume. La ville est coupée en deux par la frontière naturelle de la Lys, le Nord est laissé à l’Espagne. Louis XIV fait fortifier le château par Vauban, mais en 1674, de crainte de le voir tomber aux mains des Espagnols, il le fait détruire par le maréchal d’Humières.  Vauban qui se préoccupe continuité des fortifications entre Ypres et Comines établit en 1696 un premier plan est signé de sa main où l’on  voit la ligne, dédoublée, comme elle se présentait à la fin du xviie siècle, mais avec des ajouts dans les instructions et par exemple la rature de la ligne en avant. Si on peut supposer que ce document, établi en vue de la réfection des lignes, doit représenter assez exactement le tracé des lignes, on observe cependant que la partie sud (entre Houthem et Comines) est dessinée de façon fort simplifiée ; en soi, cela se comprend, puisque les travaux de réfection se concentraient sur la partie nord (entre Houthem et Zillebeke). Le plan de Vauban semble avoir servi de base pour un autre plan, daté de 1697 et attribué à l’ingénieur français Jean de Caligny. Le plan dénombre et nomme une série de redoutes et porte la mention « vieilles lignes à razer » dans la partie concernée de la ligne. Cette ligne de défense d’Ypres à Comines, conçue par Vauban, avait une longueur de 10 km, entre l’étang de Zillebeke au nord et la Lys à hauteur de Comines au sud. Elle consistait en un fossé – côté ennemi – adossé à un talus – côté français. La taille de ces deux structures reste encore matière à débat. Le talus avait probablement une hauteur entre 1,80 m et 2,40 m pour une largeur de 6,60 m à 6,90 m au sommet et d’environ 5,40 m au pied, alors que le fossé était sans doute profond de 1,50 m à 2,40 m et large de 4 à 7 m. Dans le but d’optimaliser la fonction défensive de la ligne, des redoutes, bastions et redans étaient construits à distances régulières. Une dizaine d’années après son érection, probablement en 1689, un dédoublement de la ligne a été décidé. Cela ne s’est fait que dans la partie septentrionale de la ligne, plus spécifiquement entre l’étang de Zillebeke et Houthem. Peu après, tout le secteur septentrional original est abandonné et un nouveau tracé est mis en place entre 1689 et 1696. Vauban produira un projet de fortification le 1er juin 1696 mais il ne sera pas réalisé. .Les traités d’Utrecht (1713) confirment la frontière sur la Lys. Deux Comines subsistent : Comines Autriche et Comines France. Au détriment du flamand, la langue devient officiellement le français.

CONDE SUR L’ESCAUT (59) : 

Des Vikings, apparus une première fois en 855, s’y établissent provisoirement dans les années 880. Remontant l’Escaut sous le commandement de leurs chefs Sigfred et Godfred, ils prennent la place forte et y établissent un camp retranché avec un embryon de fortifications ; chassés en 885, ils réapparaissent dès l’année suivante jusqu’à leur expulsion définitive en 889.  La ville, très disputée, est tour à tour prise par les troupes flamandes de Jacques van Artevelde, par le roi de France Louis XI en 1477. Jean de La Hamaïde, seigneur de Condé, meurt à la bataille d’Azincourt en 1415. En 1654, les Espagnols commencent une période de chantiers de modernisation, interrompue par une prise française en 1655, suivie d’une reprise espagnole l’année suivante. Les Espagnols ajoutent un chemin couvert et construisent des défenses avancées. Ils renforcent les défenses du front nord-ouest par quatre puissants bastions. En 1676, Louis XIV assiège la ville, l’attaque de la Place étant confiée à Vauban, la cité sera définitivement rattachée à la France par le traité de Nimègue en 1678. Vers 1680, Vauban est chargé de perfectionner les défenses de la cité qu’il intègre à la première ligne du Pré Carré. Des redoutes et des bastions terrassés sont ajoutés devant l’enceinte espagnole maçonnée. Un nouveau chemin couvert et six redoutes sont édifiés pour garder le cours d’eau et le plateau dominant vers Tournai. Les fossés secs des fronts de terre sont équipés de contremines. Ce sont principalement les défenses hydrauliques qui reçoivent les chantiers les plus importants. Les eaux sont collectées et redistribuées par 27 écluses et huit batardeaux qui permettent d’inonder les abords de la place en 24 jours. Vauban ne modifie pas fondamentalement les remparts. Il y ajoute quelques ouvrages, reconstruit la porte Vautourneux et aménage un système d’écluse sophistiqué protégeant la ville sur les trois quarts de son pourtour. Pendant leur courte occupation en 1793 et 1794, les Autrichiens s’attachent à aménager les ouvrages avancés et à développer une galerie de contre-mines. .Les troupes autrichiennes de François de Saxe-Cobourg occupent la ville après un blocus de 92 jours (10 juillet 1793). La ville est libérée des Autrichiens le 3 septembre 1794 par le général Schérer. Elle tombe aux mains des coalisés lors de la chute de Napoléon (1815) : ils ne la quittent que trois années plus tard, en 1818.  En 1901, Condé-sur-l’Escaut perd son titre de place forte : l’État autorise alors son démantèlement en 1923 et durant la Seconde Guerre mondiale, la commune est occupée par les Allemands (1940-1944) qui exploitent ses ouvriers et sa mine de charbon. Après le déclassement de la place en 1901, les remparts ont subi quelques modifications et l’Escaut a été recalibré. Des fortifications de la ville, il reste le château fort dit de l’Arsenal, quatre tours de l’enceinte médiévale, six bastions construits par Vauban et l’écluse du Jard.

