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VOYAGE D’ETUDES 2026 AU PAYS BAS

VOYAGE D’ETUDES 2026  AUX PAYS BAS  

Du jeudi 1er  octobre au  dimanche 4  octobre

Ce programme prĂ©sente l’ensemble du spectre des fortifications nĂ©erlandaises, du dĂ©but du XVIe
siĂšcle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La plupart des sites tĂ©moignent d’une importante
stratification historique et ont conservĂ© leur forme d’origine. Par ailleurs, le Brabant-Septentrional et
la Zélande sont des régions fortement disputées, théùtre de nombreux conflits armés. Beaucoup de
ces fortifications ont effectivement été exposées au feu.
AU PROGRAMME : 1er octobre : Bergen op Zoom :  Le ravelin de Menno van Coehoorn : seule partie encore visible en surface des fortifications de la ville conçues par Menno van Coehoorn.
‱ L’exposition archĂ©ologique souterraine prĂ©sentant des Ă©lĂ©ments excavĂ©s des fortifications ainsi que leurs mines (fougasses).
‱ La copie du plan-relief de Bergen op Zoom et de ses environs, tel qu’il Ă©tait en 1748.‱ Vis ite du Markiezenhof.
2 octobre : Willemstad, Visite du systĂšme fortifiĂ© plurisĂ©culaire autour de Willemstad : ‱ Fort de Hel : XVIIe au XIXe siĂšcle, avec tour modĂšle.
‱ Willemstad et ses fortifications (XVIe au XXe siùcle). ‱ Fort Sabina Henrica : XVIIe au XIXe siùcle, avec tour modùle.
‱ Fort Prins Frederik, Ă  Ooltgensplaat : XVIIe au XIXe siĂšcle, avec tour modĂšle Ă©tendue.
3 octobre : Veere, Visite du riche patrimoine fortifiĂ© de l’üle de Walcheren : Fort Rammekens : forteresse en pierre du XVIe siĂšcle modifiĂ©e au dĂ©but du XIXe siĂšcle.  Veere : fortifications des XVIIe et XIXe siĂšcles, le batardeau creux et l’église-hĂŽpital. Vlissingen : vestiges des fortifications napolĂ©oniennes et du front terrestre de la Seconde Guerre mondiale.
4 octobre : Heusden et le Chateau Loevestein.  Heusden : la ville fortifiĂ©e la plus ancienne des Pays-Bas dĂšs les annĂ©es 1500.
‱ ChĂąteau Loevestein : construit entre 1357 et 1368, il fut Ă©rigĂ© Ă  un emplacement stratĂ©gique, au confluent de la Meuse et du Waal

programme voyage d’Ă©tude

HOMMAGE AU MARECHAL VAUBAN

Notez la date, l’hommage au MarĂ©chal Vauban se tiendra le 26 mars prochain et sera organisĂ© Ă  12 heures prĂ©cises Ă  la Chapelle Ste ThĂ©rĂšse sous le DĂŽme de l’Hotel des Invalides en prĂ©sence des descendant de Vauban, des autoritĂ©s civiles et militaires (dont une dĂ©lĂ©gation des IMI) et de membres de l’Association Vauban.

FRONT DE MER : ATLANTIQUE OUEST

FRONT DE MER : ATLANTIQUE OUEST

BOUCEFRANC-LE CHAPUS : FORT LOUVOIS OU FORT DU CHAPUS (17) :

 Dernier ouvrage de fortification maritime commandĂ© par Louis XIV, pour dĂ©fendre les pertuis contre les incursions de navires ennemis, il est situĂ© entre l’üle d’OlĂ©ron et le continent, et verrouille l’accĂšs sud Ă  la rade de Rochefort. Projet initiĂ© par le marquis de Louvois, alors ministre de la guerre, sa mise en Ɠuvre est confiĂ©e Ă  l’ingĂ©nieur François Ferry. Les fondations sont posĂ©es en 1691 et le gros oeuvre est achevĂ© en 1694.  À la mort de Louvois, Vauban en rĂ©duit l’ambition, et limite la construction Ă  une partie de l’ovale envisagĂ©, pour lui donner sa forme dĂ©finitive de fer Ă  cheval. Le fort est accessible Ă  marĂ©e basse par une chaussĂ©e empierrĂ©e submersible. Le fort est amĂ©nagĂ© au XVIIIe siĂšcle pour rester en phase avec les progrĂšs de l’armement, notamment en rĂ©duisant le nombre d’embrasures Ă  dix, sur les seize initialement construits et prend sa forme dĂ©finitive. ArmĂ© de canons puis d’obusiers au XIXe siĂšcle, il conserve une garnison et son potentiel militaire. ClassĂ© monument historique depuis le 14 juin 1929, il est sĂ©vĂšrement bombardĂ© pendant la Seconde Guerre mondiale lors de la libĂ©ration de Marennes le 10 septembre 1944. RachetĂ© Ă  l’Administration centrale des Domaines par la commune de Bourcefranc-le-Chapus, il est entiĂšrement restaurĂ© sous la direction de la DRAC dans les annĂ©es 1960. Le fort Louvois abrite depuis 1972 le MusĂ©e de l’huĂźtre ainsi qu’une exposition permanente consacrĂ©e Ă  l’histoire du fort, notamment composĂ©e des maquettes des fortifications du littoral charentais. En 2010, lors de la tempĂȘte Xynthia, le fort a Ă©tĂ© inondĂ© (80 cm d’eau) et le pont-levis arrachĂ©, comme lors de la tempĂȘte de 1999. Le fort a accueilli plus de 26 000 visiteurs cette annĂ©e-lĂ 

 

BROUAGE (17)

SituĂ©e dans une zone de marais trĂšs certainement frĂ©quentĂ©e depuis le Moyen Âge, Brouage est fondĂ©e en 1555 par Jacques de Pons et baptisĂ©e du nom de Jacopolis-sur-Brouage. Ce centre de nĂ©goce pour le sel est construit sans aucune intention militaire et la ville n’est alors entourĂ©e que d’un rempart de bois et de terre. Pendant les guerres de religion, la ville est tour Ă  tour prise par les catholiques et les huguenots. En 1576, lors de la sixiĂšme guerre de religion, le duc de Guise prit la ville afin de complĂ©ter l’encerclement de la place protestante de La Rochelle. Cette mĂȘme annĂ©e, Henri de Navarre, futur Henri IV, sĂ©journa dans la place forte. , elle reçoit ses premiĂšres fortifications en 1569, Ă©difiĂ©es d’abord sur les plans d’ingĂ©nieurs italiens puis sur ceux de Robert de Chinon. Henri III en fait une ville royale en 1578. Le roi change Ă©galement le nom de la ville, Jacopolis devient Brouage. C’est Ă  cette Ă©poque que le tracĂ© des fortifications est dĂ©finitivement fixĂ© : un carrĂ© Ă  trame orthogonale, entourĂ© d’une enceinte Ă  sept bastions rĂ©partis aux angles, sur les cĂŽtĂ©s nord et sud pour protĂ©ger les portes, et Ă  l’ouest. Une demi-lune borde l’un des flancs. En 1586, les Rochelais rendirent inutilisable le port de Brouage. Le prince de CondĂ© fit couler 21 anciens navires de guerre pour bloquer le port et celui-ci ne fut d’ailleurs jamais totalement dĂ©gagĂ© par la suite. et le siĂšge de La Rochelle en 1627 allaient faire de Brouage, alors situĂ©e au bord de la mer, un point stratĂ©gique pour le contrĂŽle des salines charentaises. Prise Ă  son tour par les catholiques et les huguenots. En 1627, le cardinal de Richelieu est nommĂ© gouverneur de la ville. C’est Ă  cette occasion que celle-ci prend alors le nom de Brouage. Il ordonne que d’importants chantiers soient rĂ©alisĂ©s de 1628 Ă  1641, sous la direction de l’ingĂ©nieur Pierre de Conti, seigneur d’Argencourt. Un arsenal, une halle aux vivres, des magasins Ă  poudre et une forge royale y sont construites.  À l’extĂ©rieur, il fait revĂȘtir de pierres de taille les murailles de Robert de Chinon. Brouage devient alors le prototype des arsenaux modernes et le premier port europĂ©en d’exportation du sel, et avec Brest et Le Havre, l’un des trois pivots de la politique navale de Richelieu. En 1653, Mazarin devint gouverneur de Brouage. En 1659 celui-ci y exila sa niĂšce, Marie Mancini pour l’Ă©loigner du jeune Louis XIV qui la courtisait mais qui devait Ă©pouser pour des raisons politiques l’infante espagnole Marie-ThĂ©rĂšse d’Autriche (1638-1683).  En 1685, l’ingĂ©nieur François Ferry, collaborateur de Vauban, modernise les bastions et le chemin de ronde, Ă©paissit les remparts, dans l’optique d’une rĂ©habilitation de la place que Vauban juge plus intĂ©ressante que Rochefort en tant qu’arsenal. Les corps de garde sont restaurĂ©s et les dehors rasĂ©s. Le programme de Ferry, qui prĂ©voit une remise en eau d’une partie de Brouage, est restĂ© inachevĂ©. Seule la moitiĂ© sud de la ville en a bĂ©nĂ©ficiĂ©. Les travaux rĂ©alisĂ©s par Vauban et Ferry se rĂ©vĂšlent ĂȘtre un mauvais investissement puisque l’arsenal de Rochefort est finalement prĂ©fĂ©rĂ© Ă  celui de Brouage, car jugĂ© plus efficace. La ville est intĂ©gralement dĂ©militarisĂ©e en 1885 et doit faire face Ă  un exode massif de sa population. L’exportation du sel n’est plus assez rentable et le paludisme sĂ©vit dans le marais. Les remparts s’arasent progressivement. Aujourd’hui rĂ©investie, la place de Brouage est liĂ©e administrativement Ă  la commune voisine de Hiers. L’enceinte urbaine et le plan d’urbanisme de Brouage ont Ă©tĂ© conservĂ©s presque intĂ©gralement. La seule destruction fut une trouĂ©e routiĂšre percĂ©e prĂšs de la porte du rempart nord. Les bĂątiments existants se visitent librement ou lors de visites guidĂ©es : la caserne, les poudriĂšres, la forge royale, la halle aux vivres et les hangars de la courtine du front nord.

FORT DE L’AIGUILLE– FOURAS (17) :

 Estuaire de la Charente :  Cette redoute dite Fort Vauban fut construite en 1673 par monsieur de Sainte-Colombe (1610-1688) pour barrer l’Ă©troite pĂ©ninsule de la pointe de l’Aiguille Ă  l’endroit le plus Ă©troit de la presqu’Ăźle de Fouras. Il s’agit de la plus grande des redoutes construites sur le littoral de Charente-Maritime. Elle Ă©tait destinĂ©e Ă  empĂȘcher la prise Ă  revers du chĂąteau de Fouras par un ennemi dĂ©barquĂ© Ă  la Pointe de la FumĂ©e ou Ă  l’isthme d’Enet. Cette redoute de forme rectangulaire de 70 m sur 58 m Ă©tait baignĂ©e au sud et au nord par la mer. La redoute occupait toute la largeur de la pĂ©ninsule. Les cĂŽtĂ©s est et ouest possĂ©daient un fossĂ© envahi par l’eau de mer. Elle Ă©tait conçue avec des talus en sable soutenant les plateformes pour seize canons. Le travail de sape de la mer est tel que dĂšs 1699, dans un courrier du 12 mai au ministre, Ferry, ingĂ©nieur chargĂ© de la fortification de l’Aunis et Saintonge, en 1688, avec des murs en pierre sur les quatre cĂŽtĂ©s. Elle fut le prototype des redoutes garde-cĂŽte construites sous le rĂšgne de Louis XIV. Ferry prĂ©cise que cette redoute, une des plus grande de France se trouve presque entiĂšrement Ă©boulĂ©e et qu’il ne reste plus que son logement, son pont et la masse de ses terres sur lesquels on puisse compter mais que sa position stratĂ©gique implique qu’il faille absolument « la mettre en sa perfection ». Il demandera constamment Ă  ce qu’elle soit revĂȘtue comme prĂ©vu au commencement des travaux. Elle sera finalement parementĂ©e sur ses quatre faces dans la seconde moitiĂ© du XVIII Ăšme siĂšcle, reconnaissance Ă  titre posthume pour cet ingĂ©nieur. A l’origine, les deux fossĂ©s d’isolement Ă©taient alimentĂ©s par des vannes percĂ©es dans les batardeaux latĂ©raux. Il y avait Ă©galement deux flĂšches, l’une au sud qui permettait de couvrir l’Ă©cluse alimentant en eau le fossĂ© et l’autre au nord lui faisant pendant. Le principe de cette redoute verrouillant une pĂ©ninsule Ă  sa racine est repris la mĂȘme annĂ©e 1673 Ă  Sablanceaux et au Martray dans l’Ăźle de RĂ©. Les escarpes fortement talutĂ©es de la redoute maçonnĂ©e au XVIIIĂšme sont Ă©chancrĂ©es d’embrasures d’artillerie couvrant la rade de l’Ăźle d’Aix. Cette position permettait de mettre en batterie 16 piĂšces d’artillerie de fort calibre. Elle fut le prototype des redoutes garde-cĂŽte construites sous le rĂšgne de Louis XIV Aujourd’hui, il n’a plus de contact avec la mer que du cĂŽtĂ© mĂ©ridional. Construit en mĂȘme temps que le fort Lapointe, il Ă©tait destinĂ© Ă  repousser une Ă©ventuelle invasion par la pointe de la FumĂ©e. GrĂące Ă  ses fortifications, il permet de voir sans ĂȘtre vu, tout en rĂ©sistant de maniĂšre efficace aux attaques des navires du large. Aujourd’hui propriĂ©tĂ© de la municipalitĂ© de Fouras et inscrit Ă  l’inventaire supplĂ©mentaire des Monuments historiques, le fort de l’Eguille ne peut cependant ĂȘtre visitĂ© par le public. Le site, que la mer ne baigne plus que du cĂŽtĂ© sud, fut acquis en 2001 par la commune de Fouras qui le clĂŽtura pour des raisons de sĂ©curitĂ©