DOUAI (59)  :

Fortifiée dès le Xe siècle, Douai est située sur un territoire sans cesse disputé par la France, l’Espagne et les Pays-Bas. Elle est dotée d’ouvrages défensifs au XVIIe siècle, alors qu’elle appartient aux Espagnols. L’enceinte médiévale qui comptait déjà trois bastions sur le front nord est conservée, mais arasée et améliorée par l’ajout de glacis et de 19 demi-lunes de terre entre 1927 et 1649. En juillet 1667, Douai capitule après avoir subi un siège dirigé par Vauban. Alors que la ville est devenue française, Vauban propose de simples améliorations pour les fortifications extérieures en édifiant de nouvelles demi-lunes et en créant de nouvelles casernes. Il créé également un arsenal et une fonderie de canons. Cette dernière est édifiée à l’emplacement de l’ancien château des comtes de Flandre. Louis XIV en confie l’exploitation aux frères Keller, fondeurs suisses très réputés. Le projet principal de Vauban consiste à améliorer les défenses hydrauliques, modernisées et entretenues tout au long des XVIIIe et XIXe siècles. Les bastions de l’enceinte extérieure sont construits jusqu’en 1875. Entre 1641 et 1646, un fort bastionné de forme pentagonale est construit à 1,5 kilomètre au nord de Douai, les habitants s’étant opposés à l’érection d’une citadelle en ville. Le fort de Scarpe sert alors d’ouvrage avancé et contrôle les écluses qui pouvaient inonder la place. Vauban recommande la démolition du fort de Scarpe, compte tenu du coût de sa modernisation par rapport aux avantages qu’il présente. Cependant, Louis XIV décide qu’il soit conservé. Entre 1670 et 1672, le fort est maçonné et amélioré par l’ajout de trois demi-lunes, un chemin couvert et des casernes. Ces travaux auraient coûté environ 130 000 livres. Il ne reste rien aujourd’hui des travaux du règne de Louis XIV. Déclassés en 1889, le fort et les remparts urbains ont été démolis entièrement pour laisser la place à des axes de circulation, à une gare et au canal de la Scarpe. Seules quelques traces de fortification sont aujourd’hui visibles, notamment deux tours médiévales. Le plan relief, construit en 1709 au 1/400e a été racheté par la ville en 1904 et est conservé au musée municipal dit de la Chartreuse.

DOUAI kRIKSARKIVET Stockholm.

LA BASSEE (59)  :

LA BASSEE (59) : En 880, La Bassée encore à demi-entourée d’une immense marais devient une place religieuse et une place forte, disposant d’une place d’armes, habitée par un gouverneur et le « lieutenant du roy », lesquels gèrent un important corps de garde et un « magasin de guerre ». Cette garnison a son pendant à Aire-sur-la-Lys et à Saint-Om er qui sont également chargés de veiller sur le canal de Noeufossé, véritable fortification protégeant le Sud de la région des invasions et menaces venant du nord depuis sa construction par les armées de Baudouin VI vers l’an 1000. Au XVIè La ville était alors entourée d’un réseau de petits canaux et fossé en eau, large et profonds « qui ne peut se vider à cause des marais et des canaux qui y entrent ». Des chemins couverts, des bastions et diverses portes, murs et demi-lunes étaient alors protégés de fossés et palissades. Les fortifications de la petite ville abritent aussi des infrastructures conventuelles (religieuses et augustins, autour de l’église Notre-Dame) À l’époque de Louis XIV (1708 pour l’extrait ci-dessous qui traite de la campagne de Flandre), la place protège à la fois l’Artois et Lille. « Monseigneur le duc de Bourgogne, en se retirant à Tournay, avait projeté de se porter avec toutes ses forces à la Bassée et d’achever les fortifications que les ennemis y avaient commencées ; en attendant le moment où il pourrait exécuter ce projet, il y envoya aussi le 28 une brigade d’infanterie aux ordres de M. de Villiers pour renforcer M. de Sézanne, que. M. de Cheyladet y avait déjà fait entrer au moment où les ennemis l’avaient abandonné pour marcher vers l’Escaut. Monseigneur le duc de Bourgogne regardait ce poste comme très important, et pour couvrir l’Artois et pour se procurer le moyen de faire entrer quelque secours dans la citadelle de Lille, ce qui cependant était devenu plus difficile que jamais, les ennemis ayant renforcé les postes de Lambersart et de Loos. M. le duc de Vendôme proposait de son côté de construire une ligne depuis la Bassée jusqu’à la Lys, persuadé que par ce moyen on empêcherait les ennemis de tirer des subsistances de l’Artois, du Furnembach et des autres pays situés à la gauche de cette rivière, et que par là l’établissement de leurs quartiers d’hiver leur deviendrait fort difficile. Le roi approuva le projet de monseigneur le duc de Bourgogne pour la Bassée, et lui recommanda d’établir aussi à Saint-Venant un poste qui fût en état de tenir pendant l’hiver ». Lors de la Première Guerre mondiale, la ville a particulièrement souffert (presque totalement rasée). Les séquelles de guerre y sont restées visibles durant plus de 10 ans, avant encore de nouveaux bombardements en 1939-1945.

LANDRECIES (59)  :

Née au VIIe siècle sur le cours de la Sambre, Landrecies reçoit ses premières fortifications au XIe siècle, complétée par un château en 1140, séparant la Ville Haute de la Ville Basse. La première enceinte bâtie aux XIIIe et XIVe siècles ne suffit pas à empêcher le sac de la ville en 1477 par Louis XI de France. Au XVIe siècle, la ville passe successivement de la domination de François Ier à celle de Charles Quint. Vers 1544, François Ier charge Girolamo Marini de construire une nouvelle enceinte. Alors qu’elle est à nouveau prise par Charles Quint, la place est flanquée de cinq bastions. Rétrocédée en 1545 à Charles Quint, Landrecies est renforcée par les Espagnols jusqu’en 1655. Les cinq bastions à orillons sont conservés, puis augmentés de courtines renforcées et de fossés terrassés. Les dehors sont également créés, ainsi que des demi-lunes. En 1655, la ville subit encore un siège français siège en 1655 Vauban en second sous la direction de M. de Condé sous le Maréchal de la Ferté et M. de Turenne. Louis XIV vient célébrer en personne1 la prise de la ville (restée française depuis). Ses armées poursuivent selon le plan prévu : les deux autres places visées, Condé-sur-Escaut (assiégée le 18 août) et Saint-Ghislain (le 25 août), se rendent chacune au bout de trois jours de siège. Clerville charge Vauban de réparer les fortifications de Landrecies et Condé, qui serviront de base d’opération pour l’attaque sur Valenciennes, programmée l’année suivante. Landrecies est rattachée définitivement à la France de Louis XIV. Ce rattachement est confirmé par le Traité des Pyrénées en 1659. Vauban est dépêché sur place pour examiner et réaménager le système défensif de la ville. Il conserve les fortifications espagnoles qu’il juge efficaces. Il les complète d’un ouvrage à cornes pour défendre la ville basse et améliore les dehors en réalisant un système défensif hydraulique. Il dote également la ville de deux nouvelles casernes, d’un arsenal, et d’un hôpital. Dans une des tours de l’ancien château-fort, Vauban installe une soute à munitions. Les dépendances de l’hôtel de ville, situé sur la place principale, accueillent une prison. Landrecies est intégrée à la seconde Ligne du Pré Carré en 1678. Les fortifications, devenues obsolètes, sont démantelées entre 1895 et 1899. Un centre d’interprétation dédié à l’histoire et l’évolution de Landrecies à travers les âges a été ouvert dans l’ancienne halle aux blés. Le plan-relief construit au 1/600e par l’ingénieur Ladevèze en 1723, restauré en 1766, 1816 et 1986 est conservé au Musée des Plans-Reliefs à Paris.

Krigsarkivet Stockholm

LE QUESNOY  (59) :  