FORT LUPIN (17) : :

La construction du fort Lupin est dĂ©cidĂ©e en 1683 par Louis XIV pour complĂ©ter le dispositif dĂ©fensif de l’arsenal de Rochefort. Les premiers plans sont dessinĂ©s par l’ingĂ©nieur François Ferry qui les soumet Ă  Vauban. Celui-ci, considĂ©rant le projet de son subordonnĂ© trop coĂ»teux, le rĂ©duit et propose la construction d’un fort plus petit. Louis XIV accepte ce dernier projet. Le chantier dĂ©bute en 1685 et est terminĂ© en 1689, au dĂ©but de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg. Le fort Lupin est construit sur le plan-type Ă©tabli par Vauban pour les tours Ă  batterie basse. Cette batterie en forme de fer Ă  cheval est dotĂ©e de 22 embrasures Ă  canons. CĂŽtĂ© terre, le fort est dĂ©fendu par un chemin couvert dotĂ© de deux places d’armes rentrantes. Un pont permet de franchir le fossĂ© en eau. Au centre, la tour Ă  trois niveaux comporte : un magasin Ă  poudre et un arsenal au rez-de-chaussĂ©e, une chapelle au premier Ă©tage, et un hourd au sommet. La tour est en diagonale et protĂ©gĂ©e par un fossĂ© sec du cĂŽtĂ© de la batterie. Deux casernes de quatre chambres chacune, et percĂ©es de meurtriĂšres cĂŽtĂ© terre, occupent les deux cĂŽtĂ©s de la tour. Un corps de garde, un four et des latrines complĂštent l’ouvrage. Bien que menacĂ© de destruction sous le Premier Empire, le fort Lupin existe toujours et est trĂšs bien conservĂ© ; le hourd de la tour est le seul Ă©lĂ©ment Ă  avoir disparu. DĂ©classĂ© par l’État en 1950, il est vendu Ă  des particuliers et classĂ© au titre des Monuments historiques depuis 1950. Actuellement, il est ouvert Ă  la visite.

FOURAS (17) :

 Estuaire de la Charente : Site fortifiĂ© depuis le XIe siĂšcle, le donjon actuel du chĂąteau est construit vers 1300 puis remaniĂ© en 1480 Ă  la demande de Jean II de Brosse. En 1666, le chĂąteau devenu un fort devient une piĂšce maĂźtresse de l’arsenal de Rochefort, parce qu’il commande la rade oĂč s’arment les vaisseaux du roi. En 1689, pendant la Guerre de Hollande, l’ingĂ©nieur François Ferry, ingĂ©nieur chargĂ© de la fortification de l’Aunis et Saintonge, en 1688, modernise le site, sous la direction de Vauban qui ne prend pas part aux projets. Une enveloppe est construite autour de l’ancien donjon qui est lui-mĂȘme blindĂ© pour porter en terrasse du canon et un poste de signalisation maritime. Le chantier est interrompu vers 1691. En 1693, une batterie d’artillerie semi-circulaire est construite du cĂŽtĂ© de la mer ; Afin de permettre de supporter le poids des 9 canons installĂ©s sur la terrasse d’artillerie créée, il renforce les murs en les Ă©paississants par l’intĂ©rieur et en crĂ©ant un mur mĂ©dian de soutĂšnement. Ferry construira en 1693 Ă  l’avant du donjon Ă  quelques mĂštres au-dessus de la Charente une batterie basse semi-circulaire avec une Ă©chauguette mĂ©diane. Les gens du pays surnommĂšrent cette construction la  » lune Â Â» et en firent une curiositĂ© pour les voyageurs. En 1847-1848, une nouvelle campagne de construction fut entamĂ©e. La batterie Ă  l’ouest du donjon fut casematĂ©e afin de prendre le littoral en enfilade pour empĂȘcher tout dĂ©barquement. Une caserne Ă  un seul niveau avec deux pavillons bastionnĂ©s fut construite Ă  l’est du chĂąteau. La caserne sera rasĂ©e en 1935 (le parking actuel en occupe l’emplacement). Du chĂąteau mĂ©diĂ©val, il subsiste l’aspect extĂ©rieur du donjon et le front est (face au parking) avec l’entrĂ©e Ă  pont-levis et les deux tours datĂ©s du XVe siĂšcle. DĂ©classĂ© en 1889, le fort est rĂ©utilisĂ© par la Marine nationale dans la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, qui y installe un sĂ©maphore. La commune l’acquiert dans la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle. Le fort est classĂ© au titre des Monuments historiques depuis 1987. L’ensemble des amĂ©nagements de la pĂ©riode Vauban subsiste, de mĂȘme que le donjon mĂ©diĂ©val remaniĂ©. Ce dernier abrite aujourd’hui un musĂ©e maritime.

 

ILE D’AIX (17) : FORT DE LA RADE  (Fort de la SommitĂ©) :

 L’Ăźle d’Aix se trouvant au cƓur de la ceinture fortifiĂ©e protĂ©geant la rade de l’arsenal de Rochefort, on y Ă©difie deux forts sous Richelieu, renforcĂ©s par Vauban, reliĂ©s sur le contour de l’Ăźle par une sĂ©rie de batteries, activĂ©e en temps de guerre et prolongĂ©s par d’autres forteresses, sur le continent, l’Ăźle d’OlĂ©ron (fort des Saumonards), et dans le pertuis de Maumusson (fort Louvois ou Fort du Chapus).  ProposĂ©e dĂšs 1667 par la commission des fortifications, la construction du fort ne commencera qu’en 1691, suivant le projet de Vauban. Accessible par un pont-levis et entourĂ© de douves, l’ouvrage est par la suite flanquĂ© de cinq bastions, dont les stigmates restent visibles aujourd’hui lors des grandes marĂ©es.  Â Â» La grande tour ou donjon, le pont de l’entrĂ©e du fort, le parapet de maçonnerie, une caserne… le grand mĂŽle des dĂ©barquements, le moulin Ă  vent » s’achĂšvent fin de l’Ă©tĂ© 1693. L’ensemble fortifiĂ© sera totalement achevĂ© en 1703. La tour Ă©tait composĂ©e de trois niveaux : un sous-sol, situĂ© au niveau des douves, destinĂ© au stockage des munitions de guerre et de bouche ; un rez-de-chaussĂ©e, situĂ© au niveau terrestre, permettant la communication avec le corps de place. On y trouvait aussi un corps de garde et un arsenal et un niveau supĂ©rieur faisant office de plateforme d’artillerie pour 14 canons avec deux pavillons servant respectivement de hangar d’hivernage (pavillon sud) et de chapelle (pavillon nord). Au centre, une tour haute coiffĂ©e d’un clocheton servait Ă  la fois de poste de surveillance, d’amer pour la navigation et peut-ĂȘtre mĂȘme de phare. IncendiĂ©e par les Britanniques avant de quitter l’Ăźle d’Aix et de mettre Ă  la voile, la caserne originelle n’existe plus. Vaste bĂątiment (60 m x 15 m) composĂ© de deux niveaux, la caserne occupait une place importante dans le fort et pouvait accueillir 180 hommes. Outre le fort, Vauban a prĂ©vu la construction sur l’üle d’un village avec un tracĂ© des rues en Ă©ventail. En septembre 1757, la flotte anglaise commandĂ©e par l’amiral Hawke se prĂ©sente dans la rade de l’Ăźle d’Aix, et dĂ©truit entiĂšrement ce premier fort.  AprĂšs la mise Ă  sac de l’Ăźle par les Anglais en septembre 1757, le Fort de la Rade est rĂ©parĂ© mais on supprime la garnison en 1768. Un fort en bois est rĂ©alisĂ© en quelques semaines en 1779. Les vĂ©ritables constructions de dĂ©fenses de l’Ăźle ne commencent qu’Ă  la moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle, sous forme de fortifications, voulues par Louis XV. Le 23 septembre 1757, les fortifications ne sont pas terminĂ©es lors d’une attaque anglaise, commandĂ©e par l’amiral Hawke, et composĂ©e de dix-huit vaisseaux de ligne, de neuf frĂ©gates, et de deux galiotes Ă  bombes et d’environ 90 bĂątiments de transport montĂ©s par 11 000 hommes de troupes. Trois jours aprĂšs, il force la faible garnison de l’Ăźle d’Aix Ă  se rendre, aprĂšs avoir dĂ©truit par le canon tous les ouvrages de dĂ©fense. Les anglais ravagent le donjon et le village, puis partent avec la cloche de l’Ă©glise, aprĂšs avoir rasĂ© son clocher. La flotte anglaise reprend la mer le 1er octobre. En 1779, Montalembert, secondĂ© par Choderlos de Laclos, entreprend la construction sur le mĂȘme emplacement d’un ouvrage en bois, fort Ă©phĂ©mĂšre puisque dĂ©truit en 1783 sans avoir jamais livrĂ© le moindre combat. Le fort de la Rade doit sa physionomie et son nom actuels aux travaux napolĂ©oniens. DotĂ© d’un imposant bĂątiment central destinĂ© Ă  accueillir les piĂšces d’artillerie, le fort dispose de longs remparts permettant de faire le tour de l’ouvrage, en offrant une vue imprenable sur les Ăźles Madame, d’OlĂ©ron et de RĂ©, les deux phares de l’Ăźle d’Aix, et le cĂ©lĂšbre fort Boyard. Divers rĂ©amĂ©nagements sont effectuĂ©s durant la seconde moitiĂ© du XIXĂšme siĂšcle, dont des abris en bĂ©ton datant de 1890.

 

ILE MADAME (17) : 

 En 1685 dĂ©bute la fortification de l’üle Madame, avec la construction de deux batteries Ă©quipĂ©es de canons. Ce n’est que vers 1693 que les premiers talus sont Ă©levĂ©s. La batterie de la Passe aux Filles voit le jour en 1695. Son tracĂ© est bien identifiĂ© avec la redoute construite en 1703 sur la carne de Cassini.En 1703, vient s’ajouter le Fort de l’üle Madame et des casemates, qui assurent la protection de la rade de l’üle d’Aix et de l’arsenal maritime qui sont de plus en plus menacĂ©s par la Marine anglaise.  Au dĂ©but du 18Ăšme siĂšcle, la redoute de l’ingĂ©nieur Rousselot, carrĂ© de 36m de cĂŽtĂ©, coiffe le sommet de l’üle en vis-Ă -vis du Fort Vauban Ă  Fouras. Au milieu du 19Ăšme siĂšcle, l’ajout d’une caserne dĂ©fensive pour 250 hommes sur la face sud-est du fort et la construction d’une batterie orientĂ©e vers la rade de l’üle d’Aix parachĂšve la dĂ©fense de l’üle Madame. Le fort sera utilisĂ© comme prison Ă  partir de la RĂ©volution.

ILE D’OLERON (17)

ILE D’OLERON – CHATEAU D’OLERON :

Ville mĂ©diĂ©vale et principale agglomĂ©ration de l’üle du mĂȘme nom, Le ChĂąteau d’OlĂ©ron aurait reçu ses premiĂšres fortifications et son premier chĂąteau au XIIe siĂšcle, pendant la gouvernance des ducs d’Aquitaine. Le chĂąteau est dĂ©mantelĂ© en 1622 sur ordre de Louis XIII lors de la reconquĂȘte de terres passĂ©es Ă  la religion rĂ©formĂ©e. En 1628, Richelieu ordonne la construction de la citadelle actuelle, Ă  l’est de l’emplacement de l’ancien chĂąteau, avec l’objectif de verrouiller le coureau d’OlĂ©ron, mais Ă©galement de contrĂŽler les chargements de sel sortant de la place forte de Brouage. Le chantier, dirigĂ© par l’ingĂ©nieur d’Argencourt, dure onze ans. Lorsque Louis XIV ordonne la crĂ©ation de Rochefort, le site d’OlĂ©ron est retenu comme place avancĂ©e pour la dĂ©fense du nouveau port arsenal. Le chantier, dirigĂ© par l’ingĂ©nieur d’Argencourt, dure onze ans. Lorsque Louis XIV ordonne la crĂ©ation de Rochefort, le site d’OlĂ©ron est retenu comme place avancĂ©e pour la dĂ©fense du nouveau port arsenal. Les travaux dĂ©butent en 1630, sous la direction de l’ingĂ©nieur Pierre de Conty d’Argencour, de Louis Nicolas de Clerville puis de Vauban. Ce dernier prĂ©conise une extension de l’ouvrage Ă©difiĂ© par ses prĂ©dĂ©cesseurs, ce qui entraĂźne la destruction d’une grande partie de la citĂ© (maisons, bĂątiments publics, couvents et Ă©glises, ces derniĂšres Ă©tant remplacĂ©es par un Ă©difice moderne en 1700). La citadelle abrite une garnison ainsi que le logis du gouverneur de l’Ăźle. Elle est Ă©galement une Ă©tape oĂč viennent s’entraĂźner les soldats en partance pour la Nouvelle-France (Acadie, QuĂ©bec, Louisiane) il dote l’ouvrage d’un front de mer bastionnĂ© et d’une enveloppe cĂŽtĂ© terre en 1675. DĂšs 1688, Vauban dessine un projet pour OlĂ©ron, dont il confie la mise en Ɠuvre Ă  Ferry. Il envisage un front de terre hypertrophiĂ© et une vaste enceinte de ville Ă©quipĂ©e de tours bastionnĂ©es pleines, restĂ©e inachevĂ©e. Ferry fait raser une partie de l’enceinte de l’époque de Richelieu et construit deux ouvrages Ă  corne, l’un vers la ville dotĂ© d’une demi-lune, l’autre devant les marais. Ce dernier s’effondrera peu de temps aprĂšs sa construction. Une seconde demi-lune est bĂątie en complĂ©ment de celle de d’Argencourt. Les chemins couverts et les glacis sont terminĂ©s cinq ans plus tard. La modernisation de l’enceinte de la ville reste inachevĂ©e. En 1741, la façade de la porte principale et le pont dormant sont restaurĂ©s. En 1758, une descente des Anglais durant la Guerre de Sept Ans incite le GĂ©nie français Ă  renforcer les dĂ©fenses du cĂŽtĂ© de l’üle d’Aix. Une poudriĂšre est construite au sein du bastion Saint-Nicolas en 1780. Alors que Le ChĂąteau d’OlĂ©ron est devenu une ville de garnison, la citadelle n’est que trĂšs peu modifiĂ©e au siĂšcle suivant. Le site est rĂ©quisitionnĂ© par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et dĂ©truit Ă  90% en 1945 par les bombardements alliĂ©s. ClassĂ©e au titre des Monuments historiques en 1929, la citadelle et les remparts urbains ont Ă©tĂ© conservĂ©s et se visitent. La citadelle a Ă©tĂ© restaurĂ©e deux fois : la premiĂšre entre 1959 et 1970, suite aux bombardements de 1944-1945 ; la seconde en 1988, afin de rĂ©parer les dĂ©gĂąts causĂ©s par son abandon depuis 1970. Les bĂątiments de la citadelle sont devenus des lieux d’expositions et de manifestations culturelles. Le plan-relief de 1703, restaurĂ© en 1772, 1828, 1920 et 1936 est conservĂ© au MusĂ©e des Plans-Reliefs de Paris et permet de documenter l’aspect des fortifications Ă  l’époque de Vauban. Une copie du plan-relief est exposĂ©e dans la poudriĂšre. OlĂ©ron ne prĂ©sente qu’un intĂ©rĂȘt mineur pour l’Ɠuvre de Vauban, en tant que place remaniĂ©e. NĂ©anmoins, elle tĂ©moigne de la fortification bastionnĂ©e française sous Louis XIII, ainsi que de l’Ɠuvre du Chevalier de Clerville, prĂ©dĂ©cesseur immĂ©diat de Vauban.

ILE D’OLERON – ENCEINTE URBAINE :

A partir de 1700, Vauban fait reconstruire la CitĂ© qu’il avait dĂ©truite pour la rĂ©alisation de la Citadelle.  Une ville nouvelle est reconstruite aux abords de la forteresse. Ses rues se coupent Ă  angle droit (plan hippodamien ou orthogonal), irradiant Ă  partir d’une place d’armes. Trois portes fortifiĂ©es permettaient l’accĂšs Ă  la citĂ© : la porte de Dolus, la porte des PĂȘcheurs et la porte d’Ors (aujourd’hui dĂ©truite).

ILE D’OLERON – BATTERIE DU SAUMONARD : En 1701 sont Ă©tablies, probablement par l’ingĂ©nieur Ferry, des batteries limitĂ©es Ă  de simples Ă©paulements et, en 1703, Monsieur Ferry ajoute « Le Seigneur de Vauban estime qu’il conviendrait d’édifier un fort en pleine mer sur la longe de Boyard pour interdire l’accĂšs. Mais d’aprĂšs Monsieur le MarĂ©chal, il serait plus aisĂ© d’attraper la lune avec les dents que de construire un fort Ă  un tel endroit» et il poursuit « en imaginant que nos adversaires puissent passer cette ligne de feu, ils devront ensuite faire face Ă  nos fortifications de l’estuaire de la Charente. C’est la redoute de l’Aiguille et de l’Ăźle Madame, le ChĂąteau de Fouras et les forts de La Pointe  et de Lupin de chaque cĂŽtĂ© du fleuve. Â» En 1811 est installĂ©e en guise de rĂ©duit, une tour restĂ©e inachevĂ©e en 1815 ; de 1850 Ă  1855 l’ouvrage est transformĂ© en ouvrage fermĂ© et la tour rĂ©duit est intĂ©grĂ©e comme caponniĂšre de gorge. En 1879 est Ă©difiĂ© Ă  l’extĂ©rieur, au nord-ouest, la batterie annexĂ©e des Saumonards, puis peu aprĂšs la batterie de mortiers des Saumonards et la redoute de Beauregard pour assurer la dĂ©fense arriĂšre ; vers 1890, en raison de la crise de l’obus torpille, sont construits, Ă  la batterie annexe et Ă  la batterie de Mortiers, des magasins Ă  poudre en bĂ©ton spĂ©cial.  AppelĂ©e fort la GalissonniĂšre, la batterie des Saumonards est l’objet de projets de remaniements non aboutis ; aucun ouvrage n’est ajoutĂ© pendant l’occupation aprĂšs laquelle le fort devient colonie de vacances tandis que la redoute de Beauregard et la batterie de Mortiers sont aliĂ©nĂ©s Ă  des particuliers aprĂšs, semble-t-il, destruction sur place du matĂ©riel.

ILE D’OLERON – PHARE DU CHASSIRON : La premiĂšre tour du phare de Chassiron, de 33 mĂštres de haut, a Ă©tĂ© construite sur ordre de Colbert en 1685. À l’Ă©poque, Rochefort Ă©tait un arsenal militaire de la marine royale. Ce dernier avait une position stratĂ©gique car il Ă©tait protĂ©gĂ© cĂŽtĂ© terre par la Charente et cĂŽtĂ© mer par les pertuis charentais et les fortifications maritimes. De nombreux naufrages ont eu lieu sur la cĂŽte dĂ©coupĂ©e du nord de l’Ăźle. Il devenait alors essentiel de construire un phare pour orienter les marins et pour baliser l’entrĂ©e du pertuis. De façon Ă  le diffĂ©rencier de ses voisins, que sont le phare des Baleines sur l’Ăźle de RĂ© et le phare de Cordouan dans l’estuaire de la Gironde, la tour Colbert Ă©tait Ă©clairĂ©e par deux feux de bois. La tour d’origine Ă©tant trop basse, un nouveau phare a Ă©tĂ© construit en 1834 et mis en service le 1er dĂ©cembre 1836.

ILE DE RE (17) :

ILE DE RE – SAINT MARTIN DE RE CITADELLE : Une premiĂšre citadelle est construite en 1625 qui fut dĂ©truite en 1628. En 1627, le duc de Buckingham dĂ©barque 5 000 soldats et 100 cavaliers, pour appuyer les protestants français et pousser La Rochelle Ă  la prise d’armes. Le siĂšge est mis le 10 juillet. Le fort Saint-Martin, avec Ă  sa tĂȘte le comte de Toiras, rĂ©siste, notamment grĂące Ă  un convoi de vivres de 35 bateaux qui entre le 16 octobre. Un corps spĂ©cial de 3 000 hommes est formĂ© par Richelieu et dĂ©barque par surprise sur l’üle, commandĂ© par le marĂ©chal de Schomberg. Le siĂšge est levĂ©, les Anglais laissant mille morts sur le terrain et s’échappant grĂące Ă  leur flotte. Le 18 septembre 1627, Buckingham se prĂ©sente Ă  nouveau devant Saint-Martin, mais il est mitraillĂ© et canonnĂ© et ne tente pas le dĂ©barquement. La citadelle, reconstruite par Vauban et François Ferry de 1681 jusqu’Ă  la fin du XVIIe siĂšcle, Ă  la suite du siĂšge de La Rochelle constitue un carrĂ© parfait, n’est accessible que par une seule porte d’entrĂ©e monumentale, ouvrant sur un petit port retranchĂ©. Des bĂątiments intĂ©rieurs, prĂ©vus pour 1200 hommes, subsiste une caserne, la chapelle, l’arsenal, les souterrains des bastions et le pavillon d’officier. Elle est dĂ©fendue par quatre Bastions (Bastion du Roi, de la Reine, de France surmontĂ© d’un Cavalier  et le Bastion Dauphin et par trois Demi-lunes (pas de demi-lune cĂŽtĂ© mer mais un petit port), les demi-lunes de France, de Communication, de Saint-Martin ainsi que par la contregarde Dauphine). ConservĂ©e intacte dans son Ă©crin de glacis non urbanisĂ©, Saint-Martin-de-RĂ© est la plus belle application conservĂ©e du premier systĂšme de Vauban et sĂ»rement le plus bel exemple d’un rĂ©duit insulaire. Jadis place militaire puissante et port actif, Saint-Martin-de-RĂ© est devenue une charmante citĂ© aux rues Ă©troites et paisibles. En  1696, les 15 et 16 juillet, Saint-Martin-de-RĂ© est bombardĂ© par la flotte anglo-hollandaise. Depuis le XIXĂš la citadelle est utilisĂ©e comme prison. En application du dĂ©cret-loi de juin 1938 abolissant la transportation, le dĂ©pĂŽt devint un centre pĂ©nitentiaire, puis une centrale. Aujourd’hui, la citadelle, qui depuis les annĂ©es 1700 a toujours servi de prison, est un pĂ©nitencier toujours en activitĂ© : une maison centrale qui accueille plus de 400 dĂ©tenus.

ILE DE RE – SAINT MARTIN DE RE ENCEINTE UJRBAINE : En 1681, commencent les travaux de l’enceinte urbaine et de la citadelle voulues par Vauban. L’enceinte urbaine, unique par ses dimensions, un demi-cercle d’1,5 kilomĂštres de rayon et de 14 kilomĂštres de rempart, est rĂ©alisĂ©e d’un seul jet sans contraintes gĂ©ographiques liĂ©es au site. L’enceinte comprend 5 bastions, selon un module type, rĂ©pĂ©tĂ© tout autour de la Ville, mis bout Ă  bout, composĂ© par : des demi-lunes, Ăźlots triangulaires Ă©galement entourĂ©s par le fossĂ©, une Ă  gauche et une Ă  droite, en avant-garde et un bastion triangulaire, placĂ© au centre, ayant aux extrĂ©mitĂ©s latĂ©rales un orillon masquant trois embrasures (dont les canons, invisibles de l’attaquant, balayaient le fossĂ© de leurs boulets et mitraille) reliĂ© aux bastions voisins par la courtine. La totalitĂ© du Front de Mer de la Ville est bordĂ©e de remparts, parfois crĂ©nelĂ©s pour y placer quelques piĂšces d’artillerie, de la Contregarde Dauphine (La Citadelle*) jusqu’Ă  la Contregarde de la Mer. L’entrĂ©e du havre est protĂ©gĂ©e par une forme, l’Eperon et deux parties nommĂ©es Ouvrage Ă  Corne de la Mer ; elle est dĂ©fendue par le Corps de Garde de la ChaĂźne, une chaĂźne forte pouvant fermer l’entrĂ©e du port et par le Corps de Garde du Havre . Les trois immenses flaques d’eau devant le front de mer observables sur les cartes d’époque, rĂ©sultent de la construction des remparts, la plus Ă  l’Ouest Ă©tant Ă©quipĂ©e d’Ă©cluses de chasse pour le nettoyage du Havre. Les sorties du fossĂ© vers la mer sont obturĂ©es par un Batardeau qui rĂ©gule les mouvements d’eau. Le port comportait un Arsenal.  Durant le XVIIIe siĂšcle, le port est trĂšs actif avec le commerce du sel, du vin et des eaux de vie. L’ensemble de la Citadelle et de l’enceinte urbaine a Ă©tĂ© classĂ© au patrimoine mondial de l’humanitĂ© avec le rĂ©seau des sites majeurs de Vauban le 7 juillet 2008. Quatre bastions (22, 25, 27, 29, 31) ont un tracĂ© rĂ©gulier Ă  orillon et comportent pour certains des poternes dĂ©bouchant dans le revers de leur orillon, les bastions 25 et 29 sont surmontĂ©s d’un cavalier. Certains bastions comportent des caponniĂšres simples derriĂšre leur orillon. Le bastion de la mer (n°19) Ă  l’ouest comporte un tracĂ© Ă  orillon avec poterne sur son flanc gauche, son autre flanc est droit, le bastion est surmontĂ© d’un cavalier. Le bastion de la Flotte (n°31) Ă  l’est est un demi-bastion Ă  orillon, son flanc gauche sert de mur de communication avec la citadelle. L’enceinte principale est entourĂ©e d’un fossĂ© sec, chaque courtine est prĂ©cĂ©dĂ©e d’une demi-lune et le bastion de la mer est renforcĂ© d’une contre-garde. L’ensemble est entourĂ© d’une ligne de glacis avec chemin couvert, des traverses protĂšgent les places d’armes rentrantes du chemin couvert. Au cours du XVIIIe siĂšcle, une cunette est progressivement rĂ©alisĂ©e dans le fossĂ© principal et autour des demi-lunes de l’enceinte. En 1791, trois poternes sont rĂ©alisĂ©es au centre des courtines reliĂ©es au pas de souris des demi-lunes par des caponniĂšres doubles, des caponniĂšres simples sont Ă©galement ajoutĂ©es derriĂšre les orillons de certains bastions et des traverses ajoutĂ©es aux saillants sur le chemin couvert du glacis