LE QUESNOY (59) : Dès 1150 Le Quesnoy est doté d’un château et de remparts avec une première Dès 1150 Le Quesnoy est doté d’un château et de remparts avec une première enceinte composée de murailles crénelées, chemin de ronde et tours circulaires. Ces premières fortifications sont en partie remplacées par une enceinte moderne à partir de 1533 alors que la ville est sous domination espagnole. À la fin de la Fronde (1654), la ville est prise par l’armée royale française de Turenne. La cité qui n’avait jamais été française le devient pour le grand plaisir de la cour. Le jeune roi Louis XIV reçoit la ville en cadeau de sacre. La ville est alors prise en main par un homme de Mazarin, Talon dit du Quesnoy, qui administre la ville qui ne devient officiellement française qu’en 1659 par le traité des Pyrénées. Lors de cette période transitoire, de nombreux biens immobiliers des bourgeois quercitains passèrent sous contrôle de profiteurs de guerre aussi bien français que locaux. Bastion avancé du royaume de France jusque 1678 date à laquelle Valenciennes devient française, les fortifications du Quesnoy sont modifiées et renforcées par le tout jeune Vauban qui fait en quelque sorte ses « classes » dans la cité. . Les premiers chantiers consistent alors en une restauration de la place forte. Vauban intervient à partir de 1668. Il conserve quatre bastions datant de l’époque de Charles Quint et en construit quatre nouveaux, pour en 1678 intégrer Le Quesnoy à la première ligne du fameux «Pré Carré». Les secteurs nord (bastion royal) et sud (bastion du Gard) sont les plus représentatifs de l’action de Vauban au Quesnoy. L’ensemble des remparts, parfaitement conservé, est classé «Monument Historique» et un circuit de 12 kilomètres permet de découvrir la richesse et l’ingéniosité des ouvrages fortifiés et notamment un système d’inondation des fossés. Toutefois, dans cette France d’Ancien Régime où les clientèles priment sur les compétences ou même le souci d’économie, les travaux ne furent pas attribués aux entrepreneurs locaux. Malgré la réputation flatteuse des travaux de fortifications entrepris sous la direction du couple Louvois-Vauban, la fortification est vite dépassée et la ville est prise dès 1712 par les impériaux en six jours. Le gouverneur de la cité, monsieur de la Badie, est alors embastillé pour s’expliquer sur sa prétendue « médiocre » résistance. M. de la Badie sera rapidement libéré car la ville, aux mains des Autrichiens, assiégée par les Français de Villars ne résistera qu’une journée de plus que sous les ordres du vieux militaire français, soit sept jours. L’expérience des prises faciles de la ville amène les autorités à renforcer le secteur est des fortifications par où étaient arrivés les Impériaux en 1712. Un immense ouvrage à cornes, unique au monde, est alors construit pour protéger le faubourg dit Fauroeulx et la porte du même nom. L’ouvrage en question permet alors de diviser les étangs de réserve en deux, connus de nos jours sous les noms d’étang du Pont Rouge et de l’étang béni. Ces deux étangs, réserve d’eau pour inonder les fossés en cas de siège, étaient complétés par deux autres étangs aujourd’hui disparus (l’étang d’Aulnoye et celui de l’Écaillon en forêt de Mormal). À la fin de l’époque impériale, la ville est prise sans trop de résistance par des Hollandais lors d’un simulacre de siège. À l’issue du congrès de Vienne de 1815, il est décidé que la ville soit occupée par des troupes russes pour trois ans. Les relations entre les Quercitains et les Russes sont amicales au point que de nombreux mariages sont célébrés entre les officiers russes et les « beautés quercitaines »

LILLE (fortification de la ville et création de la citadelle) (59)  :

LILLE ENCEINTE URBAINE :

Apparue le long d’un méandre de la Deûle, affluent de l’Escaut, la ville de Lille est attestée dès le XIe siècle. Elle est alors dotée d’un château, d’une collégiale et d’un marché. Durant les XIIe-XIIIe siècles, elle devient l’une des capitales du Comté de Flandre et reçoit une enceinte de terre palissadée au XIVe siècle, dont les courtines sont renforcées. En 1577, les murailles de l’enceinte médiévale et du château de Courtrai sont démolies, permettant l’agrandissement de la ville. En 1600, les archiducs, gouverneurs des Pays-Bas font leur entrée à Lille. Sous leur gouvernement sera construite l’enceinte espagnole de la ville. Le projet d’extension de l’enceinte avait été préparé par Pierre Camp, ingénieur des archiducs, élargissant la ville de part et d’autres vers l’est et vers l’ouest. En 1617, la nouvelle enceinte est construite au nord-est adoptant les principes de la fortification bastionnée. Ces premiers ouvrages modernes ne suffisent pas à empêcher Louis XIV de s’emparer personnellement de la ville le 28 août 1667.  Le siège est tenu par Vauban devant le Roi en neuf jours de tranchée ouverte, il eut une gratification considérable, beaucoup plus nécessaire pour contenter l’inclination du maître que celle du sujet. Il reçoit l’année suivante le gouvernorat de la Place. En 1668, par le traité d’Aix-la-Chapelle, Lille devient française et est intégrée dans la première ligne du Pré carré dix ans plus tard.  Dès le mois de septembre 1667, Louis XIV décide de faire édifier une  citadelle. Vauban modernise l’ancienne enceinte de la période espagnole. De nouveaux bastions sont édifiés. En 1699, l’enceinte urbaine largement agrandie par Vauban pour faciliter le développement économique de la Cité comme la création des quartiers de Saint-André et de la Madeleine, rallient la confiance des sujets flamands,  l’enceinte comporte dix-huit bastions, quatre ouvrages à corne et huit portes, dont les portes Royale et de Paris, décorées par Simon Vollant. L’établissement du bastion du Réduit (1671-1674) au cœur du quartier Saint-Sauveur est révélateur de la volonté royale de surveiller les habitants. Véritable deuxième citadelle, le bastion est transformé en réduit et doté d’un front tourné vers la ville. Vauban agrandit l’enceinte de la ville au nord-est, augmentant d’un tiers sa superficie. Un nouveau quartier s’élève, séparé de la citadelle par l’espace découvert de l’esplanade. Simon Vollant a la charge de tracer les nouvelles rues. Deux grands axes structurants sont coupés à angle droit par des rues transversales et dessinent une trame urbaine régulière. Vauban est nommé gouverneur de la citadelle en 1668, puis de Lille en 1684. Pendant l’entre-deux-guerres, le démantèlement de l’enceinte urbaine libère 368 hectares de terrain aux portes de la ville, tandis que la citadelle demeure un site militaire. Depuis 1871, elle abrite le 43e Régiment d’Infanterie, augmenté aujourd’hui de l’Etat-Major du Corps de Réaction Rapide. Vers 1880, les fortifications avancées de la citadelle sont transformées en un parc, dit Le Bois de la Deûle. Les ouvrages extérieurs de la Citadelle ont été cédés à la ville en 1960 et transformés en lieu d’agrément. La gestion actuelle du site vise à restaurer les milieux de cet espace naturel de 60 hectares, tout en valorisant le monument et développant la qualité de l’accueil des visiteurs. De l’enceinte urbaine, il ne subsiste que quelques pans de murailles, une tour médiévale, deux portes espagnoles (Roubaix et Gand), et la porte de Paris. L’enceinte fortifiée de Lille a connu sept extensions successives qui ont fait passer l’espace intra-muros de dix à 1 000 hectares sur une période de 800 ans. Pour documenter l’aspect de la ville au XVIIIe siècle, il faut examiner le plan-relief construit entre 1740 et 1743, réparé en 1774, saisi par les Prussiens en 1815 et restauré en 1948. Celui-ci est actuellement conservé au musée des Beaux-Arts de Lille.

LILLE CITADELLE :

En décembre 1667, Louis XIV souhaite la construction d’une citadelle. Vauban, mis en concurrence avec le Chevalier de Clerville, est chargé de sa construction en novembre 1667. Les terrassements commencent dès le mois de décembre, sous la direction de Vauban, assisté du maître-maçon lillois Simon Vollant, et s’achèvent par la pose de la première pierre le 17 juin 1668. À peine trois ans plus tard, la citadelle est presque achevée et accueille une première garnison. Elle est construite sur une zone marécageuse au nord-ouest de la ville, irriguée par les rivières de la Deûle et du Bucquet. Ce terrain plutôt hostile participe à la défense du site par un système d’inondation de la place. Cette citadelle est un pentagone parfait à cinq bastions dont les cinq fronts sont équipés de tenailles, de fossés inondables, de cinq demi-lunes, de plusieurs réduits crénelés, de deux chemins couverts à contrescarpe et de quatre portes. La plus connue d’entre elles, sur l’un des fronts de ville, est la porte Royale. Elle est équipée d’un frontispice soutenu par des colonnes doriques et d’un carré à trophées aux armes de France et du soleil de Louis XIV, dessinés par Simon Vollant. La citadelle concentre tous les bâtiments nécessaires à son admission et à son autonomie. En plus des logements destinés aux soldats, à l’état-major et au gouverneur, des poudrières, des prisons et un arsenal complètent le dispositif militaire. À celui-ci s’ajoutent une chapelle, des magasins pour les vivres, un barbier, une boulangerie et un moulin. Tous ces bâtiments sont intégrés dans un plan radioconcentrique. La citadelle est comprise dans un système complexe de défense. En 1708, la citadelle de Lille est assiégée en pleine guerre de Succession d’Espagne. Après 62 jours de combat, la ville capitule et vit pendant cinq ans sous occupation hollandaise. . La citadelle est classée au titre des Monuments historiques en 1934. La Citadelle est toujours occupée par l’Armée. 

Krigsarkivet Stockholm
Krigsarkivet Stockholm.