ILE DE RE – FORT LA PRE : Construit en 1626, il avait pour objectif premier d’assurer la souverainetĂ© du roi Louis XIII sur l’üle, qui Ă©tait Ă  cette Ă©poque un territoire stratĂ©gique pour la couronne face aux Protestants de la Rochelle. Il eut un rĂŽle important lors du siĂšge de l’üle par le duc de Buckingham en 1627. DotĂ© d’un petit port Ă  l’intĂ©rieur de ses fortifications, il permit le dĂ©barquement des troupes royales, de nuit, ce qui participa Ă  la victoire des troupes françaises rĂ©sistant sur l’üle. Ce site fĂ»t menacĂ© de destruction de nombreuses fois au fil des siĂšcles, notamment sous le rĂšgne de Louis XIV avec l’ingĂ©nieur Vauban. Ce dernier fit dĂ©truire tout le systĂšme dĂ©fensif extĂ©rieur et construire des bĂątiments en adĂ©quation avec les besoins de l’époque. Le fort la PrĂ©e tomba dans l’oubli Ă  la fin du XVIIĂš siĂšcle au profit de la citadelle de Saint Martin de RĂ©, construite entre 1681 et 1684. Tout au long du siĂšcle suivant, il joua un rĂŽle de forteresse secondaire mais servit aussi au dĂ©barquement de tous les voyageurs en provenance du continent. A la fin du XIXĂš siĂšcle, son architecture connait quelques modifications et amĂ©liorations notoires. L’armĂ©e attribue alors au petit fort une fonction de dĂ©fense du port de la Pallice nouvellement construit. L’armĂ©e l’occupe jusqu’aux premiĂšres annĂ©es du XXĂš siĂšcle et il est ensuite dĂ©classĂ©. 

ILE DE RE -PHARE DES BALEINES : La tour des Baleines est construite de 1669 Ă  1682 sur les plans d’Augier. Elle Ă©tait destinĂ©e Ă  dĂ©tourner les navires des rochers dangereux des Baleines et Ă  servir de couverture au port militaire de Rochefort.  Cette tour de 29 m de haut (31 m au-dessus de la mer) et d’une circonfĂ©rence de 8 m, est une tour en pierres de taille des carriĂšres de Saint-Savinien. Elle comporte 3 Ă©tages auxquels on accĂšde par un escalier Ă  vis (112 marches), qui dessert 3 piĂšces. La tour brĂ»lait Ă  l’origine de l’huile de poisson et de baleine dont le rendement en termes d’éclairage Ă©tait faible et dont l’efficacitĂ© Ă©tait rĂ©duite, la combustion de l’huile tendant Ă  calciner les vitres de la lanterne. L’huile de baleine Ă©tait alors le combustible privilĂ©giĂ©, si bien que les besoins de l’éclairage dans le monde accĂ©lĂ©rĂšrent dangereusement la chasse de ce mammifĂšre marin aujourd’hui protĂ©gĂ©. DĂšs 1736, le charbon fut substituĂ© Ă  l’huile de baleine comme combustible. Il Ă©tait brĂ»lĂ© dans un rĂ©chaud surmontĂ© d’un dĂŽme permettant de rĂ©flĂ©chir la lumiĂšre. Ce changement permit d’amĂ©liorer le rendement d’éclairage mais nĂ©cessitait d’acheminer des quantitĂ©s importantes de houille. Elle est classĂ©e  2007, un musĂ©e consacrĂ© aux phares et balises a Ă©tĂ© créé dans cet ancien bĂątiment de l’Ă©cole des gardiens de phare aux pieds de la vieille tour.

 

 RIVEDOUX  SANBLANCEAUX (17) :

 A la suite du dĂ©barquement, sur les plages de la pointe de Sablanceaux, de 10 000 soldats anglais, venus aider les Rochelais assiĂ©gĂ©s, sous la conduite du Duc de Buckingham en 1627, Colbert demande Ă  Vauban la construction de cet ouvrage. Vauban en aurait dit : « Cet Ă©difice est le poste non seulement le plus exposĂ© de toute l’üle, mais de tout le royaume. D’autant plus que le jour oĂč l’ennemi aura mis pied-Ă -terre, on peut compter l’üle Ă  demi perdue. Ce poste mĂ©rite d’ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le plus important de l’üle aprĂšs Saint Martin de Ré »  C’est un fortin carrĂ©, de 45 mĂštres de cĂŽtĂ©, flanquĂ© de deux ailes (contre-garde), de part et d’autre, barrant, Ă  l’époque, la pointe de Sablanceaux, sur toute sa largeur. EntourĂ© d’un fossĂ© sec, protĂ©gĂ© par un chemin couvert et un glacis Ă  l’est, l’entrĂ©e se faisait par un pont dormant, un pont-levis et une poterne passant Ă  travers la fortification, Ă  l’ouest. À l’intĂ©rieur, deux corps de garde, avec un Ă©tage, l’un contre le mur nord, l’autre au sud. Une poudriĂšre est logĂ©e dans la muraille nord. Un puits l’alimente en eau douce, indispensable en cas de siĂšge. Petite place forte prĂ©vue pour une trentaine d’hommes, une douzaine de canons et 3 tonnes de poudre. Deux autres redoutes furent construites sur l’üle, au nord (Les Portes-en-RĂ©) et Ă  l’ouest (Martray, Ars-en-RĂ©). L’ouvrage est complĂ©tĂ© Ă  partir de 1701 par l’installation Ă  son voisinage de batteries. L’une d’elles, la Batterie de Sablanceaux, situĂ©e Ă  moins de 500 m, au bout de la pointe de Sablanceaux, sera progressivement agrandie et modernisĂ©e jusqu’Ă  la seconde guerre. La redoute est rĂ©habilitĂ©e en 1862. Pendant la Seconde Guerre mondiale et dans le cadre du mur de l’Atlantique, l’armĂ©e d’occupation y intĂšgre un blockhaus d’observation dans le corps de garde sud, invisible de l’extĂ©rieur (contrairement Ă  celui construit dans la redoute du Martray) ainsi qu’une batterie sur la contre-garde sud. À l’abandon depuis la fin de la derniĂšre guerre, le fossĂ© cĂŽtĂ© entrĂ©e (Ouest) est comblĂ©, un camping est installĂ© sur le glacis. En 2005, la municipalitĂ© de Rivedoux-Plage a acquis la redoute et les terrains avoisinants.

 

ROCHEFORT (17) :

Ville neuve d’Ancien RĂ©gime fondĂ©e autour d’un chĂąteau mĂ©diĂ©val, Rochefort est créée Ă  partir de 1666. Les premiers projets du chevalier de Clerville prĂ©voient la rĂ©alisation d’une ville-arsenal maritime sur la Charente de vingt-deux hectares, entourĂ©e par une enceinte Ă  redans sans vĂ©ritable valeur militaire. Il est prĂ©vu que l’arsenal et ses bĂątiments occupent toute la rive droite de la Charente sur une distance de 1800 m. Pour la ville proprement dite, Clerville prĂ©voit un plan en damier basĂ© sur trois places, la premiĂšre servant de parvis Ă  la Maison du Roi, siĂšge de l’autoritĂ© ; les deux autres accueillent l’église et la halle urbaine. L’architecte François Blondel reprend une structure similaire dans un plan d’urbanisme baroque, datĂ© de 1666. Cependant, il faut attendre le dĂ©but des travaux en 1674 pour que l’enceinte urbaine soit Ă©difiĂ©e. Elle sera terminĂ©e cinq ans plus tard. Les rues de la ville sont alors dĂ©jĂ  tracĂ©es et pavĂ©es. La construction de logements pour les ouvriers de l’arsenal avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©vue dans les premiers projets de Clerville. En 1674, il propose de rĂ©server plusieurs Ăźlots de la ville neuve Ă  l’habitat. Ces maisons devaient comporter des boutiques au rez-de-chaussĂ©e, un logement dans les Ă©tages, une cave et un jardinet afin de pouvoir y cultiver un potager. Cependant, ce projet est venu trop tard. DĂšs 1672, une ville champignon composĂ©e de maisons de bois de mise en Ɠuvre mĂ©diocre a envahi les Ăźlots urbains proches de l’arsenal. En 1681, Vauban dĂ©plore que l’enceinte n’enserre pas tout l’arsenal et que la rive gauche du fleuve ne soit pas occupĂ©e. En 1686, selon ses directives, François Ferry achĂšve l’enceinte en construisant un front le long du fleuve et en refermant les remparts au sud, autour de la zone industrielle de l’arsenal. Il y construit deux fronts bastionnĂ©s flanquĂ©s par un bastion d’angle et deux demi-bastions. Un fossĂ© inondĂ© les prĂ©cĂšde. Une porte dĂ©fendue par une demi-lune perce le front ouest. Il impose pour le lotissement intra muros un cahier des charges comprenant le remplacement des maisons de bois par des maisons en pierre, des immeubles Ă  deux Ă©tages et des galetas aux angles des Ăźlots ainsi qu’un rĂšglement sanitaire. Chaque immeuble doit possĂ©der son jardin potager et sa soue Ă  cochons. Des casernes ont Ă©tĂ© construites pour soulager les habitants du logement des troupes. L’arsenal occupe le sud de la ville. L’ensemble comprend une importante corderie le long du fleuve, un bassin de radoub, des ateliers, une fonderie Ă  canons et des magasins de stockage. La corderie sĂ©pare la ville du fleuve et comporte le bĂątiment majeur long de 374 m permettant la fabrication de cordages de 200 m de long. Les autres installations sont beaucoup plus dispersĂ©es.  Au cours du XVIIIe siĂšcle, la ville se peuple progressivement. Sous le rĂšgne de Louis XVI, un hĂŽpital de la marine hors les murs est rĂ©alisĂ©. Pendant la Monarchie de Juillet (1830-1848), l’enceinte de l’arsenal est reconstruite et dotĂ©e d’une nouvelle porte dĂ©corĂ©e de motifs qui mettent en scĂšne le pouvoir royal restaurĂ©. Le chantier d’édification d’une enceinte sur la rive gauche de la Charente, qui avaient dĂ©butĂ© dĂ©s la Restauration, est interrompu sous le Second Empire ; l’espace compris entre ces remparts et le fleuve reste vide. L’enceinte urbaine de Rochefort a Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©e en 1938. L’arsenal est dĂ©militarisĂ© depuis 1927. Il en subsiste la Corderie royale, les bassins de radoub, l’hĂŽpital maritime, la porte de l’arsenal et l’enceinte inachevĂ©e de la rive gauche de la Charente. La corderie, plus grand bĂątiment industriel du XVIIe siĂšcle est bien restaurĂ© et abrite aujourd’hui le Centre International de la mer, le Conservatoire de l’Espace Littoral, la Ligue pour la protection des Oiseaux, la Chambre de Commerce et d’Industrie et la BibliothĂšque-MĂ©diathĂšque de Rochefort. L’Hermione, rĂ©plique de la frĂ©gate utilisĂ©e par le marquis de La Fayette pour se rendre aux Etats-Unis en 1780, y a Ă©tĂ© construite de 1997 Ă  2014.