MAUBEUGE (59) :

Issue d’un monastère mérovingien du VIIe siècle, Maubeuge reçoit ses premières fortifications au XIIe siècle. En 1339, une seconde enceinte plus vaste est édifiée : six portes et 22 tours la flanquent sur un périmètre de trois kilomètres, qui englobe aussi des terrains cultivés. Elle reçoit quelques adaptations à l’artillerie à poudre vers 1425. Au fil des siècles, Maubeuge appartient aux comtes de Hainaut, aux ducs de Bourgogne, à la Maison d’Autriche (1478-1513) et à la Maison d’Espagne (1513-1678). Restée en territoire espagnol après la guerre de Dévolution (1667-1668), et malgré la prise de Mons et Charleroi, elle n’est cédée définitivement à la France qu’en 1678, à la signature du traité de Nimègue. Alors que la ville est intégrée à la première ligne du Pré Carré, Louis XIV visite Maubeuge et confie la réalisation des fortifications à Vauban. Celui-ci démantèle l’enceinte médiévale, dont il ne conserve que deux portes : au sud, la porte d’Avesnes, au nord, la porte de Mons. Le nouveau périmètre est établi en retrait de l’enceinte médiévale pour tenir compte des hauteurs environnantes. Ces travaux nécessitent de détruire un tiers du bâti de la ville. La construction s’effectue sous la direction de Jean de Mesgrigny, gouverneur de la citadelle de Tournai. Le chantier commence en 1679 et s’achève en 1685. La nouvelle enceinte présente une forme heptagonale légèrement irrégulière dotée de sept bastions à orillons, de quatre tenailles simples et une tenaille bastionnée au sud-est, de quatre demi-lunes à réduits et d’un chemin couvert. Deux portes dites de Mons et de France, percent l’enceinte et sont protégées par deux des quatre demi-lunes. Le front sud-est est le plus long et est protégé par la tenaille bastionnée et une déviation du cours de la Sambre. Les fossés sont inondés par la Sambre au sud, et un front du nord est également précédé de fossés en eau, remplis par un pont-écluse alimenté par un ruisseau, la Pisselotte. À l’intérieur du corps de place, des casernes de cavalerie et d’infanterie sont bâties dans la basse ville située le long de la rive droite de la Sambre et dans les terrains restés vides à l’est. Un arsenal et trois magasins à poudre édifiés contre les remparts complètent l’équipement. Les remparts ont été bâtis en pierres avec parapets de briques. Un ouvrage à cornes, à l’est et à l’extérieur de l’enceinte, formé de deux demi-bastions, complète le système de défense mis en place. Durant le XVIIIe siècle, des lunettes détachées et un camp retranché provisoire sont construits autour du corps de place. Au XIXe siècle, deux portes sont créées : la porte de Bavay et la porte des Poilus. Après la Guerre franco-prussienne de 1870-1871, la ville est entourée d’une ceinture de forts périphériques établis selon les méthodes du général Séré de Rivières.  Maubeuge a été détruite à 90 % en 1940. André Lurçat dirige sa reconstruction en 1945 et décide de maintenir l’essentiel de la fortification et d’élargir le centre à l’extérieur de l’enceinte. Les remparts deviennent un espace vert au cœur de la cité. Des quatre portes, seule la porte de Mons a conservé intacts son complexe défensif et le corps de garde de sa demi-lune. L’arsenal a été préservé. Deux bassins défensifs ont été conservés sur le front sud-est et transformés en étangs de pêche. Les remparts de la ville basse sur la rive droite de la Sambre et les autres constructions militaires qui les bordaient ont été démolis dans la première moitié du XXe siècle. L’ensemble des fortifications qui ont été conservées est classé au titre des Monuments historiques depuis le 21 octobre 1947.

VALENCIENNES (59) :