Plan_de_Thuin_1670-

LA ROCHELLE (17) :

 Ville neuve implantĂ©e par le duc d’Aquitaine au cours du Xe siĂšcle, La Rochelle reçoit sa premiĂšre enceinte au XIIe siĂšcle. Les premiers ouvrages modernes sont construits sous le rĂšgne Henri IV par l’ingĂ©nieur italien Scipione Vergano alors que la ville bascule en bloc Ă  la RĂ©forme. Cette enceinte bastionnĂ©e est complĂ©tĂ©e Ă  la fin du XVIe siĂšcle et renforcĂ©e en 1621 par les Rochelais dans le mĂȘme temps oĂč la ville devient une place de sĂ»retĂ© protestante. Ce systĂšme dĂ©fensif exemplaire rĂ©siste au long siĂšge de 1627-1628 menĂ© par Richelieu. Sorti victorieux, le pouvoir royal fait raser les fortifications, Ă  l’exception du front de mer. En 1689, Louis XIV envoie sur place l’ingĂ©nieur François Ferry, collaborateur de Vauban, pour y reconstruire une nouvelle enceinte. Son projet prĂ©voit une nouvelle enceinte beaucoup plus vaste que la prĂ©cĂ©dente, composĂ©e de neuf bastions, deux demi-lunes, un ouvrage Ă  corne dit de Saint-Nicolas et une redoute. Les travaux s’achĂšvent en 1724, mais finalement seul l’ouvrage Ă  corne a Ă©tĂ© intĂ©gralement rĂ©alisĂ© suivant le plan de Ferry. DĂ©classĂ©es en 1900, les fortifications de la Rochelle sont dĂ©mantelĂ©es Ă  partir de 1920. Six portes subsistent dont deux sont antĂ©rieures aux travaux de Ferry : la tour de l’Horloge (XIVe siĂšcle), la porte protestante de Maubec, le corps de garde de la porte de Cougnes, les piliers de la porte Neuve (1689), la partie infĂ©rieure de la porte Dauphine (1689) et la porte Royale (1706-1723). Durant la seconde guerre, les allemands ont rĂ©alisĂ©s de nombreux ouvrages de fortifications.

CAP FREHEL (22)  :

Deux phares dominent ce cap, le plus ancien, dĂ©sormais hors service a Ă©tĂ© construit en 1702 sous contrĂŽle de Vauban par Jean SimĂ©on Garangeau, ingĂ©nieur en chef et directeur des fortifications de Saint-Malo et avait pour vocation de prĂ©venir les attaques de la flotte anglaise. Garangeau reprend les plans du phare du Stiff pour construire ce premier phare allumĂ© en 1702 (mais uniquement les mois d’hiver). En 1717, la marine ordonne l’allumage du feu toute l’annĂ©e. Les dĂ©penses liĂ©es Ă  cet allumage sont financĂ©es par une taxe, payĂ©e par les navires entrant dans les ports compris entre le cap FrĂ©hel et RegnĂ©ville. Devant son Ă©tat dĂ©gradĂ©, Leonce Reynaud dĂ©cide de construire une nouvelle tour plus haute en 1845 et47, dĂ©truit par les allemands en 1944, il sera reconstruit en 1946.

BREST (29) :

BREST ENCEINTE URBAINE : . Brest s’est toujours construite autour de son arsenal le long de l’embouchure de la riviĂšre de Penfeld : la rive gauche, francophone et bourgeoise, s’est dĂ©veloppĂ©e autour de son chĂąteau alors que la rive droite, connue pour son quartier de Recouvrance, s’est constituĂ©e autour d’une tour mĂ©diĂ©vale et reste plus populaire, Ă©tant restĂ©e bretonnante jusqu’au dĂ©but du XXe siĂšcle. À ce titre, le chĂąteau et la tour Tanguy sont les deux monuments les plus anciens. A partir de 1630, Brest va s’accroĂźtre Ă  vue d’Ɠil et prendre une importance chaque jour plus considĂ©rable. La position gĂ©ographique de Brest, la sĂ»retĂ© de sa rade, les avantages offerts par la Penfeld pour l’Ă©tablissement d’un port de guerre ont, en effet, frappĂ© l’esprit clairvoyant de Richelieu. Et Colbert va poursuivre les projets et l’oeuvre de son prĂ©dĂ©cesseur. Le goulet est fortifiĂ© ; on creuse la Penfeld ; on construit des ateliers sur ses deux rives et, en 1680, Vauban vient lui-mĂȘme Ă  Brest, dresser le plan de la ville et diriger les travaux des fortifications. Brest et Recouvrance viennent, par lettres royales de juillet 1681, d’ĂȘtre rĂ©unis en une seule et mĂȘme ville, qu’administrent un maire, deux Ă©chevins et six conseillers, Ă©lus pour trois ans. Les ouvriers affluent dans notre citĂ© qui, dĂšs 1685, compte 8.000 habitants. En 1683 Vauban inspecte Brest et Belle-Île. Les caractĂ©ristiques stratĂ©giques du site ne lui Ă©chappent pas : Si Brest est un des meilleurs ports du monde, sa rade est une des plus excellentes et de la plus grande Ă©tendue. A propos du goulet il poursuit : Le goulet est Ă  Brest ce que le dĂ©troit des Dardanelles est Ă  Constantinople; C’est la porte d’entrĂ©e oĂč tous les navires qui ont affaire audit Brest, Ă  Landerneau et Ă  la riviĂšre de LandĂ©vennec, sont obligĂ©s de passer, qu’il s’agisse d’entrĂ©e ou de sortie. En 1685, on Ă©largit et on rend praticable le chemin vallonnĂ© qui partait de la Penfeld et aboutissait Ă  la nouvelle et unique porte des fortifications : la Porte Vauban, au haut de la rue de Siam. Ce Grand Chemin, comme on l’appelait alors, devient la Grand’Rue qui, pendant plus d’un siĂšcle, sera l’artĂšre principale de la citĂ© brestoise. En 1694, aprĂšs l’achĂšvement de l’enceinte qu’il a conçue pour Brest, Vauban trace un plan idĂ©al qui fera autoritĂ© pendant un siĂšcle. Sans toutefois redresser les Ăźlots existants, il quadrille les espaces vierges de l’intra-muros selon un axe Nord-Ouest / Sud-Est reliant le noyau urbain d’origine Ă  la porte de Landerneau, axe recoupĂ© par des rues parallĂšles aux fortifications. Il dĂ©termine des Ăźlots gĂ©omĂ©triques qui seront d’une grande stabilitĂ© dans le temps. Ainsi, en 1691, Tourville sortait de Brest avec soixante-neuf vaisseaux ; que l’annĂ©e suivante, il partait Ă  la tĂȘte de quarante-et-un bĂątiments pour engager la cĂ©lĂšbre affaire de la Hougue et qu’au printemps de 1693, il y avait, en rade de Brest, soixante-et-onze navires prĂȘts Ă  entreprendre une nouvelle campagne.  Tout ce dĂ©ploiement abouti du reste Ă  l’échec du dĂ©barquement anglais en presqu’üle de Roscanvel, Ă  Camaret en 1694. En 1700, les fortifications de Brest et Recouvrance sont entiĂšrement terminĂ©es. Le port de Brest est devenu un centre d’OpĂ©rations de premier ordre, et les armements y produisent l’activitĂ© que l’on peut concevoir. Tous ces armements, joints aux travaux de l’arsenal, augmentent considĂ©rablement la population de Brest qui, en 1700, compte 14.000. Le bĂąti du centre-ville, rive gauche, a Ă©tĂ© quasiment entiĂšrement renouvelĂ©. A partir de 1734, sous la direction de Choquet de Lindu, l’arsenal est habillĂ© d’imposants Ă©difices qui donnent pour longtemps un majestueux visage aux deux rives de la Penfeld : le corps de garde de la Pointe, les trois formes de Pontaniou (1742 Ă  1757), les forges des armes et constructions navales, les magasins, les corderies, les ateliers, le bagne etc. Un moment arrĂȘtĂ©s pendant la Guerre de sept ans, les travaux sont trĂšs activement repris dĂšs la signature de la paix. En 1790, l’arsenal est devenu un grand ensemble industriel oĂč sont rassemblĂ©es, sur les deux rives de la Penfeld, toutes les installations nĂ©cessaires Ă  la construction, Ă  l’armement et Ă  l’entretien des navires et oĂč travaillent 10 000 ouvriers aux multiples mĂ©tiers. Par la suite  Georges Milineau puis Jean-Baptiste Mathon, pour les Plans d’AmĂ©nagement (1920) et de Reconstruction (1943) de Brest s’appuyĂšrent chacun sur ce plan en damier de Vauban.. En revanche, plusieurs rues ont Ă©chappĂ© aux destructions de la guerre et de la Reconstruction sur la rive droite, et constituent aujourd’hui des promenades rappellant la ville d’avant-guerre. Les fortifications de la ville sont modifiĂ©es et Ă©tendues grĂące Ă  la construction de bastions et de casernes qui rĂ©sistent mieux Ă  l’artillerie

BREST LE CHATEAU : Ville d’origine romaine bĂątie sur un site occupĂ© depuis la PrĂ©histoire, Brest reçoit sa premiĂšre fortification au IIIe siĂšcle. Les Romains Ă©rigent donc un ouvrage dĂ©fensif Ă  la fin du IIIe siĂšcle. Ce camp accueille une garnison d’un millier d’hommes de troupe qui s’installent avec Ă  leur tĂȘte un prĂ©fet et une flotte destinĂ©e Ă  intercepter les navires pirates. De ce castellum, une muraille reste encore visible aujourd’hui. Ces substructions, enchĂąssĂ©es dans les deux courtines du chĂąteau actuel, occupent une Ă©tendue de 120 Ă  140 mĂštres de long, sur une hauteur moyenne de 3 Ă  4 m. Il s’agit alors d’un fortin de dĂ©fense littorale. Ce fort est remplacĂ© par un chĂąteau mĂ©diĂ©val au XIIIe siĂšcle. Au XIVe siĂšcle, le chĂąteau est occupĂ© par les Anglais. Il faut attendre 1489 et la prise de la ville par les Français pour que l’agglomĂ©ration se dĂ©veloppe au-delĂ  de l’enceinte du chĂąteau. Au XVIe siĂšcle, deux bourgades Ă©mergent et sont Ă  l’origine du dĂ©veloppement urbain : Brest sur la rive gauche du fleuve, Recouvrance sur la rive droite. Le chĂąteau mĂ©diĂ©val est protĂ©gĂ© par des bastions vers 1530, puis, en 1560, l’ingĂ©nieur Pietro Fredance renforce les dehors. Les travaux durent jusqu’en 1597. Il faut attendre 1631 et le cardinal de Richelieu pour qu’un vĂ©ritable port arsenal se dĂ©veloppe. La flotte royale du Ponant, piĂšce essentielle de la stratĂ©gie navale française, prend ses quartiers. Une premiĂšre enceinte urbaine moderne est bĂątie par Julien Ozanne en 1655. Elle Ă©tait composĂ©e de douves et de demi-bastions construits avec des matĂ©riaux de moindre qualitĂ©. Ni entretenue, ni restaurĂ©e, cette enceinte est en ruine vingt ans plus tard. En 1661, la nomination de Colbert comme ministre des Finances entraĂźne les premiers grands investissements pour le port de Brest. En 1667, le chevalier de Clerville, commissaire gĂ©nĂ©ral des fortifications, Ă©tablit un projet d’agrandissement du port. Ce projet prĂ©voit entre autres : la construction de logements et bĂątiments afin d’attirer Ă  Brest de la main d’Ɠuvre spĂ©cialisĂ©e, des commerçants, des marins et de nouveaux habitants civils, de crĂ©er une milice urbaine, de construire de nouveaux quais, une place d’armes et un arsenal. L’intendant Seuil applique de maniĂšre anarchique ces consignes jusqu’en 1683. Ne respectant pas les plans de Clerville, il s’applique Ă  augmenter le nombre d’habitants, et dĂšs 1674 commence Ă  fortifier la ville entiĂšre. En 1681, Colbert nomme l’ingĂ©nieur Sainte-Colombe pour lui proposer un second projet. Celui-ci amĂ©liore les dĂ©fenses de la ville et agrandit l’enceinte en y incluant des terrains vides. Il dĂ©cĂšde en 1682. Colbert, ministre en titre de la Marine, qui donne Ă  Brest son vĂ©ritable essor avec le dĂ©veloppement, Ă  partir de 1669 de l’arsenal. L’intendant Pierre Chertemps de Seuil est le responsable des premiers programmes de construction de l’arsenal entre 1670 et 1680. Au dĂ©cĂšs de Sainte-Colombe, Vauban est nommĂ© par Louis XIV pour lui succĂ©der. Seuil est limogĂ© pour malversations ; il est remplacĂ© par Desclouzeaux. Vauban propose un certain nombre d’amĂ©nagements pour Brest : maçonnage de l’enceinte, rectification du tracĂ© de l’arsenal, amĂ©lioration des dĂ©fenses du chĂąteau par l’ajout de glacis, chemin couvert et demi-lunes, ajouts de batteries cĂŽtiĂšres le long du goulet, amĂ©lioration de l’accĂšs du port aux civils pour dĂ©velopper le commerce, construction d’une halle de marchĂ©s, d’un nouvel hĂŽtel de ville et d’une nouvelle Ă©glise paroissiale. Au-delĂ  de la dĂ©fense de l’arsenal, il s’agit de fĂ©dĂ©rer les bourgs de Brest et Recouvrance, sĂ©parĂ©s par le fleuve de la Penfeld et de concevoir une nouvelle ville militaire tournĂ©e vers la mer, fonctionnelle, capable d’accueillir une population importante. RenforcĂ© et modernisĂ©, le chĂąteau dĂ©fend dĂ©sormais le premier port de la marine du roi. En 1680, la batterie neuve complĂšte le chĂąteau au sud-ouest pour assurer la dĂ©fense de l’entrĂ©e du port. Au nord-est un imposant front bastionnĂ©13 « Ă  la Vauban Â» protĂšge les approches. La population augmente alors nettement d’autant qu’elle s’est unie avec celle de Recouvrance en 1681. Le projet de Pierre Massiac de Sainte-Colombe trouve un dĂ©but d’exĂ©cution cette annĂ©e-lĂ . Ce plan de modernisation de la dĂ©fense de la ville, de son arsenal et de ses abords est repris et transformĂ© par Vauban en mai 1683. Vauban intervient donc, entre 1683 et 1695. Il fait dĂ©truire les derniĂšres tours romaines et les toitures en poivriĂšres du donjon. À cette Ă©poque, les dĂ©fenses protĂšgent efficacement le chĂąteau d’une attaque directe par la mer. Mais la forteresse doit avant tout se protĂ©ger, d’un assaut terrestre aprĂšs un dĂ©barquement Ă©ventuel de l’ennemi anglais sur la cĂŽte. Le chĂąteau devient « citadelle Â» surveillant Ă  la fois la ville, la campagne et le large. Glacis, chemin couvert et demi-lunes prolongent la fortification du cĂŽtĂ© de la terre. Les parapets sont redessinĂ©s et dotĂ©s d’embrasures plongeantes. Pour constituer une vaste plate-forme adaptĂ©e Ă  l’usage de l’artillerie, on relie par un nouveau bĂątiment la tour Duchesse Anne et la tour Nord. Seules les tours Paradis conservent leur aspect mĂ©diĂ©val. On Ă©largit des courtines, tandis que la fausse braie renforce la muraille entre la tour Madeleine et les tours Paradis face aux tirs de canon. On amĂ©nage Ă©galement des batteries Ă  l’entrĂ©e du goulet (Camaret et Bertheaume). AprĂšs l’intervention de Vauban le chĂąteau n’évoluera plus beaucoup. En 1685, il Ă©tablit un programme d’urbanisation des terrains vierges selon une trame orthogonale. Il complĂšte ce programme en 1694 par des prescrits dans les matiĂšres suivantes : rĂ©utilisation des axes prĂ©existants en les prolongeant, rectification des tracĂ©s trop sinueux, amĂ©lioration des revĂȘtements pour rendre les rues carrossables, introduction de normes dans la construction des maisons particuliĂšres (alignement, soliditĂ©, rĂ©sistance aux incendies en cas de bombardements) et soucis de théùtralisation du pouvoir par le percement de larges rues autour des bĂątiments importants. La rĂ©alisation partielle des projets de Vauban ne dĂ©butera qu’en 1704 et ceux-ci se poursuivent sous Louis XVI. La nouvelle de la prise de la Bastille arrive Ă  Brest, dans la nuit du 19 au 20 juillet 1789. La ville craint la rĂ©action des aristocrates du chĂąteau. Mais quelques jours plus tard, le commandant militaire de la place, et la Marine, en la personne du comte d’Hector, se rendent Ă  l’hĂŽtel de ville faire allĂ©geance au nouveau pouvoir. L’esplanade devant le chĂąteau est baptisĂ©e le 14 juillet 1790 « Champ de la FĂ©dĂ©ration Â». AprĂšs l’enthousiasme des premiers mois de la RĂ©volution la situation se dĂ©grade. À partir de 1791, la production de l’arsenal est largement dĂ©sorganisĂ©e, les Ă©quipages de la flotte se mutinent rĂ©guliĂšrement et les officiers, d’origine noble Ă©migrent massivement. Avec la guerre qui Ă©clate, les affrontements politiques qui n’en finissent plus et la nouvelle que Toulon est livrĂ©e aux Anglais, le moral est atteint. Face Ă  la menace des armĂ©es Ă©trangĂšres et Ă  celle des ennemis de l’intĂ©rieur, le chĂąteau retrouve toute son utilitĂ©. Le « Champ de la FĂ©dĂ©ration Â» devient la « place du Triomphe du Peuple Â» et la vieille forteresse est rebaptisĂ©e Fort-la-Loi et les travaux prĂ©conisĂ©s par Vauban se poursuivent ainsi que sous le Premier Empire et la Restauration. En 1858, NapolĂ©on III fait agrandir l’arsenal et un nouveau port de commerce est construit jusqu’en 1865. La construction de nouvelles casernes est engagĂ©e en 1894.Les plans de Vauban resteront la rĂ©fĂ©rence en matiĂšre d’urbanisme Ă  Brest jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Les allemands vont construire de nombreuses fortifications avec, notamment une base sous marine Ă  l’ouest du port militaire. Le chĂąteau, classĂ© au titre des Monuments historiques en 1923, existe encore aujourd’hui et a Ă©tĂ© transformĂ© en musĂ©e de la Marine. Les ouvrages du goulet de Brest sont encore visibles et certains sont accessibles au public comme la batterie de Cornouaille. Toutes les autres constructions ont Ă©tĂ© dĂ©truites, soit durant les bombardements qui ont touchĂ© la ville pendant la Seconde Guerre mondiale, ou lors de sa reconstruction aprĂšs-guerre. Le plan relief de 1807 et 1811 rĂ©alisĂ© au 1/600e est conservĂ© au MusĂ©e des Plans-Reliefs Ă  Paris.