Située au confluent entre l’Escaut et le ruisseau de la Rhônelle, la première agglomération de Valenciennes est apparue à l’époque romaine, sur un site occupé antérieurement par les Gaulois. Les premières fortifications datent du Xe siècle. Des fortins sont bâtis de part et d’autre du confluent vers 250. Un siècle plus tard, l’empereur Valentinien fait construire la première enceinte urbaine et l’élève au rang de ville (vers 364-367). Ce n’est pas suffisant pour empêcher le pillage par les Huns puis les Vandales vers 406 de notre ère. Sous les Mérovingiens et les Carolingiens, Valenciennes reprend en importance et se développe. Les fortifications romaines semblent avoir été conservées et englobent alors le noyau primitif composé de l’église Notre-Dame-du-Saint-Cordon, de l’église Saint-Vaast et de l’abbaye mérovingienne de Saint-Jean. Les comtes de Valenciennes construisent un château au début du IXe siècle, à l’emplacement de la future citadelle des Temps Modernes. Au XIIe siècle, le comte Beauduin l’Edificateur agrandit l’enceinte et la ville afin de reconstruire un nouveau palais et d’inclure des hameaux proches. Cette nouvelle enceinte est maçonnée et comporte des créneaux, mâchicoulis et hourds de bois. Un fossé précède les remparts. Ceux-ci sont équipés de tours à deux niveaux possédant le même équipement que les murailles. Plusieurs portes percent les remparts. Le tracé de cette enceinte est en majeure partie conservé jusqu’au XIXe siècle. Le château est modifié à la fin du XIIIe siècle. Sa superficie est augmentée, de même que ses défenses. De 1345 à 1380, les remparts et le château reçoivent  de nouveaux chantiers défensifs pour les moderniser, durant la Guerre de Cent Ans. Vers 1477, la ville édifie des boulevards d’artillerie pour protéger ses portes. Le premier ouvrage moderne est édifié en 1525, il s’agit du bastion Cardon, près de la porte du même nom. A partir de 1529, tout le flanc sud-ouest de l’enceinte est modernisé sous la direction de l’ingénieur de Charles Quint, D’Aerschot et ses collaborateurs. En 1540, Charles Quint ordonne une refonte générale des fortifications qui débute en 1542. Les premières défenses hydrauliques sont mises en place deux ans plus tard. Il s’agit, entre autres, des écluses de chasse de la Bretêche et des repentis. Leur mise en place vise également à régulariser le débit de la Rhônelle. A partir de 1546, ce sont les remparts de l’est qui sont reconstruits. L’ensemble de ces chantiers s’achève, semble-t-il, vers 1551. Des travaux d’urgence sont conduits en 1566-1567 durant les Guerres de Religion, mais les flancs sud-ouest et ouest ne sont pas encore modernisés à l’époque. La première citadelle est construite en 1570-1573 par le Duc d’Albe. Il s’agit alors d’une redoute qui disparait en 1577. De 1578 jusqu’au règne des Archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, les dernières parties médiévales de remparts urbains sont remplacées par des remparts modernes. Il s’agit des parties nord, ouest et sud de l’enceinte. D’abord en terre palissadée, les escarpes des ouvrages sont progressivement maçonnées de 1600 à 1654 et certains fossés sont approfondis. De 1656 à 1677, six demi-lunes sont construites. Un ouvrage à corne est ajouté devant la porte de Cambrai et un ouvrage à couronne est édifié sur la colline d’Anzin. Les ouvrages hydrauliques sont également améliorés.  Prise par les Français en mars 1677, siège auquel participe Vauban qui sera gravement blessé tout en demeurant à son poste, Valenciennes est intégrée dès l’année suivante dans la première ligne du Pré Carré. Dès 1677, Vauban y construit une citadelle qui subsiste deux siècles. Cette citadelle est de forme irrégulière. Un front à bastions de petites dimensions est tourné vers la ville. Deux autres fronts sont tournés vers la campagne et sont protégés par des inondations et un ouvrage à couronne doté de deux fronts. Les contrescarpes de l’enceinte sont revêtus et des bastions supplémentaires sont aménagés sur les fronts construits sous Charles Quint afin d’en améliorer le flanquement. Plusieurs fronts sont rectifiés et améliorés. Les fronts de Famars et de Mons sont refaits complètement. Les deux écluses de Charles Quint sont rénovées et d’autres, telles celles de Notre-Dame et des Repenties sont construites, de mêmes que des digues afin de créer des étangs défensifs plus importants. Les chemins couverts sont équipés de traverses à clameaux, si l’on en croit le plan relief de 1694. Des casernes sont également construites dans la ville et dans la citadelle. Le début du XVIIIe siècle améliore encore les défenses de la place forte : plusieurs lunettes et ouvrages avancés sont construits pendant la Guerre de Succession d’Espagne afin de renforcer la protection du côté occidental des remparts de la ville et de la citadelle. Plusieurs chantiers de perfectionnement sont encore signalés pendant la Guerre de Succession d’Autriche. Quelques ouvrages avancés et une contre-garde sont édifiés à l’époque. La majorité des chantiers se limite à de simples finitions des ouvrages de Vauban. L’ingénieur Filley réalise ces modifications et améliore le flanquement des ouvrages. Il change leurs destinations pour certains d’entre eux. D’ouvrages de combat, certains deviennent simples dépôts. Pendant le siège autrichien de 1792, trois lunettes sont ajoutées. Les Autrichiens perfectionnent quelque peu ces défenses jusqu’en 1794. Délaissée jusqu’en 1815, Valenciennes reçoit de nouveaux chantiers sous la Restauration. Ceux-ci sont poursuivis par la Monarchie de Juillet. Il s’agit d’achever les modifications commencées par les Autrichiens et de réaliser les premiers forts détachés dignes de ce nom. La lunette Dampierre est inaugurée par la Seconde République en 1850, dans ce but. Le Second Empire poursuit les modifications en conservant Valenciennes et en la dotant de traverses-abris. Sous la Troisième république, un fort périphérique de type Séré de Rivières est construit en 1881 : le fort de Curgies. L’invention de la mélinite, un nouvel explosif beaucoup plus puissant que la poudre, devait entraîner le déclassement définitif de Valenciennes en 1889. La place forte de Valenciennes a été démantelée entre 1889 et 1893. Des boulevards et des quartiers bourgeois remplacent les remparts et la citadelle. Il ne subsiste qu’une tour médiévale, la tour de Dodenne et une écluse de chasse, le long du canal de l’Escaut. Valenciennes présente un intérêt moyen dans l’œuvre de Vauban. Elle illustre comment l’ingénieur modernise une place ancienne déjà fortifiée en partie, et comment ses successeurs ont achevé cette modernisation.