 

CAMARET SUR MER (29) :

Au XIIe siĂšcle apparaissent deux types de moulins : les moulins Ă  eau et les moulins Ă  marĂ©e. Ils Ă©taient souvent associĂ©s Ă  une pĂȘcherie. Les seigneurs riverains avaient toute autoritĂ© sur ces industries et les dĂ©veloppĂšrent. Le vicomte du LĂ©on en possĂ©dait une Ă  Pen-Hir (Camaret). Camaret se dĂ©veloppe Ă  la fois comme port de pĂȘche et de commerce, mais aussi, en cette fin de Moyen Âge, sert de port d’escale pour des caboteurs du littoral français et pour les long-courriers qui montent de l’Espagne et du Portugal. Durant la guerre de Cent Ans, une escadre anglaise vint chercher au port de Camaret, Ă  la faveur d’une trĂȘve, la duchesse Jeanne de Navarre, veuve du duc de Bretagne, Jean IV de Montfort. Le 13 janvier 1403, elle embarqua pour l’Angleterre afin d’Ă©pouser le roi Henry IV de Lancastre, et devint ainsi souveraine du Royaume-Uni. Lors de cet Ă©vĂ©nement, la Marine britannique avait pu constater que ce port finistĂ©rien, de par sa position gĂ©ographique, constituait un point stratĂ©gique et commandait l’entrĂ©e de Brest. En 1404, une flotte anglaise tenta l’assaut face Ă  Camaret, sur la plage de Trez-Rouz. Les CamarĂ©tois, avec Ă  leur tĂȘte Olivier de Clisson, second connĂ©table de France, et plus de 700 soldats, aidĂ©s de la troupe de Jean V et sera repoussĂ©e Ă  la mer. En 1434, un nouveau dĂ©barquement fut tentĂ© par la flotte britannique. Une fois de plus, la Bretagne fut sauvĂ©e grĂące Ă  Camaret. Ce port Ă  l’extrĂȘme bout de la terre, projetĂ© dans l’ocĂ©an, vĂ©ritable gardien des cĂŽtes et du goulet de Brest, prit tout au long des siĂšcles une place prĂ©pondĂ©rante dans le commerce maritime. Le port de Camaret est une excellente escale et les nombreux navires de commerces qui y mouillent, suscitant la convoitise des pirates. Ainsi les CamarĂ©tois font appel en 1469 au pape Paul II qui, avec une bulle pontificale en 1470, excommunie tout agresseur. En 1597, une escadre de sept navires de guerre commandĂ©s par le capitaine Orange, mais appartenant Ă  Guy Eder de La Fontenelle se prĂ©sente au havre de Camaret, probablement dans l’intention d’attaquer ensuite Brest ou Ouessant. SourdĂ©ac dĂ©pĂȘche Ă  leur rencontre cinq forts navires de guerre qui se postent Ă  l’entrĂ©e du goulet. « Le feu fut, dit-on, si terrible que les vaisseaux de La Fontenelle furent obligĂ©s de gagner le large Â». L’un d’entre eux, La Marie, commandĂ©e par le capitaine La Roche aux Ramiers, alla s’Ă©chouer sur les cĂŽtes du LĂ©on oĂč il se perdit corps et biens ; les autres navires furent obligĂ©s de s’enfuir et de regagner l’Île Tristan. En pleine guerre de la Ligue d’Augsbourg, Vauban, commissaire gĂ©nĂ©ral des fortifications, se voit confier le commandement des dĂ©fenses du goulet de Brest. Vauban s’est occupĂ© d’amĂ©nager la dĂ©fense de l’anse de Camaret qui commande l’entrĂ©e du goulet de Brest, faisant construire selon ses plans la Tour Vauban sur le « Sillon » de Camaret, et des batteries dans le voisinage au Grand Gouin, Ă  la Pointe Sainte-Barbe (rebaptisĂ©e « Mort anglaise » par la suite), Ă  la Pointe du Toulinguet, Ă  Kerbonn et tout le long de la presqu’Ăźle de Roscanvel (FraternitĂ©, Capucins, Cornouaille, Pointe des Espagnols). ProjetĂ©e dĂšs 1683, la tour est tracĂ©e en 1689 par Vauban. La construction de l’Ă©difice, supervisĂ©e par l’ingĂ©nieur Jean-Pierre Traverse, dĂ©bute en 1693 pour s’achever en 1696. Elle protĂšge essentiellement les accĂšs Ă  la batterie, qui dĂ©fend le mouillage, dont l’importance stratĂ©gique est capitale pour la sĂ©curitĂ© de la rade. La tour casematĂ©e fait partie d’un vaste dispositif de dĂ©fense : la batterie basse doit ĂȘtre dotĂ©e de onze piĂšces d’artillerie croisant leurs feux avec ceux de la pointe du Grand Gouin, des lignes primitives de QuĂ©lern et des nombreuses batteries cĂŽtiĂšres. La garnison comprend alors un lieutenant, un sergent et cinq hommes appuyĂ©s par des miliciens composĂ©s d’habitants de Camaret. Construite Ă  l’aide de matĂ©riaux extraits du port de Camaret (crĂ©pi rouge fait de sable de la grĂšve, de chaux et de brique pilĂ©e rouge qui avec le temps a pris une couleur ocre), la tour hexagonale (plan carrĂ© Ă  deux pans coupĂ©s flanquant la gorge) est haute de 18 mĂštres et comporte quatre niveaux (ou deux Ă©tage percĂ©s de crĂ©neaux de mousqueterie, du type « archĂšre «  Les deux premiers niveaux sont voĂ»tĂ©s. C’est au second niveau que se trouvent l’entrĂ©e, Ă  partir du terre-plein de la batterie, et le dĂ©part de l’escalier Ă  vis, desservant les parties hautes et logĂ© dans le saillant arriĂšre. Le dernier niveau, planchĂ©iĂ© et ceinturĂ© d’un parapet percĂ© de crĂ©neaux de mousqueterie, est couvert d’une toiture ardoisĂ©e Ă  six pans. La tour est flanquĂ©e de murailles, d’un corps de garde et d’une batterie basse semi-circulaire surmontĂ©e d’un parapet muni de onze embrasures d’artillerie et qui contenait 11 canons ainsi qu’un four Ă  boulets (un des neufs exemplaires encore sur pied). On peut observer que les deux branches du front de gorge sont creuses et munies d’une galerie de fusillade, et celle de droite porte en crĂȘte une embrasure Ă  canon, tirant Ă  revers. L’Ă©difice est baptisĂ© dĂšs l’origine « tour DorĂ©e Â» en raison de l’enduit orangĂ© qui en recouvre le parement et rĂ©chauffe le gris des chaĂźnages de granit. Le four Ă  boulets a Ă©tĂ© construit lors de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire, remplaçant un des deux corps de garde. L’Ă©difice a alors plusieurs fonctions : tour de guet, magasin Ă  poudre, logement de garnison. Vauban s’appuie notamment sur Camaret et sa « tour dorĂ©e Â», puissant fortin innovant pour l’Ă©poque. Vauban s’est occupĂ© d’amĂ©nager la dĂ©fense de l’anse de Camaret qui commande l’entrĂ©e du goulet de Brest, en faisant amĂ©nager selon ses plans, outre la Tour Vauban sur le « Sillon » de Camaret, des batteries dans le voisinage au Grand Gouin, Ă  la Pointe Sainte-Barbe (rebaptisĂ©e « Mort anglaise » par la suite), Ă  la Pointe du Toulinguet, Ă  Kerbonn et tout le long de la presqu’Ăźle de Roscanvel (FraternitĂ©, Capucins, Cornouaille, Pointe des Espagnols). GrĂące au commandement combinĂ© de la marine, des troupes terrestre et des fortins, il repousse efficacement la tentative de dĂ©barquement anglais et hollandais lors de la bataille de Trez-Rouz le 18 juin 1694. Depuis cette date, les falaises Ă  l’est du « Sillon » sont appelĂ©es « La mort anglaise » et les dunes avoisinantes furent transformĂ©es en cimetiĂšre pour y enterrer les marins anglais et hollandais morts.  A cette occasion il capture une frĂ©gate neuve de 30 canons. Le Roi lui accordera le titre de « Lieutenant GĂ©nĂ©ral de Marine pour l’honneur Â» (sans appointement). Depuis cette dĂ©monstration (qui fut la seule occasion pour Vauban de commander directement des opĂ©rations militaires), on nota la supĂ©rioritĂ© du feu des batteries situĂ©es Ă  terre contre celles, forcĂ©ment instables, des navires. Les Anglais, pragmatiques, s’inspirĂšrent de ce systĂšme pour fortifier leurs cĂŽtes.   En 1789, dans le cahier de dolĂ©ances de Camaret, les pĂȘcheurs locaux se plaignent du prix excessif de la rogue importĂ©e du Danemark : « Les riches nĂ©gociants qui accaparent les cargaisons danoises arrivant dans nos ports n’ont d’autres bornes que leur cupiditĂ©. Ils attirent par lĂ  Ă  eux tout le produit de la pĂȘche et ne laissent aux pĂȘcheurs que la peine du travail qui les rĂ©duit Ă  la plus extrĂȘme misĂšre Â». Au mois d’aoĂ»t 1801, l’ingĂ©nieur amĂ©ricain Robert Fulton faisait des essais avec son sous-marin Ă  hĂ©lice, le Nautilus, dans la baie de Camaret, afin de convaincre NapolĂ©on Bonaparte de l’avenir de la navigation sous-marine. Le Nautilus essaya de placer une mine sur un navire anglais, alors dans la rade de Camaret. L’essai aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© concluant, si la frĂ©gate n’eĂ»t par hasard appareillĂ© au moment oĂč le sous-marin s’approchait lentement du navire. DĂ©jĂ  fortifiĂ©e par Vauban, la Pointe du Toulinguet est puissamment amĂ©nagĂ©e en 1812 pour protĂ©ger l’anse de Penhat. En 1893, le site est protĂ©gĂ© d’une Ă©ventuelle attaque Ă  revers par un mur d’enceinte. En 1815, un mur de dĂ©fense est construit sur le flanc nord du « Sillon ». En 1842, la municipalitĂ© fait construire un quai (l’actuel quai Toudouze) en bordure de ce qu’on appelait encore l’Ă©tang de Prat ar Pont et en 1846 un mĂŽle perpendiculaire au Sillon sur la pointe de Rocamadour. Un corps de garde est amĂ©nagĂ© en 1859 au Petit Gouin ; abandonnĂ© un temps, il est rĂ©amĂ©nagĂ© en 1896. A la fin d e1916, une base d’hydravion est amĂ©nagĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© du sillon. Camaret-sur-Mer est membre de l’association de villes rĂ©seau des sites majeurs de Vauban. Durant la seconde guerre, les allemands vont construire de nombreux ouvrages dans le cadre du mur de l’Atlantique un poste de direction de tir sur les hauteurs de la Pointe du Gouin et de Kerbonn. Depuis le 7 juillet 2008, un rĂ©seau de douze sites, dont la tour Vauban, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

CONCARNEAU (29) :

La ville close de Concarneau est créée au Moyen Âge sur l’üle de Conq, occupĂ©e semble-t-il depuis la Protohistoire. Au Xe siĂšcle une premiĂšre enceinte palissadĂ©e est construite, remplacĂ©e par une enceinte en pierre maçonnĂ©e au XIVe siĂšcle. OccupĂ©e de nombreuses fois par les Anglais, la ville se soumet au chevalier Du Guesclin en 1373. La Ville close, bardĂ©e de canons et de couleuvrines, continua Ă  protĂ©ger le port. Dans un premier temps propriĂ©tĂ© de Fouquet, Concarneau connĂ»t de nombreux changements puisque sa dĂ©fense fut amĂ©liorĂ©e, des navires construits et de nombreux canons fondus pour armer la forteresse de Belle-Isle et pour aider le Surintendant des finances dans ses plans. En 1680, Vauban visite la place et ordonne des travaux dans l’objectif d’amĂ©liorer le systĂšme de dĂ©fense. Les toits des tours disparaissent permettant ainsi l’installation de l’artillerie sur des plates-formes.  Entre 1692 et 1699, Vauban rĂ©actualise l’enceinte mĂ©diĂ©vale. Il fait construire deux tours supplĂ©mentaires de chaque cĂŽtĂ© de la porte du Passage ainsi que plusieurs poternes. Un fossĂ© est aussi creusĂ© entre courtine et demi-lune et ajoute un pont-levis. La protection de la ville close est renforcĂ©e par de nouvelles embrasures de tirs pour les tours Neuve et du Fer Ă  Cheval. En 1694, Vauban revisite la place le 7 juin et prĂ©conise quelques amĂ©nagements, comme le rĂ©amĂ©nagement du corps de garde dans la demi-lune. Au XVIIIe siĂšcle, la porte d’entrĂ©e est remaniĂ©e, tout comme la porte menant au bac. Le rĂŽle militaire de la place est ensuite contestĂ© jusqu’au XIXe siĂšcle. En 1837, sous la Monarchie de Juillet, la place est modernisĂ©e : les parapets sont surĂ©levĂ©s, des crĂ©neaux de fusillade percĂ©s, une nouvelle caserne et un nouveau magasin Ă  poudre construits. À la fin du XIXe siĂšcle, l’üle de Conq devient un poste de ravitaillement pour les torpilleurs français de la dĂ©fense mobile. En 1899, la ville close est classĂ©e au titre des Monuments historiques. La ville conserve son aspect du XVIIIe siĂšcle et n’est modifiĂ©e que lĂ©gĂšrement par la construction d’un beffroi au dĂ©but du XXe siĂšcle. La ville close a Ă©tĂ© conservĂ©e intĂ©gralement. Elle se visite librement ou lors de visites guidĂ©es. Elle accueille de nombreux Ă©vĂ©nements, notamment en pĂ©riode estivale. Des fortifications allemandes seront amĂ©nagĂ©es durant la seconde guerre.

 

FORT CEZON(29) :

 Le fort CĂ©zon est Ă©difiĂ© sur l’üle du mĂȘme nom par Vauban afin de protĂ©ger l’entrĂ©e de l’Aber Wrach, une baie bretonne qui peut servir de port de dĂ©barquement ennemi, en direction de Brest. Vauban avait dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© le site en 1685 et projetait d’y construire une batterie. PrĂ©vu pour abriter un capitaine de port, deux lieutenants et dix soldats, le projet est repris en 1694 alors que Vauban vient de repousser les Anglais Ă  Brest. Il construit un ensemble comportant une tour rĂ©duit Ă  sept embrasures, entourĂ©e de deux batteries de cĂŽte et d’une courtine cĂŽtĂ© terre, elle-mĂȘme dĂ©fendue par deux demi-bastions et un petit fossĂ©. La porte est localisĂ©e dans ce front. L’enceinte est en assez bon Ă©tat mais quelques moellons sont descellĂ©s. Des trous se creusent par endroits au pied de l’ouvrage. Le fort est fermĂ© Ă  l’ouest par un front bastionnĂ© « Ă  cornes », et par un fossĂ© d’environ 2 m de profondeur sur quatre de large.  Le fort est dotĂ© de plusieurs bĂątiments : casernes, corps de garde, magasins aux vivres et Ă  poudre, guĂ©rites et un logement du gardien. Une Tour d’artillerie datĂ©e de la fin du 17e. Elle est couronnĂ©e d’un parapet percĂ© de 7 embrasures et soulignĂ© par un cordon.  Elle est en grande partie conservĂ©e et souffre d’un affaissement cotĂ© Est. Certains Ă©lĂ©ments de rochers se sont dĂ©tachĂ©s du bloc rocheux sur lequel la tour est construite. L’accĂšs Ă  la tour s’y faisait par une passerelle relevable aujourd’hui dĂ©truite dont l’appui est nĂ©anmoins prĂ©servĂ©. La tour est pleine, Ă  l’exception de l’escalier circulaire qui se dĂ©veloppe le long du mur et permet d’accĂ©der Ă  la plateforme. Il s’affaisse vers le centre de la tour. Dix ans plus tard, l’ingĂ©nieur Robelin y ajoute un front bastionnĂ© pour en renforcer la protection. Le fort est entourĂ© d’une enceinte datant du 18Ăšme siĂšcle qui fut rehaussĂ©e au 19Ăšme siĂšcle, de 4 Ă  5 m de hauteur. Elle est surmontĂ©e d’une tablette et est couverte par un parapet Ă  terre coulante. En 1811, les ingĂ©nieurs abandonnent les retranchements externes. En 1859, un nouveau magasin Ă  poudre est Ă©difiĂ©, couvert Ă  l’épreuve des bombes par un talus de terre, et d’une capacitĂ© de dix tonnes. Le fort est dĂ©classĂ© en 1889. Il retrouve une fonction militaire dans les annĂ©es 1940 lorsque l’armĂ©e allemande s’en sert comme poste de vigie et d’artillerie du Mur de l’Atlantique. Dix-sept blockhaus ont Ă©tĂ© construits sur l’üle et de nombreuses tranchĂ©es ont Ă©tĂ© creusĂ©es. Le fort CĂ©zon existe toujours. PropriĂ©tĂ© privĂ©e depuis 1957, il est rĂ©guliĂšrement ouvert aux visites en pĂ©riode estivale et accueille de nombreux Ă©vĂ©nements, grĂące Ă  l’implication de l’association CĂ©zon qui procĂšde Ă  sa restauration et Ă  sa valorisation. L’üle est accessible Ă  pied, Ă  marĂ©e basse. Le fort CĂ©zon, tour compacte, illustre l’évolution des conceptions de Vauban pour les fortifications cĂŽtiĂšres.

 

LE CONQUET(29) :

 les dĂ©fenses et retranchements du Conquet et la batterie de Toul Ă  Louarn. Sous l’ancien rĂ©gime, cette terre relevait en partie de la seigneurie du Bilou (de Kersulguen), et en partie de celle de Rochdurant (de Poulpiquet). On note seulement Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la pointe une batterie créée ou restaurĂ©e par Vauban en 1688 et dont le gardien en 1730 Ă©tait un nommĂ© Jacques LabbĂ© dit Lajoye, par ailleurs sonneur de cloches Ă  Lochrist et la construction de trois redoutes prescrites par Vauban fin du XVIIĂš . En 1757-58, la dĂ©fense cĂŽtiĂšre est rĂ©organisĂ©e le long des cĂŽtes de Bretagne. En mĂȘme temps que le magasin gĂ©nĂ©ral du Cosquies, des bĂątiments neufs sont construits pour toutes les batteries du Conquet et de Ploumoguer. La nouvelle batterie des Renards est armĂ©e de quatre piĂšces de 18, elle dispose d’un bĂątiment pour loger les soldats et d’un magasin Ă  poudres. L’air salin et le mauvais entretien gĂ©nĂ©ral font qu’Ă  l’inspection de 1777, deux canons sur quatre sont notĂ©s hors d’usage. Les trois premiĂšres redoutes datant de la fin du 17e s. seront modernisĂ©es au 19e s. Le corps de garde crĂ©nelĂ© de l’Ăźlette de Kermorvan a Ă©tĂ© construit en 1847. Il s’agit vraisemblablement d’un modĂšle n° 2 pour 40 hommes Ă  deux bretĂšches par cĂŽtĂ© dont l’armement « rĂ©gulier » consistait en 8 canons disposĂ©s en batterie Ă  barbette. La batterie a Ă©tĂ© dĂ©classĂ©e en 1876. Le corps de garde assure non seulement les fonctions de caserne, de magasin Ă  vivres et de magasin de batterie mais Ă©galement le flanquement du rempart et de l’accĂšs au fort. Ces dĂ©fenses se prĂ©sentent alors sous la forme de six ouvrages construits de 1846 Ă  1852 complĂ©tĂ©s par deux redoutes pour l’infanterie dont la redoute Vauban. Elles combinaient l’action de batteries de cĂŽte, de retranchements, de redoutes et de troupes mobiles. Le corps de garde crĂ©nelĂ© de l’Ăźlette de Kermorvan a Ă©tĂ© construit en 1847. En 1860, les batteries cĂŽtiĂšres dĂ©classĂ©es par l’Inspection Militaire. Durant la seconde guerre, des fortifications cĂŽtiĂšres seront rĂ©alisĂ©es dans le cade du mur de l’Atlantique.

ILE OUESSANT(29) :

DĂšs le XIIIe siĂšcle, des postes de guet avaient Ă©tĂ© placĂ©s dans l’Ăźle d’Ouessant pour prĂ©venir les attaques de la marine anglaise. À la fin du XVIIe siĂšcle, un plan spĂ©cifique de protection du port militaire de Brest envoie une mission d’Ă©tude prĂ©sidĂ©e par le chevalier de Tourville Ă  Ouessant dĂšs 1681 pour l’Ă©tude de l’installation d’un port et de diffĂ©rentes batteries. Vauban dĂ©cide d’entreprendre la construction de deux tours avec fanal en baie du Stiff pour en protĂ©ger les navires s’y abritant.  DessinĂ© par Vauban en 1685, le projet est validĂ© en 1695. Il sera construit par Molard en 1699 (aprĂšs le dĂ©sastre de la Hougue en 1692 dans le Cotentin oĂč, faute de signalisation cĂŽtiĂšre, une quinzaine de vaisseaux français, dont le navire-amiral Soleil-Royal, furent coulĂ©s par la flotte anglo-hollandaise), perchĂ© sur une falaise de 60 mĂštres, il domine les flots de prĂšs de 90 mĂštres. Il est constituĂ© de deux tours tronconiques accolĂ©es, l’une abritant l’escalier, l’autre trois chambres superposĂ©es destinĂ©es au logements des gardiens et comme magasin de stockage du charbon, que l’on peut toujours identifier dans l’architecture de l’Ă©difice. Il est un des 6 premiers phares construits par Vauban et un des plus anciens phares de France encore en activitĂ© aprĂšs celui de Cordouan. En 1702, le premier phare de l’Ăźle s’allume au lieu-dit « Tombeau de BĂ©hault Â». Le feu ne fonctionnait que les mois d’hiver et Ă©tait alimentĂ© en bois et charbon par les gardiens. En 1717, le feu ne sert plus car il doit ĂȘtre restaurĂ©. En 1780, on y installe un appareil Ă  rĂ©flecteur du fabricant d’Ă©clairage Tourtille-Sangrain avec des lampes Ă  huile. En 1821, le rĂ©verbĂšre est modifiĂ© avec 12 lampes paraboliques. En 1884, on construit les bĂątiments annexes pour le logement des gardiens. Les bĂątiments de service sont acquis par le conservatoire du Littoral en 2003 et restaurĂ©s en 2014.