Krigsarkivet Stockholm

CONGRES 2019 – ALSACE

Du Jeudi 30 mai au dimanche 02 juin 2019,notre congrès au départ de Molsheim nous emmènera de Neuf Brisach à Mutzig, Fort louis puis Strasbourg

Mercredi 29 mai : Arrivée individuelle à MOLSHEIM en fin d’après-midi à l’hôtel choisi (BUGATTI ou DIANA),
et regroupement à l’hôtel DIANA pour le dîner.

Jeudi 30 mai :
Le matin : trajet Molsheim => Le Linge (Lingerkopf).
– Visite guidée du Musée-mémorial de la guerre de 14-18 et du champ de bataille du Linge.
Trajet Le linge => Neuf-Brisach. Déjeuner à Neuf-Brisach.
– L’après-midi : visite guidée du Musée et des fortifications.
Trajet Neuf-Brisach => Vieux-Brisach (Breisach am Rhein), sur la rive droite du Rhin.
– Visite du Musée d’histoire installé dans la Porte de France (Rheintor), dernier vestige des fortifications françaises.
Retour Vieux-Brisach => Molsheim. Dîner à l’Hôtel Diana suivi de notre Assemblée Générale.

Vendredi 31 mai :
Le matin : Colloque à l’Hôtel Diana à Molsheim (visite de la Chartreuse et de la vieille ville pour les accompagnant(e)s)
Déjeuner à Molsheim à l’hôtel Diana.
L’après-midi : Trajet Molsheim => Fort de Mutzig
– Visite guidée du Fort de Mutzig, le plus important complexe fortifié allemand de la fin du XIXe siècle.
Retour Mutzig => Molsheim.
Dîner de gala à l’Hôtel Diana

Samedi 01 juin :
Le matin : trajet Molsheim => Woerth : Musée de la bataille de 1870
– Visite du Musée de Woerth et circuit sur les lieux marquants du champ de bataille.
Déjeuner à Woerth au restaurant « À l’Étoile d’Or ».
L’après-midi : trajet Woerth => Schoenenbourg
Choix entre trois visites :
– Visite de l’ouvrage Maginot de Schoenenbourg à Hunspach (environ 2,5 km de parcours souterrain).
– Visite de la Casemate ESCH, ouvrage d’intervalle à Hatten.
(alternative sans marche avec musée et poste de combat reconstitué).
– Visite guidée de Hunspach sur le thème de la maison alsacienne et de la vie paysanne dans ce très beau village.
(Alternative pour les accompagnant(e)s qui seraient plus intéressé(e)s par ce sujet).
Trajet Hunspach => Fort-Louis
– Visite du site de Fort-Louis, créée ex nihilo par Vauban sur une île du Rhin pour protéger le nord de l’Alsace.
Fort-Louis a subi trois sièges, mais les vestiges modestes laissent encore percevoir les tracés de la place forte.
Dîner tarte flambée (Flammekueche) à Fort-Louis.
Retour Fort-Louis => Molsheim

Dimanche 02 juin :
Le matin : trajet Molsheim => Fort Frère
– Visite guidée du Fort Frère, un des grands forts allemands de type Biehler de la ceinture de Strasbourg.
Trajet Fort Frère => Strasbourg
– Passage par les Ponts Couverts, fortification médiévale en amont de la ville.
Déjeuner à Strasbourg au restaurant « Le Schnockeloch ».
L’après-midi :
– Barrage Vauban, destiné à inonder tout le flanc sud de la place, en déviant le flux de l’ill. Coup d’oeil unique sur la ville.
Trajet vers la Citadelle puis la Porte de guerre / Kriegstor II de l’enceinte urbaine d’après 1870.
– Visite de la Kriegstor et caponnière blindée (extérieur).
17h30-18h00 : Dépose en gare de Strasbourg pour les participants concernés.
Retour à Molsheim pour les participant y logeant encore le dimanche soir.

PLAQUETTEI ILLUSTRÉE 2019

INSCRIPTION CONGRES SOLO

INSCRIPTION CON GRES DOUBLE

VAUBAN Hôtels et options (1)