KERLOUAN(29) :

Logiquement tournĂ© vers la mer afin de surveiller la cĂŽte, le corps de garde est Ă  l’origine du village de Meneham. L’incertitude demeure quant Ă  la date de sa construction. En effet, longtemps attribuĂ© Ă  Vauban (1633-1707), ce projet Ă©tant citĂ© parmi ses travaux, plusieurs Ă©lĂ©ments laissent Ă  penser qu’il aurait Ă©tĂ© Ă©difiĂ© vers 1756, soit une cinquantaine d’annĂ©es aprĂšs la mort de ce dernier. Le Duc d’Aiguillon, alors commandant en chef de la Province de Bretagne de 1753 Ă  1768 a en effet ordonnĂ© la construction d’un grand nombre de corps de garde sur le littoral breton. Celui de Meneham en fait probablement partie. Sa construction achevĂ©e, le corps de garde est occupĂ© par la milice, recrutĂ©e localement par la paroisse qui se doit Ă©galement d’entretenir le site. DĂšs 1792, ces derniers sont alors remplacĂ©s par des douaniers. Tout d’abord logĂ©s au ThĂ©ven, un quartier voisin de Meneham, ils s’intallent dĂšs 1840 avec leurs familles dans la caserne du village. Ils y resteront jusqu’en 1860 avant de laisser leur place aux paysans-pĂȘcheurs-goĂ©moniers.  StratĂ©giquement implantĂ© Ă  21 m au dessus du niveau de la mer, la vue qu’il offre s’Ă©tend du phare de Pontusval en Brignogan-Plages jusqu’Ă  celui de l’Ile Vierge en Plouguerneau, le phare en pierre le plus haut d’Europe. Ă  Kerlouan. Le site de Meneham fait l’objet d’un classement en 1975. L’auberge ferme deux ans plus tard, et  les habitants dĂ©sertent le site.  Les bĂątiments, ainsi dĂ©laissĂ©s, tombent peu Ă  peu en ruine et le dernier habitant quitte Meneham en 2001. L’objectif principal est alors de restaurer le village Ă  l’identique en respectant l’architecture existante et les matĂ©riaux d’origine. Le projet est rĂ©ellement lancĂ© en 2002 et  la restauration commence en novembre 2004 pour s’achever en juin 2009.

 

VOYAGE D’ETUDES 2025 EN SUISSE

VOYAGE D’ETUDES 2025 EN SUISSE 

Du mardi 7 ocotbre au vendredi 10 octobre

« Evolution de la fortification helvétique au XIXe et XXe SiÚcles

Cette annĂ©e notre voyage d’Ă©tude Ă  l’Ă©tranger nous emmĂšnera en Suisse dans les cantons
de Vaud et du Valais. Nous serons accueillis par nos amis de l’Association St Maurice
d’Etudes Militaires (ASMEM) et de la CommunautĂ© d’intĂ©rĂȘts pour l’artillerie de Dailly
(CIPAD) qui ont organisé ce voyage en Romandie2

Programme du voyage d’Ă©tude en Suisse

Fiche d’inscription

D’ARRAS A SAINT LEGER VAUBAN

   

L’article 2 des statuts de l’Association nous fixe pour objectifs de “promouvoir toute action en faveur de l’Ɠuvre de Vauban, de ses prĂ©dĂ©cesseurs immĂ©diats et de ses successeurs jusqu’Ă  la fortification contemporaine, sous toutes ses formes, notamment (
) en crĂ©ant des liens entre les initiatives portant sur l’Ɠuvre de Vauban, de ses prĂ©dĂ©cesseurs et de ses successeurs”. 
 
Nous avions reçu en don de la famille Campinchi une superbe gravure du secours d’Arras que, faute de place, nous ne pouvions prĂ©senter. La nouvelle musĂ©ographie mise en Ɠuvre par le MusĂ©e Vauban Ă  Saint-LĂ©ger constitue une opportunitĂ© pour prĂ©senter cette Ɠuvre remarquable. Le 26 novembre, Ă  l’issue du Colloque sur les « Vaubans de l’Empereur » Ă  l’HĂŽtel National des Invalides, la gravure a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e aprĂšs restauration pour ĂȘtre confiĂ©e en dĂ©pĂŽt au MusĂ©e oĂč elle pourra ĂȘtre vue par le plus grand nombre. AccrochĂ©e au printemps prochain pour la rĂ©ouverture du musĂ©e, elle pourra ainsi ĂȘtre contemplĂ©e, les membres de l’Association ayant gratuitement accĂšs au musĂ©e sur prĂ©sentation de leur carte de membre validĂ©e pour l’annĂ©e en cours.

 

IL Y A 40 ANS ….. REPORTAGES

   

Du 25 au 27 novembre dernier, plusieurs manifestations en l’honneur des 40 ans de l’Associations se sont tenues Ă  l’HĂŽtel National des Invalides :

Le 25 novembre, hommage au MarĂ©chal Vauban devant son monument Chapelle Sainte ThĂ©rĂšse sous le DĂŽme des Invalides en prĂ©sence des autoritĂ©s militaire, d’une dĂ©lĂ©gation des IMI (avec le Drapeau de l’Ecole) et les descendants de Vauban, le 26 un colloque sur les « Vaubans de l’Empereur Â» a permis d’évoquer les grands ingĂ©nieurs successeurs de Vauban sous l’Empire qui sont intervenus en mĂ©tropole et dans les pays sous contrĂŽle de la France. Les grandes figures qu’étaient Montalembert, Marescot, Haxo, Chasseloup-Loubat, Simon Bernard, Guillaume Dufour furent ainsi Ă©voquĂ©es. Ce colloque, organisĂ© dans les Salons du Gouverneur Militaire de Paris, a rĂ©uni des intervenants et participants de France, Suisse, Pays Bas, Allemagne, Luxembourg, Pologne, Italie, Canada, 
 et le 27, Salle Turenne du MusĂ©e de l’ArmĂ©e, se tenait le premier salon du Livre sur les Fortifications et IngĂ©nieurs Militaires rĂ©unissant une quinzaine d’éditeurs et de nombreux auteurs.

25 novembre hommage Ă  Vauban:  2021.11-Hommage Ă  Vauban (1)

26 novembre le colloque:  2021.11-1-Colloque Les Vauban de l’Empire

 

IL Y A 40 ANS …..

   

A l’initiative de Michel Parent (†), Serge Antoine (†) et Alain Monferrand, avec Jean François Pernot, le 19 fĂ©vrier 1981 Ă©tait publiĂ© un avis officiel portant crĂ©ation de l’Association Vauban dont l’objet est « de promouvoir toute action en faveur de l’Ɠuvre de Vauban, sous toutes ses formes, notamment en contribuant Ă  sa meilleure connaissance, ; en veillant Ă  sa conservation et Ă  sa mise en valeur ; en favorisant son animation et, notamment en crĂ©ant des liens entre les initiatives portant sur telle ou telle Ɠuvre de Vauban et de ses successeur », le siĂšge social Ă©tant fixĂ© au MusĂ©e des Plans Reliefs Ă  l’HĂŽtel National des Invalides de Paris. 40 ans plus tard, notre Association poursuit ses objectifs initiaux avec l’organisation de manifestations, de congrĂšs annuels sur des sites fortifiĂ©s, des voyages d’étude en France et Ă  l’étranger Malte (1996, 2019), Belgique (1997), Suisse (1998, 2013), Finlande et Russie (2001), Pologne (2002, 2018), Italie (2003, 2010, 2014, 2021), Grande Bretagne (2004), Espagne (2005, 2009), Luxembourg, Allemagne (2006, 2012, 2017), Pays Bas (2008), SuĂšde (2015), Portugal (2016), publications d’actes de colloques et d’une revue interne, publications d’ouvrages et participation Ă  des films documentaires (cinĂ©ma et tĂ©lĂ©vision), publication d’une infolettre auprĂšs de ses membres et partenaires, audit et expertise auprĂšs de collectivitĂ©s et entreprises en charge de la gestion de patrimoine fortifiĂ©.

 

Un long chemin partagé :

Nous avons connu Ă©galement quelques moments forts : en 1983, colloque Vauban RĂ©formateur, en 1988, organisation de nos premiers congrĂšs sur les sites fortifiĂ©s (Colmars les Alpes), en 1989, crĂ©ation du «Prix de l’Association Vauban» rĂ©compensant des travaux de recherches sur le MarĂ©chal et ses successeurs ou des actions en faveur de la sauvegarde du patrimoine fortifiĂ©, en 1994, colloque en Sorbonne avec le CREPIF « fortifications et patrimoine militaire en Ile de France, mĂ©moire, obsolescence, conservation, rĂ©utilisation » en 1995, colloque pour le 100Ăšme anniversaire de SĂ©rĂ© de RiviĂšres, en 1996, organisation du premier de nos voyages d’études (Malte), en 2001, colloque Ă  Belfort sur François Nicolas Benoit Haxo, en 2005, lancementde de la candidature de sites Vauban avec le Maire de Besançon, Jean Pierre Fousseret pour une inscription Ă  la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, en 2007, pour le tricentenaire de la mort du MarĂ©chal, publication des OisivetĂ©s du MarĂ©chal de Vauban avec l’organisation et la participation Ă  plus de 1000 manifestations dans une centaine de villes (expositions, confĂ©rences, colloques,
), lancement d’un timbre-poste et de monnaies de collection, 2008, inscription par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial de l’humanitĂ© de 12 sites majeurs de Vauban et mise en place du rĂ©seau de collectivitĂ©s chargĂ© de leur animation (RSMV), en 2011 colloque aux Invalides pour les 30 ans de l’Association et parrainage de la premiĂšre promotion des ingĂ©nieurs militaires d’infrastructure (IMI), successeurs des ingĂ©nieurs du gĂ©nie Ă  Angers (promotion Vauban), en 2017, publication des correspondances entre Vauban et le Roi et des Agendas du MarĂ©chal, lancement de la candidature de nouvelles villes Ă  l’inscription au patrimoine de l’UNESCO de l’Ɠuvre de Vauban (dont Breisach am Rhein), en 2018, lancement d’une Infolettre pour nos membres et partenaires et entrĂ©e sur le rĂ©seau social Whatsapp (migrĂ© sur Signal en 2020) pour les Ă©changes documentaires entre nos membres, en 2020, lancement de notre blog sur facebook.

Et des projets


Il faut rappeler liens originels particuliers entre l’Association et le musĂ©e des Plans-reliefs dont Michel Parent fut l’un des conservateurs qui rĂ©unit aux Invalides la remarquable collection, créée par Louis XIV et Louvois, des maquettes des ouvrages conçus par Vauban et ses successeurs et qui servirent Ă  mieux connaĂźtre les moyens de la dĂ©fense du territoire et Ă  en apprendre l’usage. Ces liens se concrĂ©tisent par une Ă©troite collaboration, l’organisation de visites confĂ©rence du musĂ©e sous l’égide de l’Association et par la promotion de cette extraordinaire collection unique au monde. Par ses centres d’intĂ©rĂȘt elle dĂ©veloppe des actions avec des Ă©changes et promotions en liaison avec des associations partenaires françaises et Ă©trangĂšres que vous pourrez retrouver sur notre site internet dans notre rubrique « contact, les associations partenaires ».

2021, Une annĂ©e Ă  fĂȘter :

AprĂšs avoir renouĂ© avec nos congrĂšs et voyages d’études « post-covid », nous vous proposons plusieurs activitĂ©s pour commĂ©morer ce 40Ăšme anniversaire :

  • 25 novembre Ă  12 heures sous le dĂŽme de l’Eglise des Invalides, chapelle Ste ThĂ©rĂšse, honneurs au marĂ©chal de Vauban avec la participation des autoritĂ©s militaires, d’une delegation de l’ENSIM d’Angers et de la famille de Vauban (report de la manifestation initialement prevue en mars 2021)
  • 26 novembre : Colloque , les vaubans de l’Empereur , 27 novembre salon du livre sur les fortifications et les ingĂ©nieurs militaires :    programme des Vauban de l’Empereur

40 years ago 40Ăšme ago –